‹ Le Bosphore et Constantinople avec perspectives des pays limitrophesChapitre 31 sur 179 · De Osientis, p · texte numérisé non relu

De Osientis, p

pour eux de symptômes quelconques d'hydrophobie.

Le célèbre médecin arabe, Ibn-al-Djazar-Abu- Djafar, nous a laissé, entre autres ouvrages, un traité sur r hydrophobie S où la diagnose du chien enragé et de l'homme mordu par ce dernier est formulée avec beaucoup de précision, ainsi que les remèdes prescrits dans ce cas , bien qu'à l'exception de la cautérisation ils soient complètement inusités aujourd'hui 2. Mais ici encore cette affection est traitée sous le point de vue exclusivement médical , sans nous permettre d'apprécier son extension dans les contrées qui composent actuellement l'empire ottoman.

Tous ces témoignages prouvent que les auteurs anciens et orientaux ne disent rien qui puisse faire supposer que de leur temps l'hydrophobie fût connue ou du moins fréquente en Syrie , en Asie Mineure , en Egj'pte ou en Roumélie, et que, de plus, la manière

i. Études sur Abu - Djafar, traduit par J. Dugat. (Journal asiatique, cinquième série , t. H , p. 293-355. )

2. Il est surprenant qu'Abu- Djafar, qui connaissait parfaitement rÉgypte et les contrées limitrophes, n'ait jamais cité parmi les remèdes préconisés contre la morsjre des chiens enragés une cucurbitacée qui, selon M. Uochet d'Héricourt, paraît être aujourd'hui d'un usage général en Abyssinie. Il est vrai que les expériences faites dans les hôpitaux de Paris avec la racine de cette plante {Cucumis abyssinica) rapportée par M. Rochet d'Héricourt, n'ont point justifié sa grande réputation locale. {Comptes rendus de V Académie des sciences, t. XXXIII, p. 229. ) Cependant le fait même de cette réputation ne saurait être mis en doute, puisqu'il est constaté par un savant respectable, dont les travaux sur l'Abyssinie sont justement appréciés. Dans les recettes que nous ont laissées tant Abu -Djafar lui-même que Dioscoride et Galien, on voit figurer des plantes de familles très-diverses, mais aucune n'appartient à celle des Cucurbitacées.

dont ils s'expriment à l'égard de cette affection semblerait indiquer qu'en général elle n'avait point aloi'S la gravité qu'elle possède aujourd'hui. Cette dernière circonstance expliquerait l'émotion très -vive avec laquelle l'hydrophobie a été signalée par les auteurs contemporains à la fin du xvii* siècle ^, sans qu'il paraisse cependant que l'invasion du fléau se fût étendue au delà de l'Europe ; car la prérogative accordée aux provinces ottomanes est demeurée intacte , prérogative d'autant plus surprenante qu'elle n'appartient point également à toutes les parties de l'Orient, puisque Aucher Eloy assure que , dans la province persane de Ghilan, l'hydrophobie est très-commune parmi les chiens ^.

La deuxième espèce du genre chien que nous avons à signaler est le chacal {Canis aureus). Cette espèce est très-caractéristique pour l'Orient en général, où le chacal s'associe pour ainsi dire à toutes les réminiscences journalières , car le voyageur ne peut se retracer le souvenir de presque aucun de ses campements, sans croire entendre vibrer dans ses oreilles les cris lugubres et aigus de ces infatigables rôdeurs nocturnes. A peine le soleil disparaît-il de l'horizon, que

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