‹ Le bon vieux tempsChapitre 5 sur 26 · LE PAUPÉRISME · texte numérisé non relu

LE PAUPÉRISME

Un mot, au reste, dit tout. Essayez de suppri- . merriudustrie; ramenez, d'un coup de baguette, cet heureux temps où le paupérisme, prétendezvous, n'existait pasf Entendez-Vous , à votre tour, la clameur? Et parmi les voix, distinguezvous la voix des plus pauvres, qui est la plus désespérée?

Voyons un peu notre monde comme vous l'avez fait : Mouvement, commerce, entreprises, découvertes, inventions, les chemins de fer et la vapeur, les télégraphes et l'électricité, le gaz et les forêts souterraines, l'abondance, le bon marché, les procédés aussi faciles que prompts, le bien-être sous toutes ses formes, les écoles, les livres, les cours populaires et familiers, l'air avec la lumière introduits aux plus sombres recoins, les fleurs prodiguées aux quartiers les

plus perdus, la musique et les orchestres épanchant à flots d'héroïques accents, tout a disparu. En revanche, la marée des siècles passés, houle fangeuse, monte et se gonfle roulant dans ses plis les insanies, les obscurités, les supplices, les pénuries, les exactions, les servitudes, le malheur sans limites et sans espoir! Devant le gouffre soudain rouvert du paupérisme, au milieu de nos pays mal cultivés, de nos cités mal bâties, de nos rues qui sont des cloaques, de nos carrefours qui sont des guet-apens, de nos routes impraticables, de nos logis sordides et nus, de notre société paralysée, oscillant' comme autrefois de la famine à la guerre et de la pestilence à la révolte sur un lond toujours pareil d'incomparable douleur; refaites et récitez, si vous pouvez, vos idylles sur le bon vieux temps l

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