‹ Le bon vieux tempsChapitre 23 sur 26 · ETRE DE SON TEMPS · texte numérisé non relu

ETRE DE SON TEMPS

Notre temps^ qui a ses vices, possède malgré tout une qualité que nous oublions trop : il est nôtre !

Regretter le passé, lorsqu'il s'agit des choses et non des hommes, entendons-nous, c'est plus qu'un travers de l'esprit, c'estun affaiblissement de l'âme, c'est un appauvrissement de la vie, cela nous empêche de nous mettre résolument au travail.

J'ai connu des gens qui, les yeiix obstinément fixés en arrière, dépensaient à regretter le passé les forces que leur demandaient le travail du présent et la préparation de l'avenir. Jeunes , ils regrettaient les naïfs plaisirs de l'enfance ; hommes faits, ils regrettaient l'ardeur de la juenesse ; vieillards, ils regrettaient l'énergie de la virilité; aucun âge ne les avait trouvé de son temps; chacun, en revanche, les avait vus découragés^ c'est-à-dir« inutile» et paisesseux.

Quiconque regrette le passé rompt avec le bon» sens, car de toutes les choses impossibles icibas, la plus impossible est de r^&iire le passé.

Voulons - nous pousser ,ub vigoureux élan ?

n'enfonçons pas notre pied dans le vide ; posons notre talon su^ la réalité.

Heureux ceux qui aimentleur temps 1 L'amour

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est le graad régénérateur. Mais notre temps dûl^ il mw déplaire, ne pussions-nous parvenir a raiipaer, du moins sommes-nous tenus d'en être.

Ëxpliquons^nous.

Être de notre temps, eela ne veut pas dire , adopter les opinions reçues quand elles sont fausses; cela ne signifie pas, accepter les faits accomplis lorsqu'ils sont mauvais. Dieu nous en préserve 1 Si nous avons à respecter ce qui est bon, nous avons à renverser ee qui ne vaut

Cela posé, je ne vois dans les transformations sociales qui se sont opérées depuis le bon vieux temp3, aucune quiBStion de conscience, par conr séquent aucune obligation de combat

Être de notre temps, ce n'est donc pas nous accommoder au mal; c'est admettre sao^amèire--

pensée les conditions de vie moderne , les bases de civilisation nouvelle établies par nos contemporains ; c'est prendre notre part du fardeau ; c'est nous associer aux chances d'aujourd'hui; c'est préparer le progrès pour demain.

Aimer notre temps, ce n'est donc pas tolérer ses péchés ; c'est réparer ses injustices, corriger ses erreurs, réprimer ses lâchetés, arracher ses gangrènes, lutter contre toute défaillance capable de le compromettre ou de l'abaisser.

Les regretteurs ne sont bons à rien, nous l'avons dit.

Que penseriez-vous d'un agriculteur, qui au lieu de cultiver son champ récemment acquis, s'asseoirait dans un coin, et le front dans les genoux, se mettrait à pleurer son ancien domaine, celtii qu'il n'a plus !

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