PESER PP
HP Das par ses pensées, est infini dans ses ri tions: d'où il suit que s’il abandonne la religion pour un Système, il embrasse un objet limité, c’est-à-dire ce sys- tème, avec uni sentiment qui ne l'est pas. De là, une rupture
d'équilibre dans son àme et un malaise. On parle beaucoup de la difficulté de croire; qu’est-elle en comparaison de celle 4 de ne croire pas? L’incroyance, je l’ai dif, c’est le vide du à Rs. 3 divin dans les pensées, c’est-à-dire le vide dont la nature a # le plus d’horreur. L’homme qui en est là porte nécessaire- 1e ment au cœur une blessure toujours béante, dont aucun
| objet borné ne comblera les profondeurs, et il avance dans la vie, à la façon des damnés, frappé d’un malheur aussi grand que le Dieu qu’il a perdu! On peut braver cette loi, ne on ne peut s’y soustraire, car il y a un cri de la nature, plutôt qu’une simple boutade poétique, dans ces accents à la, mode :
…… Malgré moi l'infini me tourmente ; Je n'y saurais songer sans trouble et sans espoir. Et, quoi qu’on en ait dit, ma raison s’épouvante De ne pas le comprendre et pourtant de le voir (1). :
Que manque-t-il à ces désolés du scepticisme pour faire
= cesser-en eux ce fourment de l'infini? De croire ce qu’ils
| entrevoient et ne comprennent pas. La foi est, intellectuel- Jement, l’embrassement, la prise de possession de l'infini ; |
nous procure un bonheur, au lieu de nous faire une violence.
Ne l’oublions donc jamais, la raison la plus forte ne suffit pas au cœur le moins exigeant, parce que la sphère de la raison est toujours limitée, tandis que celle du cœur ne l’est pas. Il nous faut, dans nos croyances, des perspectives aussi vastes que nos désirs, sous peine de vivre en contradiction avec nous-mêmes, et c’est la foi qui établit cette proportion. Aussi, bien insensés ceux qui en parlent comme d’une borne : elle ne borne que nos passions, mais elle étend nos points de vue. Si la raison est le regard naturel de l'esprit, la foi est le verre télescopique qui en accroît la puissance, et c’est avec grande justesse qu'on l’a surnommée un allongement de la vision.
Or, cet allongement égalant la portée de nos affirmations spéculatives à celle de nos intuitions de sentiments, notre respiration morale à nos aspirations, coordonne en nous ce que le doute bouleversait, et nous constitue dans un noble bien-être, tandis que l’état contraire nous mettait en travail douloureux. Consolante économie, mille fois expérimentée par tous ceux qui ont autant de facilité à aimer que de difficulté à croire! Le sceptique, qui ne séntit jamais ce phénomène, a regardé les cieux... et ne s’est pas rencontré luimême.
Voici donc la condition de l’ordre dans mon âme. De même que j'aime plus que je ne puis exprimer, que j'espère plus que je ne puis avoir, je dois croire plus que je ne puis comprendre, ou ma vision n’est pas en rapport avec mes autres facultés. Ainsi, le sens de la foi existant en nous, lui ravir son objet, c’est tromper le vœu de la nature et remplacer l'exercice d’une faculté par une douleur. Pourquoi
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