TERRAIN QUATERNAIRE. — CONCLUSIONS GÉNÉRALES
Le terrain quaternaire encore peu étudié dans les contrées du Bosphore. — Son extension probable. — Physionomie de la contrée quMl occupe. — Dénudations que présente la côte entre Kilia et Yeni-kévi. — Lignites. — Grès stalacti tique. — Argile coquillière qui recouvre les lignites. — Age très-récent de cette argile. — Variétés diverses du lignite. — Rapprochement géologique entre les sables de la côte méridionale de la mer Noire et ceux de la côte algérienne. — Extension plus grande des dépôts quaternaires sur la côte septentrionale de la presqu*lle de Thrace que sur sa côte méridionale. — Développement peu régulier et peu distinct de ces dépôts dans le domaine paléozoique. — Contraste entre les dépôts quaternaires de la côte méridionale de la Thrace et entre ceux de la côte opposée de TAsie Blineure. — Dépôts quaternaires du littoral asiatique des Dardanelles. — Dépôts quaternaires des vallées deTHermus et du Méandre. — Résumé des résultats géologiques contenus dans cet ouvrage.
En rangeant dans le terrain miocène l'ensemble des dépôts qui constituent la zone littorale entre Constantinople et Silivri, je ne me dissimule point non -seulement le défaut de base solide pour cette classification, mais encore un autre genre de difficulté qui en résulte: c'est la ressemblance que présentent sous plusieurs rapports ces dépôts admis comme miocène avec les
dépôts qui composent le littoral opposé de la mer Noire, dépôts que je rapporte provisoirement au terrain quaternaire.
En eflfet, si les sables et conglomérats du littoral de la mer Noire , compris entre Kilia et le cap Karabouroun, paraissent être trop récents pour qu'on puisse les considérer comme contemporains des calcaires lacustres de la côte de la Propontide , en revanche rien n'exclut cette contemporanéité à l'égard de certains grès et certaines marnes non fossilifères qui figurent également sur les deux littoraux. Cependant, à côté de tant de similitudes qu'elles présentent, se manifestent de nombreuses dissemblances qui tendent à imprimer à l'ensemble du littoral en question de la mer Noire une physionomie géologique incontestablement plus récente que celle qui caractérise le littoral de la Propontide. C'est à la suite de ces considérations, dont au reste le lecteur sera à même d'apprécier la valeur, que je me suis décidé à placer provisoirement la zone littorale de la mer Noire dans le terrain quaternaire ou diluvien , tout en admettant que plusieurs des dépôts qui la composent pourraient bien n'être qu'autant d'affleurements locaux d'un terrain plus ancien (miocène? pliocène?) perçant à travers la nappe diluvienne.
La contrée occupée par le terrain quaternaire embrasse la zone littorale de la mer Noire depuis les
parages de Kilia jusqu*à ceux du cap Karabouroun; elle est limitée du côté sud par une rangée de hauteurs situées à 5 kilomètres environ de la côte, et dirigées en moyenne parallèlement à cette dernière. L'espace intermédiaire est en grande partie sillonné par les nombreuses ramifications de ces hauteurs ; en sorte qu'elles s'avancent jusqu'auprès de la mer, et n'en sont séparées que par une plage de 500 mètres à 1 kilomètre de largeur, plage qui toutefois dans son extension longitudinale, c'est-à-dire de l'est à l'ouest, a un développement d'environ 30 kilomètres.
La contrée dans les limites que je viens de tracer est assez accidentée en raison des hauteurs arrondies qui en occupent la majeure partie; de sorte que les surfaces parfaitement unies se réduisent à celles du cordon littoral, dont la nappe sablonneuse et aride contraste avec l'aspect généralement verdoyant des collines limitrophes, et présente une physionomie d'autant plus triste et désolée qu'elle est constamment jonchée d'épaves et de débris, soit qu'ils y soient amenés par les courants des régions plus éloignées de la mer Noire, soit qu'ils s'y trouvent déposés par les nombreux naufrages qui signalent chaque année cette côte inhospitalière, où souvent, même par un temps assez calme, des brouillards épais empêchent de découvrir l'entrée du Bosphore, et font échouer les bâtiments sur la plage.
Quant au régime hydrographique, il est réduit à de minces filets d'une eau plus ou moins saum&tre, dont le lit est presque complètement à sec pendant l'été.
Comme la large bande de hauteurs qui bordent le littoral depuis Kilia jusqu'à la proximité du cap Karabouroun se termine vers la plage par des surfaces dénudées qui sont autant de coupes propres à nous faire apprécier la composition de ces hauteurs, nous allons longer la plage depuis Yeni-kévi jusqu'à Kilia, en passant par Aghatchly et Yarasly, points déjà situés dans le domaine même des hauteurs dont il s'agit.
Lorsque de la colline qui porte Yeni-kévi on descend vers la mer, on voit les sables marneux rouges qui composent cette colline passer insensiblement à un sable jaune quartzeux , parfaitement semblable à celui qui revêt la plage. D'énormes masses de ce sable forment de nombreuses rangées de buttes échelonnées parallèlement à la plage , et servant pour ainsi dire de contre-forts aux hauteurs situées plus au sud. Il est probable que leur composition est la même; seulement ces hauteurs sont moins symétriquement réparties, et contrastent, par leurs surfaces plus ou moins boisées, avec la nudité et la monotonie des buttes littorales.
Près du thiflik d'Akbounar, situé à l'embouchure d'une vallée , ces buttes de sable laissent percer à leur surface de minces bandes noires de quelques centi-
mètres d'épaisseur, consistant en une espèce de lignite feuilleté, et se présentant à peu près de la manière suivante :
a Ljguite. b Sable.
De semblables affleurements de lignite sont trèsfréquents dans toute la partie du littoral comprise entre le thiflik d'Akbounar et le petit village Aghatchly. Ils varient sous le rapport de leur épaisseur, depuis 5 centimètres jusqu'à i mètre, et il en est de même des sables (6) qu'ils traversent. Généralement Jà où le lignite est intercalé dans les sables , comme le représente la figure ci-dessus, sa puissance ne dépasse guère quelques centimètres ; mais cette puissance atteint 1 décimètre et même au delà de 1 mètre, lorsque les dépôts de lignite se trouvent dans les marnes, les argiles, les grès jaunes ou rubannés, et enfin dans les calcaires marneux rouges et les calcaires siliceux noirs, roches qui constituent tour à tour le toit ou le mur des lignites, ainsi que le font voir les profils placés sur la page suivante (546) et qui se présentent le long du littoral, entre Aghatchly et les collines où se trouve le village de Yarasly.
Le plus souvent, les lignites se laissent fendre en feuillets ou en dalles. Partout où l'argile constitue le toit ou le mur des lignites, elle se trouve plus ou moins pénétrée par la substance charbonneuse, et renferme des fragments de petites tiges végétales. Là où,
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comme dans la figure 1, le lignite constitue la base de la série des dépôts, sa puissance réelle est inconnue, les exploitations n'en ayant pas encore atteint le mur, ce qui pourrait faire supposer que sur certains points les couches de lignite ont plusieurs mètres d'épaisseur.
Fig. 1.
Fig. 2.
Fig. 3.
Fig. 4.
a Lignite, b Sable, c Marnes, grès jaunes ou rubannés, calcaires marneux rouge et calcaires siliceux noirs, d Argile blanche, x Argile bleue.
Quant à l'épaisseur que présentent les lignites dans la . figure 1, elle est de 1'" 17, celle de l'argile bleue (a?) de 0'" 57, et celle des sables (b) G'» 38.
A mesure qu'on s'avance à l'est d'Akbounar, vers l'endroit où débouche sur la plage la vallée dans laquelle se trouve ce thiflik (ferme) dont l'altitude est d'environ 60 mètres, les argiles infraposées aux lignites acquièrent quelquefois un développement considérable. Les masses diversement coloriées qu'elles forment alternent souvent avec des conglomérats compactes , avec des grès jaunes panachés ou rubannés renfermant des empreintes de tiges de graminées, avec des calcaires marneux rouges et des calcaires siliceux noirs, enfin avec de minces couches de lignite. Parmi
les grès , il est une variété qui revêt une forme toute particulière ; malheureusement elle ne se présente qu'isolément ou juxtaposée aux dépôts d'argiles, de lignites, de sables, etc.; de manière qu'iJ devient fort difficile d'apprécier les relations de gisement entre toutes ces roches et les grès en question. Ceux-ci consistent en une accumulation de tubes mamelonnés , tintôt creux, tantôt d'une seule pièce, s'anastomosant entre eux, et constituant ainsi un énorme réseau à parois ou mailles tour à tour horizontales et verticales. Il est probable que ces amas stalactitiques ont été produits par des infiltrations d'eaux thermales au milieu d'une agglomération de tiges végétales; en sorte que les tubes divers représenteraient tantôt des moules internes de ces dernières, tantôt l'incrustation de leurs surfaces externes, l'intérieur ayant été emporté par les eaux à la suite de la décomposition des substances organiques.
Les grès stalactitiques forment, sur plusieurs points de la plage, des masses assez considérables, entre autres à une lieue et demie à l'est d'Akbounar, et surtout dans les parages de Kilia , ainsi que nous le verrons tout à l'heure.
A peu de distance au nord -est d'Aghatchly et au nord-ouest de Yarasly, on voit, le long de la plage, les grès stalactitiques brusquement remplacés par des masses d'argile et de marnes bleuâtres, de 1 mètre à 80 centimètres d'épaisseur, toutes chamarrées de coquilles brisées, associées à des morceaux de lignite. Parmi les i)remières, on distingue des fragments de
Vénus, iïOstrea uncinata Desli., et de plusieurs bivalves parfailement semblables à celles qu'en 1854 j'avais signalées sur la côie septentrionale de TAsie Mineure, au-dessus de Samsoun, lesquelles appartenaient presque toutes à des espèces vivant aujourd'hui dans la mer Noire*. Cette argile coquilliere repose en couches horizont;iles sur un dépôt de lignite de 70 à 80 centimètres d'épaisseur, et ce dernier recouvre une argile plastique bleuâtre sans coquilles, mais renfermant çà et là des empreintes conluses de tiges de graminées et de morceaux de lignite; tous ces dépôts, particulièrement les argiles non coquillières et les lignites, se dressent comme une corniche le long de la plage, révolue de sable jaune quartzeux très-lin.
Enlin, en suivant cette plage pour se rapprocher de Kilia, on voit des grès concrétionnés ou stalactitiques, analogues à ceux des i)arages d'Akbounar, remplacer les dé[)ôls d'argile et de lignites mentionnés précédemment. Ces grès acquièrent surtout un grand développement le long des bords de la vallée qui débouche vers le littoral, immédiatement à l'ouest de Kilia, et dont une branche s'étend jusqu'à Skombrekoï. Us forment des dépôts horizontalement stratifiés ayant une épaisseur totale de plus de 3 mètres. Toute la plage , entre Domouzderé et Kilia, est jonchée de fragments de ces grès ainsi que de lignites; il est très - probable que ces débris ne proviennent que des collines qui, à une cer-
1. Voyez mon Mémoire sur les dépôts Icrliaires et diluviens de la Cilicie et de la Cappadoce, publié dans le Bull, de la Soc, Géologique de France, î2' série, t. XI, p. 3GG.
laine distance, longent la nier, et dont la composition est masquée par les sables marins qui envahissent Tespace entre Domouzderé et Kilia.
Quant à la structure et à la composition des lignites que présentent les divers profils échelonnés depuis le cap Karabouroun jusqu'à Kilia, soit le long de la plage, soit dans Tintérieur des collines qui la bordent, elles offrent des variations assez considérables pour que Ton soit quelquefois porté à douter de leur contemporanéité, bien que les roches encaissantes soient toujours les mêmes. Ainsi, dans les dénudations que j'ai signalées en dernier lieu, et où des bandes de ligniles se trouvent infraposées à des argiles coquilliéres, les prc:mières ne présentent qu'une masse tellement compacte et homogène que, même à l'aide du microscope, il est impossible d'y découvrir les moindres traces de structure végétale ou d'un corps étranger quelconque mêlé à la substance charbonneuse d'un noir aussi foncé que celle de la houille des terrains carbonifères; tandis que dans les profils signalés plus près d'Akbounar, et surtout dans l'intérieur des collines, on voit quelquefois des lignites fendus en dalles plus ou moins considérables, à teinte brunAtre et à structure ligneuse, rappelant autant de troncs aplatis.
Le coup d'œil rapide que nous venons de jeter sur la zone littorale de la mer Noire comprise entre le cap
Karaboiiroun et KiJîa semble conduire à cette conclusion que, malgré leur similitude extérieure avec les dunes accumulées par les vents, les buttes de sable échelonnées le long de la côte et renfermant localement des dépôts de lignite n'ont point cette origine, mais se rattachent probablement à un vaste dépôt quaternaire opéré dans un milieu alternativement d'eau douce et d'eau marine ou saumâtre, et ont été immergées ensuite sous la surface de la mer Noire, dont elles n'ont surgi qu'à une époque très-récente. Il est possible que, sous le double rapport de l'origine et de Tâge, les sables littoraux de la mer Noire aient une certaine analogie avec les dunes de la côte algérienne, sur lesquelles M. Ville a publié récemment d'intéressantes observations*. Or, sur la côte d'Afrique, de môme que sur celle du Pont-Euxin, les sables se trouvent à l'état de dunes le long de la mer; mais, à mesure que ces dunes s'éloignent du littoral , elles s'affermissent et se couvrent de végétation; de plus, les sables algériens (jiinsi que probablement ceux de la mer Noire) renferment des Bulimm et Hélix fossiles; enfin, ils alternent avec des argiles et se présentent tout aussi bien audessous de ces dernières, à une certaine profondeur, qu'à la surface du sol. Ce sont ces considérations (dont plusieurs sont parfaitement applicables aux sables de la mer Noire) qui ont déterminé M. Ville à placer les
1. Comptes rend tes des séances de l'Académie des sciences, t. LVI, i" semestre, p. ZiZiO, Noie sur fa constitution géologique des dîmes du ZahriS'Iiharbi et Chergui et du Sahara algérien.
sables algériens dans les terrains quaternaires, c'està-dire dans le terrain saharien ou pliocène supérieur.
La côte septentrionale de la presqu'île de Thrace parait être la seule région des contrées du Bosphore où le terrain quaternaire s'étende sur un espace considérable, en nappe presque continue. En revanche, des dépôts de matières détritiques, probablement d'origine diluvienne, se présentent sur plusieurs autres points de ces contrées, et en masquent çà et là la charpente solide, c'est-à-dire les roches éruptives, paléozoïques et tertiaires.
Ainsi, en parlant des terrains miocènes d'origine lacustre, j'ai signalé (p. 532) les dépôts puissants de sable régulièrement stratifiés qui recouvrent les calcaires à Cyrènes de Makrikoï. Des dépôts semblables, mais n'oflfrant pas toujours des caractères stratigraphiques bien distincts , masquent sur plusieurs points le domaine lacustre miocène, comme, par exemple, entre Adjebourgaz et Mouha, où, près de ce dernier village, ils laissent percer les calcaires d'eau douce.
Quant au domaine paléozoïque, les roches qui le constituent donnent lieu à des masses désagrégées tellement considérables, que souvent il devient impossible de décider si elles ont été formées sur place, ou bien
amenées par les eaux; en sorte que Ton ne peut, avec un certain degré de certitude, leur assigner cette dernière origine que lorsqu'elles se présentent à l'état de dépôts stratifiés renfermant des galets arrondis, ce qui malheureusement n'a lieu que rarement. Ainsi, à 5 kilomètres environ à l'es^^e Bogaz-kévî, et à 2 kilomètres au nord-ouest de Petinokhorîo , les calcaires et thonsclîiefcrs devoniens disparaissent complètement sous des dépôts très-puissants d'argile et de sable diversement coloriés , renfermant des galets arrondis et souvent disposés en couches horizontales. Ils continuent à revêtir la contrée tout autour de Pyrgos, et ne perdent leur caractère diluvien qu'à 3 kilomètres environ au nord-est de ce dernier village; car, à mesure qu'ils pénètrent dans la forêt de Belgrade, non- seulement ils deviennent beaucoup moins puissants et laissent percer les calcaires devoniens, mais encore ils ne forment plus de masses stratifiées et ne renferment que des galets à arêtes tranchantes; en sorte que tout leur imprime le cachet de dépôts formés sur place par la désagrégation de la roche sous-jacente. D'ailleurs, si les éléments fragmentaires empruntés à cette dernière se trouvent quelquefois légèrement roulés et répandus en grand nombre à la surface du sol, cela peut avoir été le résulUit de l'action des eaux atmosphériques, acMon qui s'exerce d'une manière très-prononcée dans tous les environs de Constantinople , où l'on peut fréquemment constater des phénomènes d'éboulements et d'érosions se produisant sous nos yeux, de manière que des sentiers parfaitement praticables se
trouvent tout à coup remplacés par des ravins profonds qui modifient plus ou moins les lignes habituelles de communication.
De même, la disposition en couches régulières et les formes arrondies des galets qu'elles renferment, semblent devoir assigner une origine diluvienne aux dépôts de sable quarlzeux et dargiles diversement coloriés qui revêtent plusieurs points de la partie supérieure de la vallée de Hounkiar-Iskelessi (côte d'Asie), entre autres dans les parages de Dereseki; ces dépôts renferment des galets arrondis de quartz, et, bien que moins fréquemment, de calcaire et de thonschiefer, ce qui prouverait qu'ils ont été particulièrement empruntés à la roche sous-jacente qui, en. effet, est composée de quartz. C'est encore au milieu de dépôts probablement diluviens que se trouve le gros village grec d'Arnaoutkoï (côte d'Asie).
YI.
Sous le rapport de leur répartition, les dépôts quaternaires de la presqu'île de Thrace présentent un contraste assez prononcé avec ceux du continent anatolique limitrophe , contraste qu'il ne serait pas déplacé de signaler ici , bien que cette partie du continent anatoiique se trouve en dehors du cadre de mon ouvrage, ainsi que de la carte qui l'accompagne.
Tandis que les dépôts quaternaires se trouvent con-
centrés le long du littoral septentrional de la presqu'île de Thrace, et que le littoral méridional de celleci, depuis Constantinople jusqu'à l'extrémité du bord européen du détroit des Dardanelles, n'est presque exclusivement occupé que par le terrain miocène lacustre, sans que les dépôts diluviens y figurent autrement que sous la forme de petits lambeaux isolés ou de bandes côtières comparativement très-minces, ces dépôts sont au contraire largement développés sur plusieurs points des côtes asiatiques de la mer de Marmara et du détroit des Dardanelles. Je me contenterai seulement de mentionner les parages de Tchanak-Kalessi et ceux de Lapsaki, parceque, ainsi que nous allons le voir, les dépôts quaternaires y rappellent plusieurs des particularités qui caractérisent ceux de la côte septentrionale de la presqu'île de Thrace.
La côte asiatique du détroit des Dardanelles sur laquelle se trouve Tchanak-Kalessi est composée , comme la côte d'Europe, de puissants dépôts calcaires horizontalement stratifiés, et qui, malgré les fossiles peu caractéristiques qu'ils renferment ( presque exclusivement des moules d'<7nto), peuvent néanmoins, avec beaucoup de vraisemblance, être considérés comme se rattachant intimement aux dépôts miocènes lacustres