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l'avant-garde du mouvement intellectuel, il est le plus.
attardé des symboles sur les chemins de la vraie moralité, Et, ici, n’opposez point la pureté plus ou moins authentique de cértaines populations russes ou anglicanes au relàchement des catholiques méridionaux. Il faut prendre garde avant de prononcer ce jugement antifrançais, qui rejette la patrie de saint Louis au-dessous de l’abrutissement moscovite et des sentines de Londres ou de New-York. Bien criminels raisonneurs sont ceux qui trahissent ainsi leur pays, en haine de son Christ, et qui désertent à l'ennemi impunément, dans la philosophie ou dans l'histoire, alors que, sur un champ de bataille, ils seraient flétris et châtiés s’ils étaient surpris dans une telle direction! D'ailleurs, j'ai posé le parallèle dans ces conditions, à passions égales. Or, y a-t-il égalité d'entraînements sous le ciel de la Sibérie et de l’Allemagne, ou sous les zones ardentes de l'Espagne et de l'Italie? Que deviendrait la pruderie tant vantée des nations hérétiques si elles recevaient, sur leurs membres engourdis, les rayons de ce soleil qui fait bouillonner notre sang? L’erreur à fui les pays difficiles à gouverner, sous le rapport du tempérament, pour s'établir dans des régions où la froideur du ciel garde les mœurs à sa place; mais le jour où les sacrements, particulièrement la Pénitence et l’'Eucharistie, seraient abolis, soit au-delà des Alpes, soit au-delà deë Pyrénées, il s’exhalerait de nos tièdes climats des miasmes si impurs que les vents du midi jetteraient du poison au reste de l’Europe; et les sages, effrayés de la contagion, diraient à l'Église : Rouvrez donc les piscines probatiques, et purifiez, dans ces ondes miraculeuses, les gangrènes mo rales de l'univers : Haurietis aquas de fontibus Salvatorus,
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7% sacrement, comme ou de la grâce, S A Re L moral et moralisateur ; mais, comme signe de Ja gràce, ouve-t-il aussi aisément sa justification devant notre EXA=. men philosophique? Oui, chaque chose a son signe sous Île soleil, dit le comte de Maistre; la grâce ne peut être sous= traite à cette loi. La nature sert de support et d’escaheau au surnaturel, le corps de demeure à l'âme, en un mot, tout. ce qui est spirituel a son revêtement apparent dans notre monde, parce qu’il n’est point peuplé de purs esprits; par la
* même raison, la grâce doit avoir son expression ostensible, È . £ ba qu’elle nous soit annoncée en même temps que départie, let que notre commerce avec elle soit préservé de tout péril 4 d'hallucination, Si le sacrement avait été institué pour des 4 anges, probablement Dieu l’aurait dépouillé de son signe; . mais nous qui vivons dans les prisons de la matière, nous avons besoin de communications matérielles pour comà prendre, et ce qui est visible nous devient le véhicule indis- ; pensable des subsides qui ne le sont pas.
Le Que pourrions-nous donc reprocher à ces formes si obvies et si raisonnables de la grâce sacramentelle? De faire jaillir | un effet spirituel d’une cause sensible? Mais la concupiscence, qui est immatérielle, nous est bien transmise par l'acte matériel de la génération; il est logique que la régé-
| nération s’opère selon la même loi, et que Dieu calque, pour ainsi parler, notre réparation sur notre déchéance. Que
} reprocherions- nous encore au signe sacramentel? De n'être î ppt assez philosophique? Mais, est-il rien de mieux appro- 4 prié à nos instincts et, je pourrais dire, à nos habitudes? ; Vous faites un chevalier avec’ une accolade ; de quel droit | souriez-vous quand nous faisons un chrétien avec l’eau
baptismale? Votre signature, c’est-à-dire votre nom par écrit, crée ou détruit tant de choses, pourquoi hocher la tête quand il plaît à Dieu, par la vertu de son nom prononcé sur vous, de vous hénir ou de vous transformer?
Est-ce que vos signes, en général, c’est-à-dire les décorations ou formalités qui vous confèrent des priviléges, auraient plus d'esprit que les signes sacramentels? Est-ce que vos rubans et vos broderies exprimeraient mieux vos grandeurs hiérarchiques, que nos bénédictions, nos ablutions, nos onctions et nos impositions de mains ne traduisent les vertus diverses qui en émanent? Ah! quand Dieu ne Se manifeste point par un signe, vous dites : Je ne l'ai pas vu; quand il se manifeste, vous dites : Je ne lai pas reconnu. Quand son signe est profond, vous dites : Ce n'est point assez populaire. Quand le signe est populaire,
vous dites : Ce n’est point assez profond. Convenez donc
franchement que vous ne voulez pas de Dieu, mais ne lui OPpOsez pas une guerre de subtilités, et n’oubliez point, d’ailleurs, que les sacrements insultés et méconnus dans leur véritable signe, se révèlent par un autre plus assuré de vos respects : l’abaissement où ils vous prennent et l'élévation où ils vous portent, et la renaissance morale de l’univers qui s’en est suivie.
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Par cette dernière idée, j’entre dans la troisième partie du chapitre : les prodiges spéciaux, uniques de la moralité Chrétienne, Ce grand triomphe de la grâce, les raisonne-
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PINCE PR 10 ne Fa nents le prouvent, mais surtout les œuvres le montrent,
si
Aussi l’apologétique contemporaine s’est enrichie d’un argu
ment trop peu exploité par nos devanciers, celui qui se tire des vertus réservées à la vraie religion. C'est là, en effet, un irréfragable témoignage rendu au moteur et aux moyens
de la sanctification évangélique ; il ressortira avec évidence de cette constatation. Trois degrés d’impuissance affectent la volonté humaine dépourvue d'assistance divine; elle est incapable de conserver la moralité à l’état d’innocence, de la restaurer à l’état de dégradation, de la développer jusqu’à l’état habituel d’héroïsme. Autant d'efforts que la gràce du
Calvaire a naturalisés, si je puis m’exprimer ainsi, dans les”
habitudes du monde chrétien.
Voilà un adolescent en qui la famille revivra un jour. Sur la candeur de ce front elle a établi des espérances. La paix de plusieurs générations est attachée à la sérénité de
ce regard. Quelle tutelle étendra-t-elle sur une innocence
qui lui est si chère? Il n’y en a pas d'autre, vraiment effià cace, que les salutaires freins de la conscience chrétienne. La statistique morale de l’enfance, dans les pays où Jésus- Christ ne règne pas, est un chapitre honteux de l’histoire humaine, lequel se chuchote à l'oreille et ne s'écrit pas. Ce que deviennent ces êtres faibles et sans sauvegarde, dans l'islamisme et dans certaines sectes de l’extrême Orient, je
le sais, mais je ne puis le raconter; c’est, au moral, un
sociétés chrétiennes, où sont les jeunes hommes qui soient
massacre perpétuel des Innocents, d'autant plus déplorable
qu’il a cessé d’être déploré. Et, si nous rentrons dans nos
purs sans l’appui et le ressort des pratiques chrétiennes? La puberté n'est-elle point devenue un cap des tempêtes que
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presque aucun ne double sans naufrage? Partout où apparut s le fameux Émile de Jean-Jacques Rousseau, à qui on ne parla de Dieu qu'a l’àâge de vingt ans, Ce prodige si vanté de l’éducation païenne fut-il trouvé prodigieux autrement que par sa dégradation? A
Non, en dehors de ces observances sacramentelles qui û attiédissent les passions du jeune âge, pas de fleur à nos foyers qui ne se flétrisse. Loin de l'influence sacerdotale, c’est-à-dire de ces hommes aux pieds desquels on apprend à gouverner sa jeunesse, pas de chasteté qui se conserve, M On dit que Mithridate jetait de l’or sur ses pas pour arrêter les poursuites des Romains; le Christ a semé mieux que de l’or dans nos familles, en y semant les vertus qui en font la paix et l'honneur; et si cette belle séduction ne désarme pas ses ennemis, ce n’est point parce que leur raison est difficile, mais parce que leur cœur est peu clairvoyant.
Après cela, peu m'importe qu’un visionnaire du rationalisme se soit écrié : La mère seule élève les enfants, la reli-
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