X PRÉFACE
montoire), etc., bien qu'en allemand, en anglais et en italien ces mois s'écrivent sans o [su, burun), parce que dans ces langues Vu aigu français n'existe point, ou bien (comme dans la langue allemande) n'acquiert celte propriélé qu'à l'aide d'un signe particulier. D'un autre côté, plusieurs des sons les plus fréquemment usités dans les langues orientales ne sauraient être rendus en français, tels que les i et / gutturaux et l'A fortement aspiré. Ce n'est que par une orthographe toute conventionnelle qu'on désigne en français les deux derniers sons, savoir Vi guttural par Vy, et Yh aspiré par kh. Quant aux / gutturaux (comme dans les mots turcs, à/a. Dieu, àlmak, prendre, àllyn, or, etc., les Français, et en général tous les Européens, sont dans l'impossibilité absolue non-seulement de les exprimer par écrit, mais encore de les prononcer convenablement. En un mot, quoi qu'on fasse, onne parviendra jamais à rendre dans une langue européenne, à l'exception des langues dérivées du slave , tous les sons des idiomes orientaux , en sorte que ceux des Européens qui ne les connaissent que d'après la manière dont ils les écrivent, les prononceront toujours mal, et souvent au point de ne pouvoir se faire entendre des Orientaux*. Il s'ensuit que
1. Les langues dérivées du slave, comme le russe, le polonais, le serbe, le bulgar, le dalmat, etc., jouissent du précieux privilège d'allier les sons des langues européennes à ceux des langues orientales. Il est vrai que l'Allemand, FAnglais et l'Espagnol rendent assez bien l'A aspiré des Orientaux, mais il n'y a que les peuples slaves qui apportent en naissant la faculté de prononcer correctement les i et / gutturaux des Turcs et des Arabes, parce que, parmi les alphabets européens, l'alphabet slave, incontestablement le plus riche de tous, possède seul ces sons.