‹ Le Bon Sens de la foiChapitre 74 sur 121 · PO ER TRE, LÉ · texte numérisé non relu

PO ER TRE, LÉ

insu, non-seulement contre les écarts de certains de ses co-

religionnaires, mais encore contre le principe même de sa

religion.

De leur côté, les exégètes chrétiens répondent : Appré-

cions l’histoire historiquement, non d’après les règles arbi-

traires d’une philosophie préconçue. Vos objections, nous

les connaissons ; c'est, à peu près, la défroque de Porphyre

endossée par quelques novateurs attardés; or, si de telles ombres produisent le doute en vous, tandis qu’elles ne l’engendraient pas chez nos aïeux, n'est-ce point parce que vous les avez épaissies à plaisir? En réalité, ce n’est point l’inauthenticité des textes qui a ébranlé votre foi, c’est plutôt parce que vous aviez perdu la foi que vous fûtes amenés à suspecter l’authenticité des textes. Mais est-il bien surprenant que, de philosophes athées, vous soyez devenus des exégètes déistes? Cependant, en dépit de toutes les violences faites par votre philosophie à la vérité scripturaire, nous le soutenons : les quatre Évangiles canoniques ne sont pas un travail impersonnel, augmenté des additions légendaires de plusieurs générations,.-ils sont l’œuvre des écrivains sacrés quiles ont signés. Ils ont paru avant la fin du premier siècle. Le prot-évangile, dont vous faites dériver les autres comme une amplification superstitieuse, n’a jamais existé. Saint Jean est l’auteur de l’histoire qui porte son nom, et les raisons d'en doûter, qui sont alléguées à l’encontre, n’ont rien de fondé. Pour les antinomies reprochées au récit sacré, c’est Lessing qui les imagina ; le monde ne les a jamais vues. Quant aux contradictions apparentes, c’est la gloire des auteurs de ne les avoir pas évitées, il leur

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