Voyez Asie Mineure, Climatologie, table X, p. l/i
glace envahisse même localement le port de Constantinople, il faut que pendant un mois, dont la moyenne serait inférieure à environ -|- S% une température moyenne de — 4 à — S*» règne sans discontinuation de dix à quinze jours, en atteignant un minimum absolu d'environ — 6'. Si telles étaient les conditions principales capables d'opérer la congélation même d'une partie de la Corne-d'Or^ on ne pourrait guère s'empêcher d'admettre que ces conditions devraient au moins doubler d'intensité quand il s'agirait de la congélation de toute l'étendue du Bosphore, et à plus forte raison de la surface entière de la mer Noire. En conséquence, pour produire un effet semblable, il serait peut-être nécessaire que les minima exceptionnels des années 1848 ( — 11**) et 1850 ( — 16°) , insuffisants alors pour opérer une congélation quelconque, parce qu'ils ne constituèrent que des faits isolés et passagers, se maintinssent pendant un certain laps de temps, en donnant lieu à une moyenne mensuelle au moins d'un degré au-dessous de zéro; c'est-à-dire ii une moyenne analogue h celle que possède le mois de janvier à Copenhague. Une semblable anomalie qui, même une seule fois, transporterait pendant un mois entier, dans une localité située sous le parallèle de Rome, la température hivernale de la Baltique , aurait déjà sans doute quelque chose de très- remarquable; et cependant l'aperçu que je présenterai dans le chapitre suivant prouvera que cette anomalie n'a pas été consignée moins de dixsept fois dans les fastes de l'histoire , bien que celle-ci n'embrasse qu'un nombre très -limité de phénomènes
de cette nature, parce qu'elle exclut non-seulement tous ceux qui ont pu avoir lieu avant l'époque historique, mais encore ceux qui ont échappé à la connaissance des écrivains; c'est ce qui a dû arriver très-fréquemment à cause de l'état fort imparfait où se trouvaient alors les moyens de communication et de renseignement, surtout lorsqu'il s'agissait de contrées qui, comme celles du Bosphore, étaient placées en dehors de la sphère d'activité politique des anciens; sans parler du peu d'attrait qu'avaient généralement pour ceux-ci les phénomènes exclusivement naturels, si pleins d'intérêt pour les modernes.