Uist, anim., 1. i
cités dans les Geoponica, prête à la chèvre une nature extrêmement frileuse. Or, c'est précisément aux chèvres à laine fine que ce trait est le moins applicable, car elles habitent presque toutes des contrées plus ou moins exposées à une température hivernale très -basse, témoin la chèvre d'Angora, et bien plus encore celle du Thibet^, dont la station, selon M. de Humboldt^, s'élève à l'extraordinaire altitude de plus de 3,182 mètres, et par conséquent à une hauteur inférieure d'environ 140 mètres seulement de celle du sommet de l'Etna.
Au reste si, comme nous l'avons vu, aucun des auteurs anciens ne range la Galatie (Phrygie) au nombre des pays les plus connus dans l'antiquité pour l'élevage de la chèvre en général, Varron peut être considéré comme le seul qui mentionne la région habitée aujourd'hui par la race d'Angora. Cependant rien , dans son ouvrage, ne fait allusion à une laine remarquable par sa finesse; tout au contraire, après avoir observé qu'on avait l'habitude de tondre la chèvre en Phrygie, il ajoute que les tissus qu'on y faisait de cette laine por-
1. La laine de la chèvre du Thibet était, dès les temps les plus reculés, l'objet d'un commerce étendu. Ainsi, dans son classique ouvrage sur l'état commercial et industriel des peuples do Tantiquité, Heeren {ïdeen^ etc., Iter Thail, Phœnezier, p. 215) dit que les Babyloniens tiraient du Cachemire des étoffcîs de laine teintes en cochenille, et que la Syrie et l'Arabie fournissaient aux Phéniciens des laines également très-estimées. Or, si la race d'Angora avait existé dans un pays aussi civilisé et aussi fréquenté que l'était à cette époque l'Asie Mineure, on l'aurait, dans tous les cas, mentionnée, et on se serait même peut-être dispensé d'aller chercher une laine semblabhi dans les contré.'s lointaines de l'Asie centrale.