‹ Le Boomerang, ou, Rien n'est mal qui finit bienChapitre 7 sur 13 · AO LE BOOMERANG · texte numérisé non relu

AO LE BOOMERANG

doyant et de disparate comme le type ga/çon de café ^ ?

Au lieu de perdre mon temps à vous décrire le caractère, la mentalité et l'état social de ces deux bonshommes, je vais les faire parler devant vous.

A moins d'être d'irrémédiables gourdes, vous en saurez ainsi, à la fin de ce chapitre, autant que le propre auteur de la pièce.

Débutons, si vous voulez bien, par la scène première :

Le garçon de café essuie, à l'aide d'un torchon qu'on lui a, sans exagérer, remis au commencement de la semaine dernière, les chaises et les guéridons, ci-dessus énumérés ;

Et, tout en se livrant à ce travail, il pousse des vocalises, ainsi que font les artistes lyriques soucieux d'entretenir la pureté de leur diamant.

1. Phénomène que nous devons attribue)' à la grande diversité d'origines de ces officieux. Si je vous disais, moi qui vous parle, que f ai connu, dans le même café, un garçon qui avait été prêtre, et un autre qui était Belge ? . ..

LE BOOMERANG 4t

Satisfait de lui :

— C'est épatant, remarque-t-il, jamais je ne me suis senti en voix comme aujourd'hui! (Il chante.)

O Mathilde, idole de mon â-â-âmc!

Quel organe, hein!

Précisément, ce soir-là, M. Frédéric Febvre, qui tenait le rôle de garçon de café, se trouvait dans une admirable force vocale.

Aussi, chaque fois qu'il eut l'occasion de chanter, la salle, enthousiaste, ne lui ménagea-t-elle pas, dès le début jusqu'à la fin de la pièce, ses plus ardents bravos.

— Et tout ça, pour servir des sales bocks à un tas de mufles qui vous collent deux ronds de pourboire !... Et c'est ça qu'on appelle une destinée !... Ah! malheur! (Il chante) :

Gloire immortelle de nos aïeux !

J'en aurais, un succès, ce soir, au Grand-Opéra de Montélimar ^ ! Et, si je

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