‹ Le Bosphore et Constantinople avec perspectives des pays limitrophesChapitre 32 sur 179 · Relation d*un voyage en Orient, seconde partie, p. /il · texte numérisé non relu

Relation d*un voyage en Orient, seconde partie, p. /il

toute la contrée retentit de leurs glapissements, auxquels répondent, comme un feu roulant, tous les chiens des villages environnants. Cependant le chacal ne s'approche jamais de l'homme que lorsqu'il croit ne pas en être vu, et que pour lui dérober furtivement tout ce qu'il peut trouver et emporter avec une rapidité extrême ; aussi rien de plus difficile que de l'atteindre d'un coup de fusil; il n'est pour ainsi dire connu du voyageur que par l'adresse qu'il met à l'éviter.

Cet animal, qui parait étranger à l'Europe, est plus ou moins rare dans la péninsule hellénique, ainsi que dans la Thrace et les provinces danubiennes. Les environs de Galatz, qui pendant l'hiver abondent en loups, n'offrent que très-peu de chacals. Au xvi'' siècle, le chacal était un animal inconnu à la majorité des zoologistes; Pierre Belon en parle comme d'une bête extrêmement curieuse, dont il décrit les mœurs avec cette naïveté biblique qui donne quelquefois un grand charme aux narrations du célèbre naturaliste manceau. Le passage qui se rapporte à cet animal réunit ces qualités à un si haut degré , que je ne puis résister au plaisir de le transcrire ici en entier : « 11 y a, dit Belon*, une manière de petits loups par la Cilicie et aussi généralement par toute Asie, qui emporte et dérobe tout ce qu'il peut trouver des bardes de ceux qui dorment l'esté hor du carabachara 2. C'est une

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