‹ Le Bosphore et Constantinople avec perspectives des pays limitrophesChapitre 141 sur 179 · VU · texte numérisé non relu

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Si le domaine éruptif de la côte d'Asie diffère de celui de la côte d'Europe par ses contours et ses directions, il s'en distingue également par la nature de ses roches; car c'est là qu'à côté des dolérites et des basaltes apparaissent les trachytes proprement dits, c'est-

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à-dire des porphyres caracU^risés par le feldspath vitreux, t^uidis que ce genre de porphyre parait être fort rare sur la côte d'Europe.

Afin de mieux apprécier la nature des roches qui figurent dans le domaine éruptif de hi cAte d'Asie, nous allons le traverser dans plusieurs directions.

Lorsque de Beïkos on s'avance le long de cette côte dans le sens du cap Filbournou, on voit à peu de distance au sud de ce dernier les calcaires devoniens remplacés par des conglomérats très- variés, qui préludent en quelque sorte h l'apparition des roches éruptives, et marquent les points de contact entre ces dernières et les dépôts sédimentaires de la grande formation paléozoïque. Aussi, en se mélangeant et en réagissant les uns sur les autres, ces matériaux, si différents par leur origine, leur âge et leur composition, se sont-ils transformés en une masse chaotique de fragments soit isolés, soit solidement agglutinés, et plus ou moins imprégnés par l'oxyde de fer. Une analyse chimique pourrait seule en déterminer la composition, sans en révéler toujours l'origine. Au reste, ces masses rappellent (quoique sur une petite échelle) les dépôts non moins énigmatiques qui, comme nous le verrons plus tard, marquent sur la côte d'Europe, dans les parages de Saryari, le point de contact entre les roches éruptives et les calcaires et thonschiefers du terrain devonien.

En traversant les hauteurs qui dominent le promontoire de Filbournou pour descendre ensuite vers la baie de Poïras, on distingue, dans les nombreux fragments et blocs qui jonchent tous ces parages, des cristaux et

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substances amorphes généraleinenl assez caractéristiques pour lesdolérites et les basaltes, ce qui semble annoncer qu'on se trouve dans leur proximité. Aussi, tout près du fort Poïras (Poïras Kalessi), on voit se dresser des masses considérables d'une roche à la vérité trop désagrégée pour admettre une détermination précise, mais que cependant on peut considérer avec beaucoup de vraisemblance comme une dolérite ou un basalte. Sa pAte, d'un vert foncé, de texture compacte et solide (mais que le couteau raye cependant), renferme beaucoup do petits cristaux verts qui rappellent soit le pyroxène, soit l'olivine; ils sont souvent revêtus de kalkspath ; quelquefois ce dernier se présente en grains isolés. Traitée avec l'acide chlorhydrique, la roche donne une vive effervescence et finit par devenir blanchâtre. Cette espèce de dolérite (basalte?) compose toul le littoral entre Poïras Kalessi et Anadolou-Fener. Dans les parages de Poïras Kalessi elle forme des bancs puissants, légèrement inclinés au sud -ouest et correspondant à des bancs semblables que présente la côte européenne dans les parages de Karvbdjé, mais qui plongent au sud-est.

La profonde vallée qui débouche dans la baie de Poïras est séparée de la vallée de Kabakos-sou par une série de vallées parallèles (dirigées en moyenne du sud au nord) bordées de masses arrondies de roches doléritiques et basaltiques désagrégées, et revêtues de fourrés épais de hautes fougères.

Dans les parages d'Anadolou-Fener les masses désagrégées et les conglomérats se rattachent à une dolérite

KT CONSTWTIXOPLK. /i^f)

analogue à (!elle de Roumeli-Fener. C'est sur celle rochi» qu'est situé Anadolou-Fencr. Cependant dans cette dernière localité, on n'aperçoit pas les énormes conglomérats qui caractérisent, sur la côte européenne, les parages de Roumeli-Fener et les îles Cyanées.

En continuant notre revue du littoral, à l'est de Rivas, la crtte comprise entre cette localité et le cap de Karabouroun ne présente, sur une ligne d'environ quatorze kilomètres, qu'une longue succession de sinuosités plus ou moins profondes et diversement dentelées, séparées les unes des autres par des falaises abruptes qui constituent autant de promontoires sourcilleux. Parmi ceux-ci on distingue le cap Karabouroun proprement dit, qui, par son élévation et ses contours bizarres, se détache nettement des nombreuses saillies secondaires comprises dans le nom collectif de Karabouroun. Toutes ces saillies forment tantôt des remparts en tuyaux d'orgues ou en colonnes rappelant souvent les plus beaux phénomènes dans ce genre de certaines régions basaltiques de l'Europe, tantôt d'immenses coulées composées de masses poreuses, tordues et striées comme les laves des volcans aujourd'hui encore en activité, ou bien épanchées en nappes non interrompues, à surface plus ou moins mamelonnée. Quelques-

unes de ces coulées plongent dans la mer et y disparaissent brusquement; d'autres s'accumulent le long du littoral en murailles escarpées.

Parmi les roches qui composent toutes ces masses à formes si variées figurent, à crtté des dolérites, des basaltes et des porphyres pyroxéniques, de véritables trachytes que Ton peut caractériser de la manière suivante : pâte compacte de teinte brun rougeâtre ou brun noirâtre, renfermant des cristaux d'oligoclase, d'amphibole et de mica magnésien. Les cristaux d'oligoclase dominent tant par leur nombre que par leurs dimensions; ils sont blancs, translucides et à surface fortement striée. L'amphibole se présente ordinairement en petits cristaux dont la leinle vert foncé se trouve le plus souvent oblitérée parla désagrégation qui convertit les cristaux en une substance brune-rougeâtre, tout en laissant apercevoir leurs formes normales. Quelquefois le mica manque complètement et les cristaux d'amphibole sont à peine perceptibles. Sous le rapport de la structure, la roche varie de la structure porphyroïde à une structure presque homogène, revêtue d'une teinte foncée et uniforme, offrant alors toutes les apparences d'un basalte ou d'une aphanite. Mais ce qui imprime k toutes les roches qui composent le littoral entre Rivas et Karabouroun, surtout à celles de ce dernier promontoire, des modifications encore plus saillantes, c'est le phénomène de désagrégation et d'imprégnation par des substance ferrugineuses. Ces phénomènes qui se manifestent quelquefois sur une très-grande échelle, en nuançant les roches de teintes les plus variées et sou-

vent les plus vives (jaune, rouge, violet, bleu, blanc), ne contribuent pas peu à rehausser la physionomie éminemment originale des parages du cap Karabouroun. Aussi, rien de plus frappant que Taspect de cette côte, surtout lorsqu'on y débouche par les tiiillis épais de VAgateh-denizy et que Ton voit surgir, comme par enchantement, les flots du Pont-Euxin encaissés à perte de vue au-dessous d'une gigantesque corniche dont le fond noir fait ressortir les teintes vives qui colorent çà et là toutes ces masses si bizarrement groupées.

Sur plusieurs points de la côte, on voit la série des roches éruptives interrompue par des vallées étroites et planes qui se terminent du côté de la mer en plages sablonneuses. C'est sur l'une de ces plages alluviales que se trouve Hermankoï, à quatre kilomètres environ à l'est du cap Karabouroun. Ce village marque l'extrémité orientale du domaine volcanique de la côte asiatique du Bosphore, car immédiatement à l'est d'Hermankoï la roche d'éruption est remplacée par des masses calcaires qui non- seulement continuent la lisière littorale formée jusque-là par les dolérites, basaltes, trachytes, etc., mais encore affectent des formes telh*ment bizarres et variéc^s qu'elles se confondent, au premier coup d'oeil, avec les découpures infinies de la côle. 11 est probable que les dépôts calcaires, faisant peut-être partie des terrains crétacés, doivent leurs formes anormales à l'action des roches éruptives avec les(|uelles ils se trouvent en contact immédiat.

V2« LK nosiMioiu:

Quand on parcourt voiW immense série (1(^ masses (le colonnes, de coulées, d'agglomérations de scories, de cônes, échelonnés le long des côtes d'Europe et d'Asie , depuis Kilia jusqu'au cap Karabouroun , on est tout d'abord amené ù rechercher les traces extérieures des orifices d'où sont sorties ces énormes éjections volcaniques; et, comme on n'aperçoit ni cratère ni excavation quelconques qui puissent révéler l'emplacement d'anciens foyers d'éruption , on n'a le choix qu'entre deux hypothèses que je vais exposer.

L'une rattacherait les diverses accumulations des substances volcaniques à autant d'éruptions locales sorties des entrailles de la terre, ù l'endroit même où s<* trouvent aujourd'hui les premières ; de la sorl(* l(»s matières qui s'étaient produites à l'état fluide ou puleux se seraient épanchées en nappes ou entassées et gonflées de manière h produire c(^ pyramides , tourelles et (*olonnades dont la côte de Karabouroun emprunte un aspect si original ; enfin les matières fluides et pâteuses auraient subi dans leurs formes extérieures des modifications variées , déterminées d'abord par les conditions de leur refroidissement, et plus tard par l'influence des agents atmosphériques. L'autre hypothèse placerait les centres [principaux d'é-

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ruptioa dans la portion du contiuent recouverte aujourd'hui par le Pont-Euxin; en sorte que les masses volcaniques de la côte ne représenteraient qu'une partie des matières rejetées par des bouches aujourd'hui soustraites à nos yeux.

Quelle que soit riiypothùse que des explorations ultérieures puissent faire adopter , il est indubitable que les masses éruptives de la ligne littorale dont nous nous occupons se prolongent fréquemment sous la mer , comme cela est évident sur un grand nombre de points^. Ainsi, pour ne citer qu'un seul exemple, je rappellerai les rochers pointus qui percent à travers les flots, vis-à-vis du château de Rivas, et parmi lesquels se trouve une petite lie doléritique, réunie au château [)ar une langue de terre alluviale d'à peu près un kilomètre de longueur. Cet Ilot a la forme d'un cône assez régulier, dont la partie occidentale est divisée en belles colonnes prismatiques.

Nous ne nous sommes occupé jusqu'ici que des roches éruptives qui forment un grand domaine non interrompu , le long de l'embouchure septentrionale du

1. En traitant de la géologie de TAsie Mineure, j'aurai l'occasion de signaler les affleurements sous-marins de roches éruptives sur un grand nombre de points du littoral méridional de la mer Noire, entre autres dans les parages de Kcra:^oan.

Bosphore, eu s' étendant sur des espaces plus ou moins considérables à l'ouest et il Test du détroit. Il nous reste maintenant à étudier les roches éruptives qui se présentent çà et là sur plusieurs points du Bosphore, et qui se distinguent des premières , non-seulement par leur surgissement sporadique, mais encore par la nature même de leur composition. Ainsi, j'ai déjà mentionné (p. 420). dans les parages d'Yerlukoï, les affleurements d'une roche qui, malgré son mauvais état de conservation, révèle cependant une composition trèsdifférente de celle qui caractérise les roches du grand domainedolérito-basaltique du Bosphore. Or. les échantillons les moins désagrégés de la roche d'Yerlukoï présentent une pâte d'un gris cendré, renfermant beaucoup de petits cristaux d'un feldspath (probablement oligoclase), dont les surfaces P laissent souvent apercevoir des stries fort distinctes; les cristaux feldspathiques se trouvent associés à d'autres petits cristaux noirs plus ou moins désagrégés, mais qui cependant paraissent être de l'amphibole. 11 en résulte que l'on peut, avec beaucoup de probabilité, considérer cette roche comme un porphyre dioritique , analogue à celui que je vais signaler dans les parages de Bebek. La roche indiquée à Yerlukoï s'étend au sud de ce village sur un espace d'un kilomètre environ, et se trouve brusquement remplacée par les calcaires devoniens, sans que ceux-ci présentent aucune trace d'action de la roche éruptive avec laquelle ils sont en contact.

Il n'en est pas de même du porphyre dioritique dont on voit une éruption locale dans le ravin profond qui

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débouche dans le Bosphore, à peu de dislance à l'ouest de Bebek. En effet, les points de contact de la masse de porphyre diori tique et des dépôts devoniens au milieu desquels elle perce, sont signalés par les plus remarquables bouleversements et plissements des couches, ainsi que par les modifications opérées dans la texture du thonschiefer (schiste argileux).

Quant à la roche même, dont l'action se manifeste d'une manière si frappante , elle a la plus grande analogie avec le porphyre diorilique de la monUigne boisée de l'Esterel , entre Fréjus et Antibes. La pâte compacte, de teinte grise, renferme de nombreux cristaux d'oligoclase , de cinq à dix millimètres de longueur, ainsi que de petits cristaux d'amphibole noir, mais dont les surfaces sont moins fraîches que celles de l'amphibole de l'Esterel. Les cristaux d'oligoclase, quelquefois creux, et souvent complètement désagrégés, sont d'un blanc mat et n'offrent que des plans de clivage peu distincts.

Des affleurements d'un porphyre dioritique, plus ou moins analogue à celui que je viens de décrire, se manifestent sur un grand nombre de points de la même zone littorale, mais particulièrement dans la région comprise entre la vallée d'Arnaoutkevi et celle de Baltaiiman. Ainsi , on eu voit quatre au nord-ouest d'Arnaoutkevi, échelonnés sur une ligne d'un peu plus d'un kilomètre de longueur ; deux le long de la côte entre Bebek et Roumeli-hissari; et quatre le long de la vallée de Baltaliman , dont trois sur le bord droit (méridional) de In vallée, rangés sur une ligne d'un kilomètre et demi de

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longueur , et le quatrième sur le bord septentrional de la vallée , à deux kilomètres environ à Touest-nord-ouest du village de Baltaliman. En raison de Téchelle trop restreinte de ma carte, toutes ces éruptions et ces affleurements locaux n'y ligurent que comme des points peu perceptibles; cependant on les voit former trois rangées presque i>ai*allèles, orientées, en moyenne, de nord-ouest en sud-est.

Quant à la côle asiatique du Bosphore, je n'ai été eu situation d*y observer qu'une seule de ces éruptions locales , notamment à sept kilomètres environ , au sud-est-sud de Beïkos , dans les parages de Tchaouchbaehi-tckiflik , où, au milieu de calcaires et de quartz devoniens, on voit percer des masses d'une roche à pâte bleuâtre ou verdâtre , renfermant des cristaux blancs d'oligoclase et des petits cristaux noirs d'amphibole; la roche rappelle beaucoup le porphyre de Bebek et d'Arnaoutkevi ; seulement , dans le porphyre de ces deux dernières localités, les cristaux d'oligoclase sont plus petits. Le porphyre dioritique de Tchaouchbachi si» trouve intimement lié à une roche qui se présente en masses arrondies, disséminées çà et là, mais dont il est impossible de déterminer les éléments constitutifs sans l'aide d'une analyse chimique. C'est un mélange de deux substances, l'une blanche et l'autre noire, réunies eu grains extrêmement menus et associés â des amygdales de kalkspath , ainsi qu'à de nombreux cristaux de pistacite qui tapissent les parois intérieures de petites cavités. Peut-être cette roche énigmatique aura-t-elle été lorniée aux dépens du |)orphyre dioritique . riche en

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oligoclase. C'est surtout la présence de nombreux cristaux de pistacite qui semble être favorable à cette hypothèse. En effet, on sait que la pistacite n'est qu'une variété de l'épidote*. Or, la conversion de l'oligoclase en épidote est un fait acquis ;\ la science, car il a été déjà depuis longtemps constaté par M. le professeur Blum , et tout récemment encore par M. A. Knop, qui nous apprend 2 qu'il a pu suivre, dans un schiste chlorite de la contrée de Hartliau, les transitions graduelles de Toligoclase à une véritable pistacite. De plus, M. Knop fait observer qu'une méUimorphose semblable s'opère également à l'égard du mica, c'està-dire que cette dernière substance peut également être engendrée par l'oligoclase; seulement alors les alcalis sont remplacés par la chaux, tandis que lors de la conversion de l'oliglocase en épidote, c'est l'inverse qui se produit, puisqu'il y a élimination de silice et échange de fer oxydulé et de chaux contre les alcalis.

Les parages de Tehaouchbachi-lchiflik constituent sur la cAte asiatique du Bosphore le seul point où j'aie

1. M. Boudant a divisé Tépidolfi on doux sous -espèces ou variétés, la znizite (épidote blanc) ot la Ihallilc ; c'est à la dernière qu'appartient la pistacite.

*J. Voyez Xeiu's Jahrbuvk, etc., do M. Loonbard, année 1863, p. 808.

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constaté une éruption diori tique; et, quoiqu'il soit possible que des recherches ultérieures y fassent découvrir par la suite plusieurs autres localités du même genre, il est néanmoins peu probable qu'elles m'eussent échappé, si elles avaient été également répandues des deux côtés du détroit. Il est donc permis d'admettre que ces éru})tions locales de roches dioritiques sont bien phis fréquentes sur la côte européenne que sur la côte asiatique, et qu'ainsi sous ce rapport, comme sous plusieurs autres, cette dernière reproduirait, plus que celle d'Europe, le type de la péninsule anatolique*.

Quant h la côte européenne, les éruptions dioritiques n'y sont certainement pas limitées aux dix ou onze localités que j'ai mentionnées. Au contraire, tout me porte à croire que le nombre ne pourra manquer d'en être considérablement augmenté, lorsque l'attention des géologues aura été dirigée sur ce nouveau genre de recherches; je dis* nouveau, car, si je ne me trompe, aucun de mes devanciers n'a signalé sur le littoral du Bosphore d'autres roches éruplives que celles groupées tout autour de Tembouchure septentrionale du détroit; en sorte que, jusqu'à présent, on ne paraît pas s'être douté qu'en dehors de ce grand domaine éruptif qui naturellement n'a pu échapper à personne, il existe tout un système de petites éruptions locales, si parTaite-

1. Pendant mes longu<^s explorations en Asie Mineure, je n'ai pu constater dans cette vaste péninsule que quatre lambeaux dioritiques, savoir : deux situés sur les versants sud-est et sud-ouest de la chaîne de roiympe, le troisième dans la région méridionale de la Troade, au nord-ouest du mont Ida, et le quatrième près de la ville d'Akseraî.

ment confondues avec les roches sédimentaires composant exclusivement, comme on Ta cru jusqu'à ce moment, le reste du littoral, que ces curieuses manifestations des agents plutoniques ont pu se soustraire aux regards des géologues. Au reste, il faut le dire, une investigation minutieuse a seule été capable de me les faire découvrir, et cela tout récemment, car, à l'exception des roches de porphyre dioritique surgissant au fond d'un ravin près de Bebek, presque tous les autres affleurements dioritiques ne consistent qu'en masses désagrégées tellement identifiées avec les roches encaissantes que, lorsque ces dernières, comme cela a presque toujours lieu, se trouvent également dans un état de décomposition plus ou moins avancée, le tout ne se présente que sous la forme de sables ou d'argiles friables, jaunis ou rougis par l'oxyde de fer, et où l'œil le plus exercé a souvent de la peine à découvrir quelques traces de cristaux de feldspath , d'amphibole et de quartz. Néanmoins, j'ai la conviction qu'un examen encore plus détaillé , et surtout plus prolongé que celui auquel j'ai pu me livrer, aura pour résultat de constater que la majorité des buttes arrondies (désignées sous le nom collectif de Tepé)^ si fréquentes sur les deux côtes, mais surtout sur celle d'Europe, ont pour noyau intérieur une roche éruptive probablement dioritique. Ce qui me porte à admettre cette hypothèse, c'est que d'abord les couches dovonionnes qui composent les buttes sont souvent particulièrement ployées et contournées, et qu'ensuite, parmi les masses désagrégées répandues sur les surfaces de

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