Hist. animal,, 1. xii
Û. Hisl.^ nal., I. vin, 69.
provinces asiatiques de l'empire ottoman, la race bovine ne parait guère y avoir jamais joué un rôle bien saillant, car les agronomes grecs et romains ne mentionnent point ces régions dans les nombreux écrits qu'ils ont consacrés à la race bovine *. 11 est vrai que Strabon^ signale la ville de Bilhynium comme célèbre par ses fromages; mais il ne nous fait pas connaître ranimai qui fournissait le lait employé à leur confection. Or, aujourd'hui on en fait beaucoup en Asie Mineure, mais ils sont presque tous de lait de mouton ou de chèvre, et tous plus ou moins mauvais. Au reste, déjà chez les anciens le lait de ces deux ruminants paraît avoir été plus généralement estimé que celui de la vache. Varron place au premier rang le laitage fourni par le mouton et la chèvre, et Virgile, ainsi que Columelle, en traitant des animaux domestiques lac-
1. Columelle consacre tout le livre vi de son ouvrage à Télevage du taureau, qu'il déclare être Tanimal le plus important dans Téconomie rurale. Il discute longuement le régime alimentaire le plus convenable à ce ruminant, et recommande plus d'une fois l'usage du vin comme confortatif , genre de breuvage auquel le bœuf ne pourrait guère avoir droit chez les mahométans, où Thomme même n'ose y prétendre. Varron {de Re rusl,, 1. i, 17) place le bœuf à côté de l'esclave, en admettant, pour les instruments aratoires, la singulière division en trois classes : la première embrasse les inslrumenls doués de voix, genus vocale, et est représentée par l'esclave ou l'ouvrier; la seconde, appelée semi-vocale, comprend le bœuf; la troisième, désignée par l'épithète de muette, genus mutum, se rapporte aux appareils aratoires non animés, comme charrue, bêche, faucille, etc. Il est bien heureux pour notre siècle que nous puissions aimer tout autant que les anciens l'agriculture et les animaux domestiques, sans pour cela considérer le laboureur comme étant synonyme du bœuf, de la charrue, des futailles et des paniers.