‹ Le Bosphore et Constantinople avec perspectives des pays limitrophesChapitre 157 sur 179 · Sable marneux stratifié en couches 5. Couglomârat · texte numérisé non relu

Sable marneux stratifié en couches 5. Couglomârat

légèrement inclinées par suite 0. Calcaire lacustre d'ui d'un Taui délit. indéteroiiaée.

a Galeries d'exploitation.

Les dépôts n" G sont composés de calcaire blanc ou jaunâtre, soit solide, soit friable, h texture tantôt homogène, tantôt grenue, et à cassure conchoîde ou saccharoïdc; les assises supérieures particulièrement consistent en une roche crayeuse et peu compacte, et par conséquent fournissent une pierre de construction moins estimée; cela est cause que l'on est obligé de descendre à une profondeur assez considérable; et, puisque les dépôts détritiques (n" 2, 3, 4. 5) constituent souvent h eux seuls une masse de &0 à 50 mètres de puissance, les galeries destinées & procu-

rer la variété de pierre que Ton recherche se trouvent quelquefois à près de 100 mètres au-dessous de la surface du sol.

Les assises exploitées à ciel ouvert sont pétries de

Cyrènes et de Mactrcs, malheureusement toutes à l'état de moule et plus ou moins indéterminables. Quant aux assises inférieures attaquées dans les galeries souterraines, je n'y ai pu descendre à l'époque (1850) où je visitai ces parages, et comme pendant l'exploration nouvelle à laquelle je viens de soumettre les contrées du Bosphore je n'ai pas eu le temps de revenir vers ces lieux, je me trouve dans l'impossibilité de rien ajouter à ce que j'avais déjà publié sur ce sujet. Je ne suis donc pas en mesure de décider la question de savoir si les empreintes de poisson que les ouvriers de ces carrières m'avaient communiquées comme ayant été recueillies par eux dans les galeries souterraines, ont réellement cette provenance *. Dans tous les cas , si leur assertion se trouvait conûrmée par une étude faite sur les lieux mêmes, il en résulterait que les dépôts lacustres de Makrikoï reposent directement sur le terrain nummulitique qui formerait ici une profonde dépression , tandis qu'à peu de distance au nord-ouest

1. Dans mon Mémoire sur les Dépôts nummuliliques et diluviens de la presqu'île de Thrace, publié dans le Bull, de la Soc. géoL de France, 2* série, t. VIH, p. 297, j*ai donné la description des ichthyolithes rapportées par moi et déterminées par M. Valenciennes. Diaprés ce savant, les ichthyolithes, censées provenir de Makrikoï, ont la plus grande analogie avec celles du Liban, renfermées dans des dépôts que Ton considère généralement comme nummulitiques , sans que cependant les géologues soient complètement d^accord à cet égard.

du village, notamment à Saint-George, ils se montrent à la surface même du sol.

Dans les autres carrières situées dans la proximité de Makrikoï , et toutes dans le voisinage immédiat de la capitale , comme celles de Vidos , de Kalfakoï , de Baliikly, etc., les travaux se font à ciel ouvert, et les dépôts diluviens sont moins puissants qu'à Makrikoï. L'une des carrières de Vidos présente quatorze couches horizontales de calcaire à Cyrènes, sur une épaisseur totale de 7 à 8 mètres ; les deux bancs supérieurs sont les seuls qui aient chacun 1 mètre de puissance; les autres n'ont que de 6 à 7 centimètres. Au milieu des Mactres dont est pétri le calcaire lacustre de Vidos, j'ai recueilli deux exemplaires de Spondylus subspinosiLs ; la présence de cette forme marine du terrain nummulitique au milieu des coquilles lacustrées indique sans doute la proximité immédiate du premier de ces terrains, dont les fossiles ont pu éprouver un mélange mécanique avec ceux des dépôts superposés , mélange que la puissance très- peu considérable de ces derniers a mis d'autant plus facilement en évidence.

A Balukly, les carrières composées de calcaire blanc crayeux ou compacte renferment également une quantité innombrable de moules de Cyrènes. Les beaux cimetières grecs de Balukly, qui s'étendent à l'ombre de superbes platanes , sont encore dans le domaine des dépôts lacustres (ou d'eau saum&tre), localement recouverts par un diluvium très- épais; en sorte que ce domaine embrasse probablement la pointe occupée par le nouveau sérail , et se prolonge le long des murs de

ET COÎSSTANTINOPLE. 535

Constantinople, jusqu'au commencement du faubourg d'Eyub, où l'on voit affleurer les roches paléozoïques.

Les Cyrènes et Maclres, si caractéristiques (par leur nombre) pour les environs des villages situés immédiatement à l'est des murs de Constantinople (comme Makrikoï, Vidos, Litros, Balukly, etc.), continuent à dominer dans la contrée ondulée comprise entre la capitale et le golfe du Petit- Pont; ce sont partout des calcaires siliceux ou marneux soit friables, soit trèssolides et même cristallins, pétris de moule et d'empreintes de ces bivalves dont quelques-unes rappellent la Cyrœna cuneiformis , très-répandue dans les dépôts miocènes de la Grèce. Cependant, lorsque des villages en question l'on s'élève plus au nord pour se rapprocher de la lisière du terrain paléozoïque , non loin de laquelle se trouvent les villages de Kutchukkoï, Kavaskoï et Kalfakoï, on voit les Cyrènes et les Mactres associées à d'autres bivalves, et même à quelques univalves, malheureusement presque toujours à l'état de moules ou d'empreintes indéterminables. Ainsi , les pentes méridionales des hauteurs qui portent Kalfakoï sont revêtues de masses de calcaire jaunâtre marneux, pétri de fragments de coquilles , parmi lesquelles on distingue une petite cardite; en suivant ces collines pour des-

cendre dans la vallée qui débouche vers le golfe du Petit-Pont, vallée où se trouve le poste douanier de Kutchukboghaz, on voit les bancs horizontaux de calcaire lacustre acquérir une grande puissance; ils se dressent en véritables remparts tout autour du golfe du Petit-' Pont. L'isthme qui s'avance à travers l'embouchure de ce golfe, et qui peut avoir 1 kilomètre de largeur, est une saillie de son littoral occidental, également composée de calcaire lacustre, car celui-ci perce à travers les dépôts détritiques qui recouvrent superficiellement cette langue de terre, et lui donne l'apparence d'un appendice alluvial.

L'espace qui sépare le golfe du Petit-Pont de celui du Grand-Pont est un steppe presque inhabité, revêtu d'un gazon assez touffu qui ne laisse que çà et là percer les calcaires lacustres; mais de môme que ces calcaires encadrent de rochers élevés le golfe du Petit- Pont, ils présentent également un développement considérable tout autour du golfe du Grand-Pont, et forment des escarpements souvent abrupts , ce qui a lieu notamment le long de sa rive orientale. Ainsi, lorsqu'on vient du Petit -Pont pour descendre dans le gros village de Buyuktchekmedjé, la rampe assez longue qui conduit vers ce dernier est toute rayée d'énormes bancs de calcaire chamarré de coquilles, parmi lesquelles dominent une Paludine, voisine de la P. impura, une Melanopsis, voisine de la JU. costata, et une Neretine. Dans plusieurs de« variétés de calcaires qui renferment ces fossiles, et particulièrement dans un calcaire jaunâtre y celluleux, veiné de noir, on voit des

moules d'une petite Nucula, ainsi que des empreintes de Ceriihium et Cardium, qui indiquent la nature saumàtre des eaux où ces dépôts se sont formés*

Lorsqu'on se dirige à l'ouest de Buyuktchekmedjé , le long de la zone littorale, pour se rendre à Silivri, on voit, non loin de l'extrémité occidentale du long pont de pierre qui a valu au golfe le nom de Grand-Pont^ percer les calcaires lacustres qui composent les hauteurs dont est bordée la plaine littorale à l'ouest du golfe; mais à mesure qu'on s'éloigne de ce dernier, les calcaires blancs sont remplacés par des grès, soit solides, soit friables, ou par des marnes bleuâtres, alternant avec les grès en strates horizontales. Ce sont ces grès et ces marnes qui composent toute la contrée ondulée et déboisée comprise entre le golfe du Grand- Pont et le petit village Kumbourghas. Les falaises par lesquelles se terminent , du côté de la mer, des séries de renflements qui traversent la contrée du nord au sud, offrent des profils fort instructifs, mettant à nu dans leur ordre naturel les dépôts qui constituent la contrée dont nous parlons. Ainsi, le premier de ces renflements que l'on traverse immédiatement à l'est du petit village Kumbourghas se termine vers la mer par des rochers élevés qui ofi^rent la dénudation suivante

de haut en bas : i"* plusieurs bancs horizontaux d'un grès généralement très-solide, mais devenant quelquefois friable : l'ensemble de ces bancs peut avoir de 8 à 10 mètres d'épaisseur. Ils sont chamarrés de rognons de marne jaune disséminés sans ordre. Les rognons et les grès qui les renferment contiennent des impressions de feuilles , mais point de coquilles. 2° Ces grès reposent immédiatement sur une succession de bandes horizontales de marne et de terre glaise bleuâtre, jaunâtre et noirâtre, ayant chacune tout au plus 1 mètre d'épaisseur, et dont l'ensemble ne dépasse guère 5 mètres. Ces marnes prennent quelquefois une structure fibreuse, qui, à une certaine distance, les fait apparaître comme des troncs d'arbres ou des lignites; cependant je n'y ai point trouvé aucune espèce de trace organique.

Quant aux impressions de feuilles que présentent les grès et les rognons mai'neux (n° 1), elles sont trop imparfaites pour permettre une détermination spécifique; cependant M. le professeur Unger, auquel j'avais soumis plusieurs échantillons, a cru (quoique avec doute) y distinguer des fragments de Quercus ligniium Ung. et Q. mediierranea Ung., deux espèces que le savant paléontologiste de Vienne avait déjà décrites comme appartenant aux dépôts miocènes de la Slyrie.

Les dépôts miocènes d'origine soit pélagique, soit lacustre, paraissent représenter, dans la presqu'île de Thrace , les assises les plus récentes de la grande formation tertiaire, et servir de base immédiate à la formation diluvienne, sans l'intermédiaire du terrain pliocène proprement dit, lequel semble manquer à cette contrée. Cependant je crois devoir signaler quelques indices de nature à y faire admettre la présence du terrain tertiaire supérieur, du moins à l'état de lambeaux isolés. Ainsi , en examinant le lit desséché d'un ruisseau qui traverse une vallée située à 1 kilomètre environ à l'ouest de Rouméli-Fener, et par conséquent dans le domaine des roches éruptives, j'ai recueilli dans les sables et conglomérats qui recouvrent ces roches, des Cardium très -analogues à ceux qui caractérisent le calcaire de steppe , entre autres un Cardium voisin du C. prolractum Eichys\ (C lithopodolicum Dub.). Il est vrai que ces fossiles sont plus ou moins roulés, et que dès lors il devient impossible de décider s'ils appartiennent effectivement aux sables et conglomérats qui revêtent la vallée dont il s'agit; cependant, même en admettant qu'ils y ont été charriés par les eaux , ils n'ont pu avoir été empruntés qu'à des localités situées dans l'enceinte des contrées du Bosphore, puisque, s'il

en était autrement, il faudrait les faire dériver de régions beaucoup trop lointaines pour qu'un semblable transport puisse offrir une grande probabilité. En effet, les dépôts de calcaire de steppe les plus rapprochés de l'extrémité septentrionale du Bosphore sont ceux que Ton a constatés dans le Delta du Danube, occupant une partie de la région nommé Dobroudja; or, cette région est encore à environ 360 kilomètres du Bosphore.

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