‹ Le Bosphore et Constantinople avec perspectives des pays limitrophesChapitre 61 sur 179 · Iliade, c. xi , v. Ixhlx · texte numérisé non relu

Iliade, c. xi , v. Ixhlx

A. Diomède fit attacher les chevaux qu'il avait enlevés à Rhésus, à la crèche où ses propres chevaux mangeaient du frotnent. {Iliade, c. x, V. 569.)

5. Partout où Homère a eu l'occasion de mentionner des transports de charges ou de bagages, il parle toujours de bœufs ou de mulets, mais jamais de chevaux ; ainsi lorsqu'il s'agissait de réunir une grande quantité de bois pour la construction du gigantesque bûcher sur lequel devaient être consumées les dépouilles mortelles d'Hector : « Les Troyens s'empressèrent aussitôt d'atteler aux voitures des bœufs et des mulets, et pendant neuf jours ne cessèrent de charrier une prodigieuse quantité de bois » {Iliade, c. xxiv, v. 781). De même il est probable que du temps d'Homère le cheval ne figurait point dans les travaux des champs, car le poète observe {Iliade, c, x, v. 381) que le mulet est plus propre à tirer la charrue que le bœuf; ce dernier ruminant était donc pour Homère le seul et unique terme de comparaison parmi les animaux employés aux services agricoles. L'usage presque exclusif des

n'avaient pas l'habitude de combattre à cheval, mais seulement dans leurs chars, que d'ailleurs ils quittaient presque toujours au moment d'en venir aux mains avec l'ennemi ; ils n'y remontaient que lorsque la lutte étail terminée ou qu'ils étaient blessés^. Les nombreux témoignages puisés dans Homère prouvent donc que l'Asie Mineure et la Thrace étaient déjà célèbres par leurs chevaux à une époque antérieure de plus de deux siècles à celle où vivait le prophète Isaïe, une des plus anciennes autorités qui aient signalé parmi les Hébreux l'usage des chevaux. De plus, si, comme le pense avec beaucoup de raison M. Dureau de La Malle (voir sa Paléorcélique) , plusieurs scènes de combat figurées sur les bas -reliefs de Thèbes représentent les peuples du Pont et de la Colchide luttant contre les Égyptiens, il s'ensuivrait que les peuples asiatiques se sont servis de cavalerie avant qu'elle eût été connue chez aucun peuple , à l'exception des Egyptiens.

Maintenant, si nous quittons l'ère troyenne à laquelle remontent les témoignagnes du père de l'épopée, pour nous transporter dans les siècles qu'embrassent les grands historiens grecs, nous trouverons que l'éle-

bœufs, mulets et ânes, dans les opérations de ragriculture, semble s'être également conservé chez les Romains, car Caton {de Re rusl.^ c. Liv ) ne parle pas du cheval pour ce genre de travaux ; il en est de même de Varron {de AgricuL, 1. i, 22).

1. Ainsi Agamemnon et Hector, ayant été blessés, remontent dans leur char qui les ramène au camp troyen ; de même Nestor fait entrer dans son char Machaon atteint par les traits de Tennemi {Iliade, c. xi, V. 517).

ET CONSTANTINOPLK. 155

vage et Fusage du cheval étaient déjà très-répandus en Asie Mineure, alors que Tun et l'autre ne se pratiquaient encore ni en Perse ni en Arabie. En effet, Xénophon* dit : « En Perse 2, où, à cause de la constitution montagneuse de la contrée, Télevage et l'usage des chevaux offrent de grandes difficultés, rien n'est plus rare que de voir cet animal. » Aussi nous apprend-il que, lorsque le jeune Cyrus vint visiter son grand-père Astyagès, roi de Médie, il fut tout heureux de se voir placé sur un cheval et d'apprendre l'équitation, art qui, selon Xénophon, était aussi inconnu en Perse qu'il se trouvait habilement pratiqué en Médie. Devenu souverain , Cyrus s'efforça d'introduire et de perfectionner en Perse l'élevage des chevaux et de doter son armée d'une bonne cavalerie. Cependant, lorsqu'il se transporta en Asie Mineure pour combattre Crésus, roi de Lydie, il s'aperçut de la supériorité qu'avait sur la sienne celle de ce prince, et il recourut à un stratagème* pour neutraliser les avantages de son adversaire : reléguant la cavalerie persane à la queue de son armée, il plaça au front tous ses chameaux, dont l'aspect inaccoutumé jeta le désordre ])armi les Lydiens. Hérodote^

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