‹ Le bon vieux temps; (volume 2)Chapitre 20 sur 51 · LE THÉÂTRE. — L'HOTEL EASCO · texte numérisé non relu

LE THÉÂTRE. — L'HOTEL EASCO

En 1825, on coustrnisit le premier théâtre à Montréal. (1) L'édifice avait été bâti par une compagnie dont l'honorable John Molson était le principal actionnaire.

Ce théâtre, qui s'appelait le Théâtre Royal, était aussi connu sous le nom de Théâtre de Molson.

Sa construction coûta £6,000. Les plans avaient été préparés par M. Forbes, architecte.

Le Théâtre Eoyal a été bâti originairement sur la rue Saint- Paul, à l'endroit où se trouve, aujourd'hui, l'aile Est du marché Bonsecours.

La façade avait une colonnade de l'ordre dorique et l'ensemble offrait un très joli coup d'œil. Il fut démoli vers 1845 pour faire place au marché. M. Hayes bâtit [alors un autre théâtre] à l'encoignure ouest de la place Dalhousie. (2)

Le nouveau théâtre fut détruit par le grand incendie de 1852.

En [1852], M. Jesse Joseph fit bâtir le Théâtre Eoyal actuel sur la rue Côté.

De 1830 à 1840, il y eut aussi un théâtre de second ordre dans l'ancien hôtel Saint-Nicolas, aujourd'hui l'hôtel [Eiendeau], place Jacques-Cartier.

Dans le bon vieux temps, l'hôtel le plus fashionable de Montréal était l'hôtel Easco. Cet hôtel avait été bâti [près du site] de l'ancien château de M. de Vaudr'euil, gouverneur du Canada, sous la domination française. Il était composé de deux immenses corps de logis reliés ensemble par des corridors à l'extrémité est.

(1) Il ne faut pas entendre, ici, que cet édifice marque le début du thécâtre en cette ville, car on jouait des pièces et il se donnait des concerts, depuis le commencement du XIXème siècle, dans diverses salles. Voir notre étude sur les Vieux théâtres montréalais, dans la Revue Populaire de 1909.

(2) Le square Dalhousie et l'emplacement du théâtre Hayes se trouvaient sur la partie ouest du terrain occupé de nos jours par la gare Viger.

L'hôtel Easco, dont la construction coûta £9,810 et l'ameublement £3,300, a été ouvert le premier mai 1836. L'hôtelier entreprenant avait, auparavant, occupé l'édifice érigé à côté du Théâtre Eoyal, connu sous le nom de British American Hôtel, qui fut détruit par le feu le 24 avril 1833.

L'alarme fut donnée pendant que le public ^entrait dans l'hôtel pour assister à une soirée musicale. Les flammes se propagèrent avec une rapidité prodigieuse et, en peu de minutes, elles avaient envahi la maison dfe la cave au comble. Le spectacle de l'incendie du British American fut aussi grandiose que terrible. Heureusement, on n'a enregistré aucune perte de vie. Les ruines de l'ancien hôtel ne furent déblayées que lors de la construction du marché Bonsecours.

L'hôtel Easco actuel est aujourd'hui la propriété des héritiers de feu C. S. Eodier.

Le père Easco était un petit vieux grassouillet et vif. Après avoir amassé un assez joli magot, il est allé mourir en Italie, son pays natal.

4 décembre 1884.

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