Loc. cil
3. Cependant Columelle dit {de lîe ruslica, 1. vi, 1) que la Campagna d'aujourd'hui produisait des bœufs blancs.
ti. Il est curieux d'observer que la race des bêtes à cornes trèsgrandes, race aujourd'hui caractéristique pour toute la campagna de Rome, ne se trouve reproduite sur aucun des monuments qui ont été recueillis en si grand nombre dans les ruines^^de cotte ville, tandis que la statue équestre de Marc-Aurèlc nous donne le portrait vivant du vrai cheval romain tel qu'il existe de nos jours. Cependant la Sala di animali du Vatican offre beaucoup d'exemplaires de taureaux et de vaches, mais rien n'y indique la race bovine actuelle de Rome; au contraire, plusieurs très -beaux ouvrages de cette collection reproduisent les formes sveltes du corps ainsi que la tête et les cornes, comparativement petites, qui rappellent plutôt la race de l' Egypte que celle de Rome, de Sicile ou de Hongrie, toutes fort remarquables par le développement de leurs cornes. Il est donc probable que l'introduction de ces races dans les pays dont il s'agit, eut lieu postérieurement à l'époque des Romains. Le seul pays de l'Europe où les auteurs anciens mentionnent une race à grandes cornes est la Macédoine; Hérodote (1. VII, 126) y signale des bœufs sauvages à cornes gigantesques mais ce qui prouve qu'ils n'y étaient pas communs, c'est que l'historien ajoute qu'on recueillait ces cornes pour les envoyer en Grèce. D'ail-
Aristote* prétend que les vaches d'Épire étaient d'une stature tellement élevée, qu'il fallait se lenir debout pour les traire. Char/ue mamelle de ces gigantesques animaux donnait un (jnadranlal de lait, c'est-.V dire plus de vingt-six litres, ce qui ferait supposer qu'une seule vache fournissait par jour au delà de cent litres , et conséquemment plus de trente mille litres par an; or, la moyenne du produit annuel obtenu des plus belles vaches d'Angleterre n'est que de trois mille litres 2! — iElien^ et Pline ^ vantent également les magnifiques races de TÉpire, sans cependant reproduire les exagérations d'Aristote, exagérations qui prouvent cependant combien étaient jadis célèbres pour la supériorité de leur race bovine certaines parties de la Turquie d'Europe, nullement remarquables aujourd'hui sous ce rapport.
Quant aux régions classiques qui composent les
leurs, le roi Philippe, père d'Alexandre le Grand, fit placer comme un objet de curiosité, dans le temple d'Hercule, nn crâne de cet animal armé de ses cornes, ce que ce prince n'eût point fait si de semblables objets avaient été communs dans ses États Parmi les contrées en dehors de l'Europe, c'est en Libye qu'Hérodote (1. iv, 186) signale des taureaux à cornes remarquablement développées : il nous apprend que sur l'oasis habitée par les Garamantes et située à l'oujst de celle où se trouvait le célèbre temple de Jupiter Ammon, on voyait des bœufs ayant leurs cornes recourbées en avant et si longues, qu'ils étaient forcés de marcher à reculons, parce cjuc, en portant sur la terre quand ils baissaient leur front, ces monstrueuses armures les empêchaient de marcher en avant.