De Bel. VandaL, 1. i, 8, et
le cheval y sont tellement habitués à se voir et à se trouver ensemble , que l'un ne produit sur l'autre aucune impression de répugnance, pas plus que la vue d'un chien ou d'une chèvre. Non -seulement les deux espèces y paissent dans les mêmes pâturages, mais encore ai- je eu maintes occasions de voir mes propres chevaux attachés pêle-mêle au milieu d'une caravane de chameaux , et pendant toute une nuit demeurer côte à côte avec leurs hideux confrères, plus tranquilles qu'ils ne se seraient tenus s'ils avaient été aussi rapprochés entre eux. Ceci est trop en contradiction avec l'antipathie que ces quadrupèdes manifestaient jadis l'un contre l'autre , pour qu'on ne doive pas en conclure qu'en Asie Mineure le chameau n'est devenu un animal très-répandu qu'à une époque comparativement récente et peut-être postérieure au xii* siècle ; il est probable que l'immigration de la race turque a puissamment contribué à l'y familiariser à un tel point avec les autres animaux domestiques, qu'il a fini par se placer sur la même ligne qu'eux.
En définitive, ce que nous dirons sur l'histoire du cheval en Asie Mineure explique l'extension tardive du chameau dans cette péninsule. Dans l'antiquité, et môme au commencement du moyen âge , le cheval joua
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un rôle considérable chez les habitants de cette contrée; mais à mesure que celle-ci subit les effets destructeurs des administrations des empereurs de Rome et de Byzance, l'élevage de cet animal perdit de son importance, et rimmigration des tribus turques, en apportant avec elle les éléments d'un peuple pasteur, aura fini par substituer la race ovine (différente de celle qui y existait) et le chameau à la race chevaline, ou du moins par rejeter cette dernière dans une place secondaire. C'est ce que nous voyons aujourd'hui. D'ailleurs, ce qui démontre que dans l'antiquité le chameau ne joua jamais en Asie Mineure un rôle important, c'est que tandis que, chez plusieurs peuples de l'Orient, il avait une destination militaire*, il n'est nullement prouvé qu'il l'ait eue chez les Anatoliens 2, et si nous voyons les Romains se servir quelquefois des chameaux, c'était pour les opposer à ceux qui se trouvaient dans l'armée des princes contre lesquels ils avaient à lutter. En effet, il semble que ce soit une des destinations providentielles de cet infortuné
1. Voyez rintéressant et savant travail de M. Jomard, intitulé le Régiment des dromadaires à U armée d'Orient.
2. M. Dureau de La Malle {Paléorcét, des ancietis, p. 207) fait une observation semblable à Tégard de TÉgypte, où Tusage du chameau à la guerre n'aura probablement été introduit qu'à une époque comparativement récente, et dans tous les cas postérieure à celle où le cheval y remplissait un rôle très-important; Tingénieuse observation de l'illustre savant est fondée sur l'absence complète de la figure du chameau dans les nombreux bas-reliefs de Thèbes représentant l'armée égyptienne, tandis que le cheval y est reproduit constamment , soit comme animal de guerre, soit comme bête de somme, et que l'àne y apparaît également en cette dernière qualité.
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pays que de fournir une arène à tous les massacres, à tous les bouleversements, destination qui pourrait bien n'avoir pas encore complètement cessé au xix** siècle.