‹ Le Bosphore et Constantinople avec perspectives des pays limitrophesChapitre 21 sur 179 · Hammer, loc, cit,^ vol. I, p · texte numérisé non relu

Hammer, loc, cit,^ vol. I, p

Par ce moyen, Teau perd son impulsion initiale et ne conserve que celle qui lui est communiquée par l'inclinaison des plans qu'elle a à parcourir après cette interruption locale, sauf à en subir de nouvelles quand l'impulsion aura repris trop de force. On voit que ce système très -simple réalise parfaitement le but que s'étaient proposé les ingénieurs turcs, en obviant à des inconvénients qui, alors, avaient beaucoup de gravité, tandis que, dans l'état actuel de la science, on n'a plus h s'en préoccuper, non-seulement parce que l'on est parvenu à donner aux conduits une solidité capable de résister à toutes les pressions éventuelles, mais encore parce que les systèmes hydrauliques d'aujourd'hui ont trouvé des ressources et des agents nouveaux qui combattent victorieusement mille obstacles considérés jadis comme invincibles, ou que l'on ne savait éloigner que par des procédés surannés, comme entre autres à l'aide d'aqueducs, dont l'usage est presque complètement abandonné. Cependant , malgré le peu d'opportunité qu'aurait l'emploi des piliers turcs dans nos constructions hydrauliques modernes, ils offrent l'incontestable avantage de faciliter, plus que les conduits non interrompus, le curage des canaux souterrains.

Au reste, quelles que soient les modifications que l'on puisse faire subir au système hydraulique de Con-

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staiitinople, afin de Télever au niveau des principes de la science moderne, elles ne sauraient remédier à deux défauts inhérents à ce système, savoir : celui de faire dépendre des phénomènes atmosphériques plus ou moins variables l'alimentation d'une vaste cité, et celui de ne pas pouvoir proportionner à la marche ascendante de la population des ressources renfermées nécessairement dans des limites invariables. En effet, les réservoirs étant particulièrement alimentés par les pluies sont loin de répondre aux besoins ordinaires pendant des années très-sèches, et, d'un autre côté, quelque abondants que soient les contingents atmosphériques, ils ne peuvent jamais dépasser un maximum qui deviendra de plus en plus insuffisant, à mesure que le chiffre de la population ira croissant. Il est donc évident que le jour approche où il sera de toute nécessité de combler le vide menaçant et d'ajouter au système de réservoirs un autre système , soit en faisant usage de puits artésiens, soit en allant puiser dans un des grands cours d'eau les plus rapprochés de Constantinople, par exemple, dans la Maritza, dont les affluents les moins éloignés sont encore à environ vingt- cinq lieues de la capitale. Malheureusement, il n'est pas impossible qu'à une certaine époque difficile à préciser on ne se voie forcé de recourir à ce dernier expédient d'une exécution aussi dispendieuse que longue et difficile ; car, pour ce qui est des puits artésiens, les considérations puisées dans la constitution géologique du Bosphore ne sont guère de nature à favoriser des pronostics très-rassurants, parce que les

roches argileuses ne paraissent y former nulle part des dépôts continus, mais se trouvent constamment associées à des grés, des calcaires ou des conglomérats plus ou moins perméables aux eaux; et comme tous les environs de Constantinople n'appartiennent qu'à une seule et môme formation très- puissante, il n'y a guère de motifs pour admettre qu'à une certaine profondeur l'élément argileux soit développé avec plus de régularité et de constance qu'il ne l'est dans les parties mises au jour. D'ailleurs , les nombreuses failles, fractures et perturbations de tout genre qui caractérisent éminemment les dépôts de cette contrée , contribuent à diminuer les chances d'y trouver les conditions favorables à la formation de nappes d'eau souterraines capables d'ôtre amenées à la surface par des forages de puits artésiens.

La digression que nous venons de faire sur le système hydraulique de Constantinople, digression intimement liée à l'étude de l'hydrographie du Bosphore, puisque ce système artificiel n'est qu'une conséquence directe du régime naturel de ses cours d'eau , termine ce que le cadre rétréci de ce ti'avail a pu nous permettre de dire relativement au relief des pays qui nous occupent, c'est-à-dire sur la configuration de leurs côtes et la distribution des montagnes , des vallées et des cours d'eau. Nous pourrions, en conséquence , passer à l'examen des traits les plus caractéristiques que présente cette contrée sous les rapports des règnes organiques et du climat. Cependant, avant d'aborder ces questions, il nous reste encore à jeter

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un coup d'œilsur les lies situées à proximité des continents dont nous avons retracé la topographie. C'est ce que nous allons faire dans le chapitre suivant.

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