LE BOSPHORE ET GONSTANTINOPLE
plus grand que de le maintenir, vaille que vaille, à la place qu'il occupe ^.
1. Pour écarter tout reproche de contradiction , je dois encore rappeler à ceux qui seraient tentés de me l'adresser, que les témoignages favorables formulés ici ne s'appliquent qu'à la ville de Constantînople et à la contrée limitrophe du Bosphore, seule et unique sphère à laquelle se soit borné mon dernier voyage qui, pour la première fois, a valu à la Turquie des manifestations favorables de ma part. Il en résulte que je suis complètement dans l'impossibilité de dire si les symptômes satisfaisants que j'ai été si heureux de saluer à Constantînople se produisent également et au même degré dans l'intérieur de l'empire. Je dois à cet égard m'imposer d'autant plus de réserve et suspendre mon jugement jusqu'à l'époque probablement prochaine où je pourrai le former sur les lieux mêmes, que malheureusement les impressions qui en ont été rapportées depuis peu par des voyageurs ne sont pas de nature à prouver que les provinces aient réellement participé aux progrès incontestables de la capitale. C'est ce qui semblerait résulter, entre autres, de la relation que vient de publier (dans le ZeiUchrift fur Erdkunde, Berlin, t. XV, p. /il8-/i38, et t. XVI, p. 1-70) M. Sperling (drogman de Tambassade de Prusse à Constantînople), après une excursion quMl a faite en 1862 dans TAsie Mineure. On est péniblement impressionné de voir figurer dans cette relation de nombreux exemples non-seulement d'anarchie et de désordre, mais encore d'actes d'une révoltante atrocité qui rappellent les plus mauvais jours de l'empire ottoman. Sans doute le diplomate prussien se sera empressé de les porter à la connaissance de Fuad-Pacha, afin do lui faire apprécier tout ce qu'a d'urgent et d'indispensable l'application , à l'intérieur de l'empire , du système réformateur introduit dans la capitale; car, sans cette généralisation, ce système n'aura jamais un caractère solide et durable, mais se trouvera réduit aux proportions d'une organisation purement locale et destinée à disparaître avec celui qui l'a inaugurée. Ce n'est pas un homme aussi éminent que Fuad-Pacha qui manquerait d'apprécier cette vérité à sa juste valeur.