‹ Le bonheur des autresChapitre 4 sur 23 · LE BOX DANSEUR · texte numérisé non relu

LE BOX DANSEUR

— Je n'ai pas de filet, dit-elle.

— Ceci peut y suppléer.

D'une main vigoureuse, il saisit par ie dossier le lit, le tira sous la corde, s'élança, rejoignit la jolie Américaine; et ils étaient debout sur le « fil », tous deux, habit noir et robe de malines doublée de faille rose.

— Oh! c'est très bien, dit-elle avec un redoublement d'accent; on avait bien raison de dire que les Français sont des gentlemen très courageux!

Mais ce n'est pas très aisé de se tenir droit sur la corde lorsqu'on n'en a pas l'habitude! Il se pencha, vers la gauche, un peu trop, — maladroit, ou très adroit! — perdit l'équilibre, entraîna dans sa chute la jolie baladine, et ils tombèrent, sans se faire aucun mal, dans le filet. M. de Puyroche, depuis, a raconté qu'il ne regrettait point du tout — malgré ce qu'il y aurait eu de si ridicule à danser dans un bal de charité ou de corporation — d'avoir demandé une valse à cette jolie étrangère,

trop décolletée, sans manches, liabillée de couleurs extravagantes, avec beaucoup de rubans qui volent.

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