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2. Braudt, Burde uiid Wingeinaii, Abbildim;/ and best'krcibungtm mcrkwiirdigcr Swayelhierr , I, taf. i.
108 LE BOSPHORK
La chèvre d'Angora ne réclame aucun soin particulier. Lorsque l'hiver est doux, elle reste toute Tannée en plein air; ce n'est qu'à 10 ou 15 degrés au-dessous (le zéro qu'on la parque dans de mauvaises élables, où elle ne reçoit pour toute nourriture que de l'herbe sèche, qui est bien loin d'avoir subi les procédés de dessiccation qu'on a soin d'observer dans la préparation de nos fourrages d'hiver. Bien que ce précieux animal soit rarement sacrifié aux besoins de la boucherie, j'ai (»u l'occasion de m'assurer que sa chair est plus délicate et plus savoureuse que celle de la chèvre commune; mais, d'un autre côté, on lire moins do lait de la chèvre d'Angora que de celte dernière. L'usage de l'eau stagnante, le séjour dans les étables complètement fermées, sont, avec le changement de climat, les seules influences qui lui soient réellement pernicieuses. Dans les hivers très-froids , il n'est [>as toujours aisé de concilier dans les étables l'aérage nécessaire à ces chèvres avec les soins exigés par la rigueur de la température. 11 y a là un problème que les ignorantes populations de TAsie Mineure Ji'ont point encore su résoudre, mais qui ji'arrèterait pas longtemps Tinduslrie européenne. Les hivers rigoureux enlèvent prescpie toujours un assez ^Tand nombre de chèvres, qu'on hiisse languir dans des élablf^s (iépoiH'vuf^s d(^ lonU» loituro. Quand les p(M*lcs
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devieniienl considérables, on les répare en faisant saillir les chèvres d'Angora par des boucs communs , ce qui donne pour résultat direct des chèvres un peu abâtardies, mais qui reprennent leur pureté primitive à la troisième génération.
La région habitée par la chèvre d'Angora de pur sang ne contient que de quatre h cinq cent mille sujets, chifTre comparativement minime, et que d'habiles éleveurs décupleraient aisément. C'est en hiver que la laine acquiert le plus de finesse et de brillant. I^ tonte se fait au mois d'avril à Taide des procédés usités en Europe. Toutefois, Eviiya-Effendi nous apprend que de son temps on recueillait la laine par une opération toute différente et singulièrement barbare; car le voyageur ottoman observe que, l'expérience ayant démontré la supériorité de la laine arrachée à la main sur celle coupée avec des ciseaux, les indigènes avaient adopté le premier procédé. « Les pauvres bétes, dit-il ^ poussent des cris lamentables pendant toute la durée de la terrible opération, dont on cherche à diminuer la douleur en lavant la peau avec un mélange de chaux et de cendre. » Pierre Belon, qui visita l'Asie Mineure bien avant Evliya, rapporte déjà la même chose 2. Au reste, un passage curieux de Varron^ prouve que ce singulier usage remonte à une haute antiquité, car l'agronome romain dit que la laine fraîchement coupée s'appelle