‹ Le Bosphore et Constantinople avec perspectives des pays limitrophesChapitre 137 sur 179 · Loc. cit · texte numérisé non relu

Loc. cit

son poète favori, dont jamais peut-être aucun auteur ancien ou moderne n'était aussi complètement imbu que lui.

Après avoir contemplé les remarquables phénomènes que présentent les parages de Touzla , le voyageur a deux voies pour retourner à Constantinople : Tune, la plus courte , est celle du bateau à vapeur qui touche au cap Baba [Lectum promontorium) situé tout près de Touzla , et qui le transporterait rapidement à la capitale ottomane; Fautre, beaucoup plus longue, mais infiniment plus intéressante, le conduirait, par le littoral méridional, jusqu'à l'extrémité du golfe d'Edremid , d'où il s'éloignerait pour traverser la Troade du sud au nord, en passant successivement à côté du mont Ida, à travers la vallée d'^sopus, le village Inova et la vallée du célèbre Granicus; puis il longerait le littoral asiatique du détroit des Dardanelles jusqu'à Tchanak-kalessi , son premier point de départ. Parmi les sites nombreux d'une grande beauté que lui offrirait cet itinéraire, où la nature lutte sans cesse avec le prestige des souvenirs historiques, je ne signalerai que deux charmantes localités : les parages de la source d'Akbounar et ceux de la source d' Inova.

La source limpide d'Akbounar se trouve dans un site

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admirable, non loin du Kasdagh-sou (.^sopus des anciens), à deux kilomètres environ au sud-esl de Bazarkoi. A cause de la fraîcheur qu*on respire en ces lieux . l'Akbouûar sert ordinairement de rendez-vous à tous ceux qui se rendent de Kayun-Eli ou de Karabeï à Balikesri. C'est particulièrement dans les chaudes journées de Tété que l'on voit de nombreux pèlerins fumer gravement leur pipe à l'ombre des beaux platanes qui encadrent celte nappe d'^au crisUiIIine, où se réfléchissent les contours fantastiques des rochers voisins. Quand, accablé par les ardeurs de ta canicule, je m'arrêtai (en 18^8) dans ces parages, je fus tout aussi frappé de la délicieuse température qui y régnait, que du coup d'œil pittoresque des divers groupes de Turkmènes que j*y tnouvai établis. Le croquis de la figure 3 pourrait donner en quelque sorte une idée du site de la source d'Akbdunar (source blanche), qui jouit dans le pays d'une certaine célébrité.

Là deuxième source, située également dans un charmant émlroit, est celle qui se trouve à neuf kilomètres environ au sud de la petite ville d'inova, un peu à l'est du ruisseau de Kirk-agatch {les ifuarante arbres). Elle sort d'une grotte dont la longueur est de 5'", 7, sur une largeur de 2'", 40, et une hauteur de 1™, 47. et se déverse. par. un mince filet, dans un bassin qui communique avec le Kirk-agatch. Au lieu de se distinguer par sa fraîcheur et sa limpidité, comme l'eau d'Akbounar, celle de la source dont il s'agit est au contraire trouble, d'une température élevée et chargée de substances sulfureuses; aussi, h' 20 juin 18û8, avait-elle, dans Finir-

rieur de la grotte, liO degrés cent., Tair ambiant (dans l'intérieur de la grotte) étant de 32%5. Encadrée par des touffes d'arbres verdoyants, la grotte offre un aspect éminemment pittoresque. Mon croquis (fig. 4) la représente du côté d'où s'échappe la source.

Parmi les endroits remarquables , sous le rapport physique, que je voudrais signaler à l'attention du voyageur comme pouvant devenir des objets d'excursions à faire pendant le séjour h Smyrne , figuré au premier rang le plateau de Pambouk-kalessi , à cause de ses eaux incrustantes. Il est vrai que cette localité est éloignée de Smyrne d'environ quatre jours de marche; mais, comme il ne s'agit ici que d'excursions auxquelles se livrerait, non un voyageur de passage, mais l'étranger établi pour tout l'été sur le Bosphore, celui-ci trouverait plus d'un moment disponible pour cette tournée; et quand il l'aurait accomplie, elle lui paraîtrait sans doute plutôt trop courte que trop longue; car rien de plus intéressant que la contrée que l'on traverse pour se rendre de Smyrne à Denizly, ville pittoresque, dans la proximité de laquelle se trouve la localité désignée par le nom de Pambouk-kalessi, l'HiéropoUs des anciens, dont nous allons nous occuper.

A quatre heures environ, au nord de la ville de

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Denizly, le massif montagneux qui forme la lisière nordest de la vallée du Méandre se trouve flanqué, du côté de cette dernière, par un plateau qui n'est qu'un siplatissement local du massif même ; c'est ce plateau qui porte le nom de Pambouk-kalessi *, ou château de coton, dénomination qui s'applique exclusivement aux ruines d'Hiéropolis et qui n'appartient à aucun village; car le seul qui se trouve dans la partie nord-ouest du plateau, à deux kilomètres environ des ruines en question, s'appelle Karahït; de plus, l'étymologie qu'on a quelquefois attribuée à ce nom de Pambouk-kalessi, comme ayant rapport à des plantations de cotonnier, est peu justifiée par l'examen des lieux mêmes, puisque, bien que la plaine de Denizly offre çà et là de ces végétaux, on n'en voit pas du tout sur le plateau; en sorte qu'il est beaucoup plus probable que ce nom de Château de coton puise son origine dans la teinte blanche et les formes cotonnées de toutes les masses de travertin qui caractérisent la localité.

La hauteur du plateau de Pambouk-kalessi est, d'après ma mesure barométrique, de 500 mètres, ce qui lui donnerait une élévation de 90 mètres au-dessus de la plaine de Denizly. Il est composé de deux étages superposés en forme de deux gigantesques gradins. L'étage supérieur, sur lequel se trouvent les sources thermales ainsi que la magnifique nécropole de l'ancienne cité, peut avoir, du nord au sud, une étendue d'un demi -kilomètre. L'étage inférieur est plus large;

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