PRÉFACE. IX
autant de plaisir que d'étonnement par leur apparente simplicité même *.
Je terminerai cette préface par quelques observations relatives à la manière dont je présente au public les nombreux noms turcs qui figurent dans mon ouvrage. J'ai adopté à leur égard l'orthographe déjà suivie dans mon Asie Mineure, c'est-à-dire une orthographe appropriée à la prononciation française. C'est ainsi que pour marquer la différence entre Vu aigu (par exemple dans les mots turcs utch, trois, sud, lait, où Vu se prononce comme dans les mots français su, vu, etc.) et Vu ouvert (par exemple dans les mots turcs vurmak, frapper, kulak, oreille, dont Vu se prononce comme dans les mots français tout, doux, etc.), je rends la première par u seul, et j'indique la dernière par ou; en conséquence j'écris sou (eau), bouroun (cap, pro-
1. Malgré son étendue comparativement peu considérable, le travail dont il s'agit est peut-être une des œuvres les plus saillantes parmi toutes celles dont M. Reinaud a enrichi les sciences historiques, archéologiques et ethnographiques; aussi ceux qui l'auront méditée seront assez disposés à partager les susceptibilités que manifeste le célèbre orientaliste, quand, en annonçant un tirage à part de son Mémoire, il signale (Journal Asiatique, 6"'*" série, t. Il, p. 395) la manière par trop sommaire dont ce mémoire a été mentionné dans le rapport annuel de M. le secrétaire de la Société. Sans doute ,- ainsi que le fait observer M. Mohl lui-même, le secrétaire ne peut consacrer que peu de lignes à chacun des travaux qu'il a à mentionner, mais on ne risquerait pas d'enfreindre souvent les devoirs de la brièveté officielle, si on ne se permettait d'y déroger que dans les rares occasions où il s'agit d'une œuvre hors ligne , comme celle de M. Reinaud. C'est précisément parce que cette exception si bien motivée ne lui a pas été accordée , que ce savant a pu éprouver des regrets d'autant plus vifs qu'il attachait plus de prix à l'appréciation d'un juge tel que M. Mohl.