De lie ruslica, 1. ii
2. Cette singulière doctrine, professée par Pline ( Hist. nat,^ 1. xxviii, 10), Florentinus (Geoponica, 1. xviii, 19) et beaucoup d*autres auteurs grecs ou romains, paraît s'être maintenue jusqu'à une époque voisine de la nôtre , car le célèbre Gessner rapporte fort sérieusement Tanecdote suivante : « A Nîmes, un enfant, dont tous les parents avaient été enlevés par la peste, de 1629, fut allaité par une chèvre, ce qui lui fit contracter des affections fébriles dont il ne put se débarrasser de toute sa vie. » Il est curieux de voir que dans plusieurs régions de TOrient, et surtout en Asie Mineure, une opinion diamétralement opposée & celle des anciens prévaut aujourd'hui à l'égard de la chèvre : car j'ai plu3 d'une fois eu l'occasion d'observer que les Turcs, les Arméniens et les Grecs attribuent une vertu fébrifuge au lait de la chèvre, et que, pour couper les accès de fièvre intermittente, maladie si répandue dans ces contrées, ils avalent de fortes doses de lait caillé, connu sous le nom de yaourt, en y ajoutant quelquefois de l'ail.