‹ Le Bon Sens de la foiChapitre 79 sur 121 · HIT · texte numérisé non relu

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SES T'AITS PRIMITIFS,. 4183

Wétaient pas un hommuge rendu à la valeür de la chose contrefaite! comme si l’alliage n’était pas une preuve en faveur de l’or, puisqu'il ne peut en égaler le prix ! Et comme si l’Église ayant éliminé cinquante faux Évangiles de son canon, par ce seul fait, ne méritait pas d'être crue dayantage quand elle en déclare quatre véritables !

Et quel meilleur témoignage à l’appui de l’histoire, selon les vrais Évangiles, que l'impossibilité où sont les apocryphes d’être véritablement historiques ? Chacun de leurs pas sur ce terrain est marqué par une chute. L'Évangile de la Nativité de Marie, remontant jusqu’au temps qui précède sa naissance, nomme un grand prêtre 1ssachar dont on ne

trouve aucune trace dans Josèphe. Le faux Evangile selon saint Matthieu et le Protévangile de saint Jacques appellent

ce grand-prêtre Ruben avec aussi peu d’exactitude, L’Evangile arabe de l’enfance de Jésus le fait venir à Memphis en Égypte, pour y voir Pharaon. L'Évangiié de Nicodème commet les plus étranges bévues en histoire et en géographie ; il fait dire par les Juifs à Pilate : notre loi nous défend de faire mourir personne, tandis que c'était leur servitude et non pas leur loi qui leur ôtait ce pouvoir. Il raconte que trois Juifs, un docteur, un prêtre et un lévite reviennent de Galilée annoncer au sanhédrin qu'ils ont vu Jésus montant au ciel sur la montagne des Oliviers, ce que les distances rendaient impossible. Voila comment il est peu aisé aux inventeurs de se transformer en historiens.

Les apocryphes réussissent-ils mieux dans la vérité de leur merveilleux? Qu'on en juge, et l'on verra que si les miracles de l'Évangile portent l’idéal de la beauté morale, ceux de ces conteurs puérils tombent sous le coup de leur

propre ridicule. L’un, pour nous montrer la nature entière comme en suspens à l’avénement du Fils de Dieu, imagine des ouvriers portant à la bouche une nourriture qui n’y arrive pas, le bâton d’un berger demeurant levé sur des brebis qui demeurent immobiles, des béliers altérés se penchant sur des eaux qu’ils ne peuvent atteindre. Dans le massacre des Innocents, le même représente Jean-Baptiste Soustrait à la mort par une montagne qui s’entr'ouvre et le recueille avec sa mère, et, quand Zacharie, son père, est égorgé entre le vestibule et l’autel, son sang changé en pierre, ainsi que le Talmud le raconte du fils de Joïada.

Un autre, l'Évangile de saint Thomas, parle de Jésus comme d’un petit magicien qui forme d’une terre molle des passereaux, lesquels, à sa parole, s’animent et s’envolent sous les regards du peuple. Un de ses compagnons de jeu ayant eu la malice d’ébrécher une petite piscine où Jésus avait recueilli des eaux de pluie, Jésus le fait sécher sur pied, sauf à le ressusciter à la prière de ses parents, avec des circonstances révoltantes. Un autre enfant, courant dans la rue et l'ayant heurté à l'épaule, Jésus s’écrie en colère : € Tu n’iras pas plus loin ! » et l’enfant tombe mort. L'Évangile arabe nous montre les prodiges les plus singuliers opérés par l’eau qui servait à laver le divin Enfant. En Égypte, il trouva un beau jeune homme métamorphosé en mulet par des femmes jalouses, et il le ramène à sa forme primitive pour le rendre à sa fiancée éplorée. Là, il rencontra deux voleurs en traversant le désert, et il dit à sa Mère : « Dans trente ans, les Juifs me crucifieront à Jéru-

« salem, et ces deux larrons seront avec moi sur la croix : « Titus à ma droite, et Dumachus à ma gauche. » De 118

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se rend avec ses parents dans une ville d’idoles, qui, à son aspect, se change en colline de sable. A son retour vers Bethléem, il trouva deux enfants malades qu'il guérit : l’un devait être saint Barthélemy, l’autre Simon le Chananéen. Enfin, Judas lui apparaît aussi, à cette époque, sous la forme d’un petit possédé qui mord tout le monde à belles dents et qui veut mordre Jésus lui-même; mais Jésus pleure, le délivre, et le diable sort du possédé sous la figure d’un chien enragé.

Est-ce assez de folies? Suivrons-nous encore auprès de Joseph, représenté en charpentier maladroit, Jésus réparant par des miracles les portes, les coffres et les cribles que son père putatif manquait? Croirons-nous qu’un jour il soit venu à Jérusalem pour agrandir un trône qui avait été commandé à Joseph par le roi, et dont les mesures avaient été mal prises ? C’est assez, c’est trop pour le respect qui est dû à notre lecteur et surtout à notre Dieu!

Maintenant, rappelez-vous l'Évangile véritable, et ditesmoi si cette contrefaçon elle-même ne le révèle pas. Ah! c’est que rien n’est moins facile à imiter que le divin! Les mythologues ont beau s’y essayer : il y aura toujours en celui-ci un arôme, une saveur goûtée de l’âme, que leurs romans n’exhaleront pas. Un des plus solides caractères de toute la vérité chrétienne, c’est l'impossibilité où était l'homme de l’inventer, et ceci est applicable à l’histoire de cette vérité, comme à ses dogmes et à sa morale, car les faits de l'Évangile sont aussi introuvables pour nous que

ses maximes.

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