Observ, des singul., 1. 11, c. 108, p
2. Cest ainsi que sont nommés les karavansaraï par Belon, qui, pour Torthographe des noms orientaux, laisse bien loin derrière lui nos voyageurs modernes les moins scrupuleux.
beste entre loup et chien duquel plusieurs autheurs anciens grecs et arabes ont fait mention. Les Grecs le nomment squilachi et croirions que c'est luy que les autheurs grecs ont nommé chryseos, c'est-à-dire aureus lupus. Il est si larron, qu'il vient la nuict jusques aux gens qui dorment et emporte ce qu'il peut trouver come chapeaux , bottes , brides , souliers et autres bardes. Cet animal n'est guère moins grand qu'un loup, et quand il est nuict close, il abboye come un chien. Il ne va jamais seul, mais en côpagnie, jusques à estre quelquefois deux cents en sa trouppe, tellement qu'il n'y a rien plus fréquent par Cilicie. Pourquoy allant en côpagnie font un cry l'un après l'autre come un chien quand il dit hau, hau. Nous les oyions abboyer toutes les nuicts. Il est de moult belle couleur jaune. »> Le nom de chacal est persan. Il est probable que l'espèce de loup que décrivent Aristote et Pline, sous le nom de Thos^ est identique au chacal. La Bible le mentionne sous le nom très -caractéristique d'/w, qui en hébreu signifie hurlement, cri aigu; et c'est dans le môme sens que les Arabes l'appellent Ebn-avi (avi, probablement Viu corrompu des Hébreux), c'est-à-dire fils ou enfant du hurlement.
A l'exception du mouton à grosse queue qui, à Constantinople comme dans les contrées limitrophes de la
Thrace et de la Bithynie, conserve, pour le goût exquis de sa chair, la juste réputation dont jouit le mouton de l'Orient, bien supérieur à tous ses congénères de l'Europe, sans en excepter même celui de l'Angleterre, le reste des animaux domestiques n'offre absolument rien de remarquable , si ce n'est par les souvenirs historiques qui se rattachent à quelques espèces complètement négligées aujourd'hui, souvenirs sur lesquels je crois devoir d'autant plus insister, que le présent offre moins d'intérêt; car c'est précisément le privilège de l'Orient de nous offrir sans cesse les réminiscences d'un passé prestigieux ou les espérances d'un avenir réparateur, pour nous faire pardonner et en quelque sorte oublier les tristesses et les réalités actuelles.
L'art de l'élevage . des bestiaux est encore si peu connu dans ces contrées, que non- seulement on n'y a aucun soin d'ennoblir les races indigènes par l'introduction de reproducteurs étrangers, mais que même on néglige le développement de certains beaux types que possèdent les vastes provinces de l'empire, comme entre autres la célèbre chèvre d'Angora, probablement destinée à être acclimatée en Europe, avant que l'on ait eu la pensée de s'en occuper sérieusement dans la capitale dont relève la région où cette magnifique espèce existe pour ainsi dire à l'état de monopole. Aussi, comme, grâce à la Société impériale d'acclimatation, la chèvre d'Angora est depuis quelque temps devenue en France l'objet d'un intérêt général, je crois faire une chose agréable au lecteur en reproduisant ici les considérations que j'avais publiées sur ce bel ani-
mal dans un ouvrage peu accessible à la majorité des lecteurs, à cause de sa nature exclusivement scientifique et surtout de son prix élevé. Cest de cet ouvrage que j'extraierai l'étude historique sur la chèvre d'Angora, qui fera l'objet du chapitre suivant.