YAN-BICK AU PALAIS BRIONOLÂ
On aurait dit qu^elle illuminait la galerie des rayons de son éblouissante beauté. Pallavicini lui'-mème réprima une exclamation de surprise qui lui était arracnée, car il ne Tavait jamais vue si belle. Elle portait une robe de soie noire brochée : ses épaules et ses bras étalent à découvert^ et PétoiSe faisait merveilleusement ressortir leur blancheur lumineuse. Elle salua d'un sourire céleste les deux étrangers ; et, s'adressant à Van-Dickj elle lui dit avec une grâce incomparable :
— Maître, quand il vous plaira, je suis à vos ordres ; c'est bien de llionneur pour moi de poser devant un artiste tel que vous.
— Passons à Patelier, dit le comte Brignole j le seigneur Van-Dick choisira à sa guise ses palettes, ses toiles et ses pinceaux.
Les quatre acteurs de cette scène entrèrent alors dans l'atelier de peinture, qui était contigu à la galerie. Gomme l'avait dit le comte, tout s'y trouvait préparé d'avance et l'artiste n'avait qu'à choisir.
•-- Maintenant, poursuivit le comte, vous êtes entièrement chez vous ; et c'est à nous de vous demander, si vous nous permettez, maître, de rester?
Yan-Dick n'appartenait plus à la terre, il ne répondit pas; mais Pallavicini, prenant en pitié l'amour de son ami, dit avec le plus grand sang-froid au comtô ;
— Je connais Van-Dick : c'est un de mes vieux amis; il faut le mettre à l'aise : il n'aime pas peindre devant témoins; sortons.
Et il donna l'^emple. Le comte le suivit.
La comtesse et Van-Dick restèrent alors seuls dans l'atelier déserté.