‹ Le Bon Sens de la foiChapitre 82 sur 121 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Le vrai christianisme doit être constitué en | société, sous une autorité enseignante. LU \ 5

Au terme de cette étude sur la valeur comparative des principales religions surnaturelles, rien ne nous parait plus F Cu fondé que la conclusion suivante : ou aucune de ces religions Le

. n’est vraie, ou le christianisme seul est en possession de la 4 vérité. Seul, il peut revendiquer cette grande preuve, ou | plutôt ce faisceau de preuves qui se déduisent des miracles nn. opérés pour lui rendre témoignage, dans la triple sphère de + 4 l'ordre physique, de l’ordre intellectuel et de l'ordre moral. à D. Seul, il peut se glorifier d’un fondateur avec lequel aucun Re

autre chef de religion ne soutient le parallèle, et qui soutient lui-même le parallèle avec Dieu, parce qu’il est infini en durée, en sagesse, en puissance, en amour, en sainteté et dans l’ensemble de sa surhumaine constitution. Seul, le christianisme a, sur la société domestique et sur

la société civile, une influence civilisatrice que les nations ‘ js de sa lumière ne réalisent pas. fé ‘Seul, il communique aux àmes une énergie moralisante : Boat les autres‘religions sont si peu capables qu’elles nient

Fe | certaines es chrétiennes par Ha de ls produire.

Seul, enfin, il a des origines qui reposent sur la certitude de l’histoire, non sur les nuages de la légende, comme il ressort d’une étude attentive de l'authenticité de ses livres, de la réalité de ses faits primitifs, et de la formation de ses dogmes. N TT

Ici, j'adjure la bonne foi du lecteur, l’impartialité E # ment philosophique ne consiste-t-elle pas à confesser qu’au-

tune religion n'offre à Âa conviction de telles garanties, Û

plutôt qu’à professer les mêmes respects ou les méme

dédains pour toutes les religions? e

Mais la difficulté semble reculer devant nous plutôt que | \ à disparaitre. De même qu’il nous à fallu choisir entre ls

diverses religions positives, l'heure est venue d'opter entre <

: les diverses communions chrétiennes.

Le Christ, après avoir enseigné les hommes, ne pouvait, sans ‘renverser l’économie morale de ce monde , empêcher la liberté humaine de falsifier sa révélation ; ; donc, la liberté des falsifications subsistant sans cesse, il fallait uneinstitu- . tion tutélaire destinée à préserver la pensée du Christ de toute altération. De là, la nécessité d’une société enseignante sk pour être ici-bas la gardienne du dépôt divin. Mais, parmi à tant de sociétés chrétiennes, où serait le vrai christianisme? à 4 Parmi tant d'Églises, le moyen de discerner l’Église ? ch

Le lecteur n’a point à craindre que nous venions rallumer entre les disciples du vrai christianisme et les dis- Sidents des haines surannées. À Dieu ne plaise que nous ayions moins d’indulgence pour nos frères séparés, que 4

nous n’en avons montré pour les philosophes et les infi-

plus on lui ressemble, et mieux on le démontre. F: Mais l'amour pour ceux qui errent n’oblige point à l’in- $ différence envers les erreurs : aussi, par les mêmes motifs ne la pluralité des religions n'exclut pas la vérité d’une seule religion , la multiplicité des Églises ne saurait nous | dispenser de rechercher la vraie Église. Je n’ignore point 1 le préjugé qui tend à rejeter un tel examen comme funeste à l’union des esprits et des cœurs : mais ce n’est point par À | charité, c’est par amoindrissement de foi que l’on repousse - ces discussions ; et comme le déiste qui accorde les mêmes | égards à toutes les religions ne croit à aucune, le chrétien qui a la même confiance dans toutes les communions de sa Don, n’a qu’une foi de convention au Christianisme. Il importe donc de connaître les motifs spéciaux et | péremptoires qu'il y à d’être catholique, plutôt que schis- . matique ou protestant. Toutes les sectes chrétiennes Le: s’écrient : Le Christ! le Christ! Mais évidemment toutes ne le possèdent pas au même titre, puisqu'elles ne l’entendent | pas de la même manière. Il s’agit de savoir où est le Christ tel qu’il s’est déposé lui-même, il y a dix-huit siècles, dans le cœur et la mémoire d’une postérité choisie. Sans doute, cette question peut n ‘être point décisive par rapport au salui de tout chrétien qui vit dans l’Église où il est né avec . une irréprochable bonne foi; mais elle s'impose, sous peine he D aux esprits en qui elle suscite des doutes, et qui ontla possibilité de les résoudre.

r. C’est dans le but de faciliter cette solution aux hommes du monde que nôus écrivons, et non pour donner satisfac-

pour en extraire, en faveur du lecteur profane, cette moel qui pourrait être appelée : Le Bon sens du sujet. 34 L'Église peut être définie d’une manière large et simple à

la société de ceux qui professent la vraie doctrine du Chr

Mais comme toutes les sectes chrétiennes ont la prétention, de posséder le véritable Évangile, il s’agit d'orienter, dans cette appréciation, les esprits hésitants ou dévoyés. Voi x les erreurs à redresser et les principes à établir pour que la raison ne confonde aucun pseudo-christianisme avec le révélation chrétienne, % D'abord, il n’est point rationnel que le vrai christianisme n'existe qu’à l'état individuel, non à l’état social. L'Eglise ne peut être, comme le veulent certains protestants, un.

homme commentant un livre, soit, parce que la révélation È chrétienne contient des choses qui ne sont pas dans le livre, | rà soit parce qu’il faut une autorité doctrinale pour gardera

traduire, interpréter le livre, sous peine de voir la même . ,

page signifier le pour et le contre, le oui et le non. Donc 1 vrai christianisme doit être constitué en société sous un magistère infaillible qui juge des traditions et des écrits | concernant la foi ; et imaginer une Église dont chaque indi vidu ne se relie point à l’ensemble, c’est rêver la chimère d’un organisme qui n’a point de membres. All'encontre de cette illusion, nous allans établir que le vrai christianisme | doit être fondé à l’état de société enseignante et enseignéé. | S'il n’est point rationnel que l'Église soit un corps sans 1 membres, il ne l’est point davantage qu’elle soit un corps | sans tête, C'est cepandänt l'erreur des schismatiques. Tan

CE

que l’hérésie s’affranchit du magistère sacré', le schisme ette le gouvernement du Pontife romain ; l’une se dérobe à torité doctrinale, l'autre à la primauté papale ; nous aurons donc à prouver, dans un second chapitre, que l'Eglise, me tous les corps, doit avoir un chef, et que ce chef possède les droits qui lui sont déniés par les communions dissidentes. :

S'il est rationnel que l'Eglise ne soit ni un corps sans mbres, ni un corps sans tête, elle ne doit pas être un corps sans âme, c’est-à-dire recevoir la vie de la société civile. Or, après les hérétiques et les schismatiques altérant, les premiers, l'intégrité dogmatique, les autres, l’unité de gouvernement, viennent les sectaires politiques faisant de l'Église la servante de l’État. Qu'ils s'appellent marsiliens, “protestants, richériens, jansénites, voici le fonds identique -de leur système. La plénitude de la puissance ecclésiastique à été confiée immédiatement par le Christ au peuple; le peuple ne pouvant remplir par lui-même’cette fonction la délè- de: -gue, tantôt à des ministres sacrés, tantôt au chef de l'Etat qui choisit ces ministres ; d’où il suit que la puissance tem- | porelle est la source même des pouvoirs spirituels : « Tous D « ces attentats, dit Bossuet, parlant des effets pratiques L d’une telle doctrine, étaient fondés sur la maxime qu'il 3 « n’y avait point de juridiction, soit séculière, soit ecclésias- " tique, qui ne dût être rapportée à l’autorité royale comme « à sa source. Ce qui est, sans contredit, la plus inouïe « et la plus scandaleuse flatterie qui soit tombée dans l’esk« prit des hommes (1)... » A l'encontre de cette théologie

Mel:

(D) Hist, des var, liv, V,

ITUÉ UÉ ENS SOCII

hi,

. la servitude, il Nr de démontrer que V'Eg s

une société autonome, complètement indépendante, dans attributions spirituelles, du pouvoir temporel. 4 Si'la raison dit que l’Église ne doit pas être un Co! sans âme, elle enseigne aussi que ce corps doit av une forme déterminée, et que cette forme est l'unité. C donc en vain que certains dissidents érigent la vari infinie-des croyances en système pour qu’on ne puisse pa la leur objecter, et envisagent l'Église comme une collectio monstrueuse de sectes pullulant, se déchirant et s’exclu par tous les points, sauf à se rencontrer dans ce principe toutes les divergences : la liberté d'examen. A cette théo de la confusion, il est bon d’opposer le bon sens de l’obé sance catholique, en montrant que le vrai christianisn doit porter, dans sa forme sociale, la marque de l'unité. La forme du corps de l'Église étant connue, quelle doit être sa stature? Parmi les adversaires de la vérité, les uns L disent: Il est. des temps où l’Église est invisible ; pourquoi serait-il requis qu’elle eût sans cesse une extension moralement universelle? D’autres ajoutent : Il est de l’essen e des Églises d’être nationales : ; Pourquoi franchiraient-el la frontière des empires auxquels elles sont annexées? E bien ! la raison de l’homme et la justice de Dieu exigen qu’une création destinée à procurer le salut univers embrasse l'univers, et que le soleil des esprits, comme cel des corps, luise pour itout le monde. C’est pourquoi no exposerons que la catholicité permanente, au moins ente due dans un sens moral, est une propriété essentielle d vrai christianisme. FRÈRES

lue, se se présente ol du à tempérament Le te

maine. Il doit exhaler un parfum de vertu et une sorte de chasteté délicate qui le fasse distinguer de l'organisme des autres communions chrétiennes. Or, de même qu'il a une grandeur morale propre aux disciples du christianisme, il y a des vertus réservées aux adeptes du vrai christianisme, et nous prouverons beaucoup à son profit, en prouvant qu'il est marqué d’une sainteté ou d’une puissance de moralisation tout à fait caractéristique. Enfin, après le tempérament, l’âge de l’Église doit répon- » dre à certaines exigences logiques de la raison chrétienne. La fonction de l’Église étant, par rapport à l'Évangile, celle de la Providence par rapport à la création, une œuvre*de - conservation incessante, il s'ensuit que l’âge de l'Église | dans le passé doit être l’apostolicité, c’est-à-dire une ori- gine aussi ancienne que le christianisme lui-même, et que Va àge de l'Eglise dans l’avenir doit être l’immorialité, c’est- -dire une durée égale à la durée même de Jésus- Christ i-bas.

Ces questions relatives aux membres, à la tête, à la vie, à à la forme, à la stature, au tempérament, à l’âge de la vraie société chrétienne étudiées dans les chapitres suivants us mèneront droit et par de larges sentiers à la con- | clusion de ce livre : donc, le vrai christianisme, c’est le catholicisme.

Ouvrons ce champ d'exploration par la première thèse, \ savoir que le vrai christianisme doit être organisé en s0jété sous une autorité enseignante. par conséquent qu’il se

membres épars. Deux fé démitant x RER le su 1° En principe la raison affirme que cette soci été do existèr; 2° en fait la révélation nous garantit que ce société existe. d

“En prouvant jadis la nécessité d’un sacerdoce pour préserver la religion des empiétements, des corruptions ét des hallucinations de l'inspiration individuelle, nous avons montré, par anticipation, la convenance essentielle d'une institution placée entre le Christ et l'humanité 6, 4 pour manifester le premier à la seconde, et pour emp

cher l'humanité de défigurer le Christ, Jésus ne s’éta (3 entretenu, de bouche à bouche, qu'avec un très-petit nombre 3 de mortels, il devait se perpétuer, s’universaliser, en. faveur de tous les mortels, dans un corps toujours subsistant, toujours enseignant, afin qu'aucun membre de sa

famille ne fût privé du bienfait de ses communications.

Par cette création, d’ ailleurs, bien des harmonies subl à mes sont réalisées. Comme nous sommes nés sociables da ]

l'ordre religieux âussi bien que dans l’ordre naturel, | fallait que le vrai christianisme fût socialement organisé, pour répondre aux besoins de cette sociabilité. Comme nous sommes faillibles dans nos pensées, il fallait que Jésus- Christ confiàt la sienne à un organe indéfectible, afin de ë des au “à mutilations ou les travestissements d

D, d’où ils fussent distribués et appliqués à chacun de nous, selon la proportion de notre correspondance et de nos sollicitations. Enfin, comme nous sommes un composé C esprit et de matière, il fallait que la vérité prit ici-bas un . Corps visible pour se manitester d’une manière certaine: et affranchie de tous les mirages de l’illuminisme. C’est pourquoi, de même que le Verbe a revêtu notre . chair dans le chaste sein de Marie, il s’est fait chair dans une institution vaste comme le monde, et appelée, pour cette raison, son incarnation permanente ici-bas. Par sa pre- | mière incarnation, il unit sa nature divine à l'humanité ; . par la seconde, il associe indissolublement son divin esprit Paun organisme qui, autant que le sein de Marie, est digne . d’être le tabernacle de Dieu parmi les mortels. N'est-ce pas un corps de Jésus-Christ bien vénérable, en effet, celui qui É mérite d’être défini : la société des hommes qui professent L la doctrine du Christ, sous l’enseignement el le gouvernement des pasteurs légitimes, principalement sous l’enseignement et le gouvernement infaillible du Pontife romain, société dotée par Dieu de l’universalité de lieu, de temps et - de doctrine pour élever les hommes à la sainteté pendant la ie, et au salut éternel après la mort ?

+ Les principaux linéaments de cette création étant dessinis, n'est-il pas évident qu’elle est nécessaire comme | - gardienne de la notion du Christ, de la révélation orale et

. de la révélation écrite ?

os

F - De même que Jésus-Christ est le médiateur indispensable

fésus-Christ dans les respects du monde, en telle sorte | € la négation de l’Église tourne invinciblement à la néga du christianisme et de son auteur.

Ou Jésus-Christ est sauveur des hommes, ou il n'est pas ; Dieu. Cependant, je le demande, serait-il sauveur intelligent et bon celui qui, ayant fait sa révélation, n'aurait point avisé au moyen de la conserver inaltérable et de la trans

mettre à toutes les générations ? Jésus-Christ n’a fait que paraître ici-bas ; que pourront retirer de son passage ceux qui ne furent ni ses compatriotes ni ses contemporains, S il ne s’est point incarné au sein d’une institution qui fass ; Chaîne de lui à tous les siècles, et qui soit comme une extension immortelle de lui-même, dans laquelle il sera à. jamais contemplé et entendu? Donc, Jésus-Christ ayant jeté sa doctrine aux hommes, nous devait et se devait ad lui-même de fonder un dépôt divinement gardé de son pouvoir, de $a parole et de ses grâces, un organe infaillible à de ses velontés, et s’il n'avait point établi ce moyen de.

communication entre lui et Îe monde, le monde aurait perdu bientôt l'intégrité de la doctrine de Jésus-Christ, et Jésus- 3

Christ la gloire de sa divinité. % î

Il ne pouvait être Dieu, en effet, le bites capable à d'une telle imprévoyance ; de telle sorte qu'il faut opter entre l’Église et le Déisme, car le protestantisme, qui est une situation intermédiaire , fut toujours pour l'espr 4 un lieu de transition, non une station définitive.

I est tellement vrai que s’il n’y a point d'Église la div nité de Jésus-Christ est en question, que les grands logicie 1 à

SOUS UNE AUTORITÉ ENSEIGNANTE, Li

D anime ont été contraints, par 1 hécessités ionnelles plus fortes en quelque sorte que leur volonté,

d'avoir passé au rationalisme, par ce motif : : © I faut

- « nécessairement admettre que la divinité, qui a donné une h: révélation à l’homme, doit avoir songé aussi à empêcher 3 « que le sens de cette révélation ne fût pas abandonné à € Varbitraire d’un jugement subjectif. L’inconséquence de

D Jésus-Christ de n’y avoir point songé, ne me permet de » « voir en lui qu’un sage bienfaiteur (1). » C’est ainsi que les …. mêmes esprits, après avoir apostasié l'Église sous prétexte que le Christ leur suffit, renoncent le Christ parce qu’ils ne … le comprennent plus sans l’Église.

Ochin, plus savant à lui seul que l'Italie entière, disait Calvin, a formulé une conclusion presque identique à la précédente : : « Considérant, d’un côté, comment il se pourrait « faire: que l'Église eût été établie par Jésus-Christ et arrosée

« de son sang ; de l’autre, comment elle a pu être, ainsi que « nous le voyons, renversée de fond en comble par la catho- 4 «Jicité, j'en ai conclu que celui qui l’a établie ne pouvait «être le Fils de Dieu, car il a évidemment manqué de pro-

# vidence (2). » Sur ces réflexions, Ochin abjura l'Évangile ; à pour le judaïsme, tant il est certain que, sans l'Eglise, l'Evangile est dépouillé de son autorité, le Christ de sa divinité, et

; . dans cette assertion de saint Augustin : « Je ne croirais pas à « l'Évangile, si je n’y étais mû par la parole de l'Eglise (3).

(1) Magasin de l'Histoire de la religion, 3 partie, pag. 83. (2) Dialogues sur le patriotisme.

43) Epist. fundam. OC, V.

dr re Er > +.

ES DR SC ÉRMEN ES PRE POLE ASE De

» renier le Christ après avoir nié l'Église. Staudlin s'excuse

qu’il y a une vérité rigoureuse, non une formule enthousiaste,

NAS + TATERET E RE 1

k 530 14 LE VRAI CHRISTIANISME

IL faut encore une société et un magistère sn po ù servir d’interprète à la révélation orale ; le livre seul ne | 10 peut suffire à une telle fonction, d'abord parce que toute a. révélation n’ést pas dans le livre, et surtout parce que ke.

témoignage du livre n'est jamais assez entouré de garantie à

et de clartés pour qu'une telle règle de foi ne soit pas plus

obscure que la foi elle-même.

Comment peut-on préférer à RS PE de la vraie 4 société chrétienne, qui embrasse toute la révélation, la Bible, qui n’en renferme qu'une partie? C’est là une inconsé- . quence d'autant plus grossière qu’elle est condamnée par la

D: Bible dont on là couvre. Que la doctrine de Jésus soit, quel- | quefois, exprimée par des traditions orales, confiées à Ja garde de l'Église; que les Évangiles n'aient été ni rédigés, OR ni dictés, nicommandés par notre divin fondateur : qu'il ait | 2 établi son œuvre sur l’enseignement par la parole, non par |

2 ! lécriture, et surtout par la seule écriture; que tous les È 55 | livres du Nouveau Testament, quoique inspirés, soient . __ subordonnés au jugement du divin magistère qui préexistait

à leur compositiôn ; que l'univers ait été converti par la prédication, avant d’avoir connaissance des Épitres et des s + a+ À Évangiles ; que ces ouvrages aient été considérés par leurs | | auteurs eux-mêmes comme de simples auxiliaires d’une | Ex autorité docirinale qui leur est antérieure ; que, malgré . | leur utilité immense, ils ne fassent point partie essentielle de la constitution de l'Église, si bien que l’Église pourrait | fonctionner sans ces livres, tandis qu’elle n’est pas même 4 concevable, abstraction faite de son corps enseignant, tout cela est du ressort du sens commun théologiqne. « Con-. «servez, dit saint Paul aux Thessaloniciens, les traditions 1 En à …

Dee

LE

"OR us £ ee, à ù = \ 4 5 Es CEA C v 7 F ; Sous. UNE AUTORITÉ ENSEIGNANTE.

$ qui. vous ont été données, soit de vive voix, soit par © » écrit (1) : » donc, tout n’est pas dans l'écriture, et puisl que l'écriture se garde toute seule en se fixant, il faut des $ préposés pour garder les traditions qui flottent toujours sis, ; on ne les fixe point. :

Rien n’est plus aisé que de multiplier les témoignages favorables à la même vérité :

« Ce que vous avez appris de moi devant un grand noms « bre de témoins, écrit encore l’apôtre, confiez-le en dépôt « à des hommes fidèles, qui seront, à leur tour, capables « d’en instruire d’autres (2). » | N'est-il pas notoire, d’ailleurs, que le divin Maître répète Sans cesse aux apôtres : Prêchez, instruisez, allez, enseignez, parlez, mais que jamais il ne leur a dit: Écrivez. Saint Jean ne mentionne-t-il pas bien des choses que le Sauveur à faites et qui ne peuvent être contenues dans les livres? D'où “ il suit que le premier canal institué pour répandre la révélation dans le monde est la tradition orale, que le premier véhicule de la doctrine chrétienne a été la parole, et qu'il n'est pas permis de lui assigner, dans la propagation évan- gélique, un rôle inférieur à l'Écriture, puisque l'Écriture L elle- -même le défend.

| Combien de peuples barbares, au rapport de saint Irénée, > croyaient, de son temps, en Jésus- Christ, sans papier et sans encre. fidèles à l’ancienne tradition (3)? Concçoit-on, en effet, pote le christianisme dût attendre l'invention de l'impri- D merie pour avoir son véritable instrument de diffusion, et

(1) Thessal. 2. C. xI.

(2) Timoth. 2. C. XI.

.(3) Adv. hæres, lib, II, C, IV,

comprises que d’un petit nombre, eût été Pannes a d’une religion universelle ? ee « À quoi servira-t-il, demande Tertullien, de recourir aux Écritures quand l’un affirme ce que l’autre nie? Appre- * nez plutôt qui possède la foi du Christ, à qui appartien-

« nent les Écritures. là seront des écritures inaltérées et toutes les traditions chrétiennes. Pour savoir ce que ré- 4 véla le Christ aux Apôtres, il faut avoir recours aux Églises qu’ils ont fondées, et auxquelles ils transmirent ut 4 enseignement oral, en même temps qu'ils leur adressèrent

leurs épîtres (1). » Ë 4 7 Certes, en ne matière, bien peu d’autorités humaines Ë sont au-dessus de celle d’un tel apologiste; car qu 'est-ce |

que son traité des Prescriptions, sinon une réfutation anti= cipée de toutes les hérésies par cet argument décisif : Vous. *

avez beau vous prévaloir de quelques textes, vous êtesen # opposition avec les traditions des Églises apostoliques, donc “4 vous ne sauriez être la vérité. >:

Origène corrobore la même doctrine par cette parole si È: affirmative: « La seule vérité qui doive être crue, est celle È « qui ne diffère en rien de la tradition ecclésiastique et 4 apostolique (2). » : 4

Et saint Epiphane fait écho à Origène en des termes non 15 moins significatifs : « Il est sn de ie PRE à: dit-il, car

(1) De Præscrip. C. xix.

(2) De Princip. Præfat, (3) Hæres, 55.

- avecsaint Chrysostome, sur l’ensemble de cette thèse : « C'est 4 «la tradition, ne cherchez rien au delà (1)? » Après cela, je ne suis pas étonné si les plus célèbres théo- À logiens protestants ont pris la suite des Pères et des Conci- | les sur ce terrain, et ont résumé. dans le sens le plus ca- Ë tholique, d'innombrables dépositions que le but et les - proportions de ce livre ne nous permettent pas de citer. « C’est faire preuve d’ignorance en fait d'histoire, dit « Semler, que de confondre la religion chrétienne avec le « Nouveau Testament, comme sil n’y avait pas eu de chré- « tiens avant que celui-ci fût complétement formé (2) ; »et Lessing ajoute victorieusement : « Toute la religion de « Jésus-Christ était déjà exercée, et cependant aucun des « Apôtres n'avait encore écrit. L’oraison dominicale était - “ « récitée avant que saint Mathieu l’inséràt dans son évan- 2 « gile, car Jésus-Christ lui-même l’avait enseignée à ses. D « disciples. La formule du baptème était usitée avant que le - EE « même saint Mathieu en fit mention, car Jésus-Christ “ « l'avait prescrite (3). »

D. Enfin, si l’on fait attention que le symbole des Apôtres était cru et démontré antérieurement à tous les livres inspirés. de la nouvelle alliance, le fait que la constitution de 4 l'Église et.de son magistère subsiste indépendamment de toute É écriture devient si manifeste, qu’en le prouvant il est plus 4 difficile de se limiter que de multiplier ses arguments, et que, pour le nier, il faut plus de courage que de conscience

apologétique.

() Homil. 4 in C. 111. 11 ad Thessal.

(2) Éléments historiques de Hirsching. liv. XX1I, (3) Études théologiques posthumes,

Fi tes : ë donc, 8 ‘attacher à l'écriture en Re DA «3 traditionnelle de l'Église, c’est aller contre l'écriture ellemême qui consacre cette autorité. Donc, puisque la tradition est la première source dela révélation, il faut un collége % enseignant pour en surveiller la conservation. Sans doute,

ce collége enseignant est très-approprié à la nature de . l’homme, qui est essentiellement un être enseigné ; mais 2 faut avouer que si notre magistère sacré est très-apte ne ; garder nos traditions fpar leur nature, des Een à + ontun prodigieux besoin d’être gardées.

Confiez une vérité ou un simple fait aux hommes par 4 | transmission orale le matin, avant le soir, il y aura cin-

.… quante éditions de cette vérité ou de ce fait entièrement différentes. Personne, peut-être, n'aura voulu sciemment com-

mettre l’altération, en réalité, toutlemondeyaura contribué. Aïnsi, comme les pierres s’usent en roulant sur les pentes, l'histoire est dénaturée bientôt dans le parcours de sa circulation verbale. Aussi, imaginez que nos traditions eussent été jetées à l'oreille du monde sans une institution préservatrice pour les protéger, il ne resterait plus rien aujourd'hui, dans la mémoire de la catholicité, des confidences. 4 qu’elle reçut il y à dix-huit cents ans. $ Mais, par notre magistère divinement assisté, la mémoire de l'Église est gardée de toute corruption et de toute défaile 1 lance. Rien de ce qui fut déposé dans ses trésors n’est perdu, 1 rien de ce qu’ils conservent n’est altéré. On peut dire que cette mémoire est la plus vaste et la plus sûre après celle de, ‘24 Dieu ; d'où il suit qu’en commettant l'avenir de son œuvre à la parole, Jésus-Christ devait nécessairement instituer un 4

)rps enseignant pour la contrôler, et que, de son côté, ce

$ corps enseignant a rempli sa mission de manière à prouver … Ja divinité de cette parole et celle de Jésus-Christ.

L'Église, est donc nécessaire comme médiatrice, entre Jésus-Christ et l'humanité ; elle l’est, en particulier, comme

: dépositaire de la tradition orale, elle l'est encore comme

FE: gardienne de la révélation écrite.

“ hilité du magistère remplacée par celle de l'individu, l'or-

Sans doute résumer toute l'économie de l'Église dans le simple tête-à-tête, entre la Bible et son lecteur, c'est une simplification de rouages ; mais C’est un amoncellement de difficultés. L'insensé qui nierait la raison d’être des tribu-

É naux et de la magistrature, sous prétexte qu’il suffit du Code

civil commenté par chaque Français pour résoudre toutes les difficultés de la jurisprudence, n'égalerait pas la folie de celui qui invoque, comme règle suprême de la foi, un livre qui peut.tout dire à ceux qui le lisent, et qui ne dit rien à ceux qui ne savent pas lire. Pour adhérer à un tel principe,

j] faut admettre que le secours miraculeux qu'on dénie au

corps entier de l'Église, pour l'interprétation des écritures, est accordé à chaque protestant, puisque l'Église peut se tromper en expliquant les textes sacrés, tandis que le protestant ne se trompe pas. Comme on le voit, c'est l’infailli-

dre détrôné par une sorte de logomachie, le sens commun

mis à la porte par le sens privé.

Et nous avons, sur ce point, les aveux de l'ennemi.

; « Quel est le principe constitutif du protestantisme, dit un

« écrivain protestant? C’est le principe de l'individualité « appliqué aux matières religieuses, c’est le moi qui se pose,

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