‹ Le Bon Sens de la foiChapitre 71 sur 121 · AE · texte numérisé non relu

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autels; au temps du rationalisme, il les regarde comme un marchepied pour la nature, et il ne veut pas d’une moralité

qui amoindrit De en lui Ôôtant ce supplément de $

grandeur.

* Grossière illusion, de croire que nous supprimons les passions parce que nous demandons pour elles une direction et un frein. Nous aussi nous poursuivons des ambions, mais elles portent si haut et si loin que la terre leur parait méprisable et qu’elles convoitent le ciel! Nous aussi nous cultivons des. amours, mais des amours si élevés £ qu’ils ne trouvent pas la créature digne de leurs rêves, $ et qu’ils soupirent pour Dieu! Non, les passions ne sont : pas éteintes dans l’àme des chrétiens. Est-ce que l’on ne verse plus de sang pour la propagation de la foi? Est-ce à que lon ne déserte pas encore les palais pour la bure des . sœurs de charité ? Eh ! qui donc avait plus de passions que sainte Thérèse et saint François-Xavier ? Qu'est-ce que la sainteté, en général, sinon la passion du bien développée F jusqu’à une folie sublime? L'amour de Dieu et de la vertu est la dernière passion qui subsiste dans le cœur de l’homme

| pour le consoler des ravages de toutes les autres. Quand le | froid du scepticisme a dévasté les àmes et qu’elles ont cessé de sentir en cessant d’adorer, c’est la vertu chrétienne qui rallume en elles le feu sacré durant ces désenchantements

amers qui accompagnent les croyances évanouies. Notre È vresse suprême est le bonheur de bien faire. Notre suprôme nthousiasme est notre acte de contrition ; et alors, bien

at4 | EFFETS INDIVIDUELS

loin de reprocher à la religion de nous diminuer en nous affranchissant des passions, nous la remercions, car ‘elle ne refoule que les passions qui abaissent, mais elle exalte toutes celles qui peuvent nous exalter.

Conclusion. Jésus-Christ, comme au temps de la Samaritaine, est assis au puits de Jacob, l’humanité coupable s’avance, le Maître lui révèle une misère qu’elle ne se con= naissait pas, il lui donne d’une eau qui rejaillit à la vie éternelle , et, à la vue des changements opérés dans la pécheresse, grand nombre croient au Fils de Dieu. C’est là une vraie démonstration que les peuples chrétiens portent dans leurs mœurs, et ce spectacle, dont aucune religion ni aucune philosophie n’a offert même la contrefaçon, contient la preuve inimitable énoncée par Montaigne : La marque de notre vérité, c'est notre vertu. La raison qu’il en donne est bien simple : L'humanité ne peut saisir que de ses prises, et ne saurait se faire la brassée plus longue que le bras.

Il reste donc établi que la volonté, sans la gràce, est désarmée pour la lutte, et qu’il est besoin d’une impulsion divine pour nous élever au-dessus de la corruption naturelle. Nous avons vu, tour à tour, le stoïcisme et l’épicuréisme contester cette loi, l’un en exagérant sa force, l’autre en professant la sainteté de sa faiblesse. Mais l’expérience les a confondus, car, sur ce terrain, l’apologétique ressort de l'observation morale, et les meilleurs arguments viennent des faits. Regardons donc les faits éclatants de la moralité chrétienne, et sachons adorer la cause dans les conséquences. Un oracle ancien proposait la solution de cette énigme : Quel est à la fois l'être le plus grand et le plus petit de la création ? L’être le plus petit, c’est l'homme

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