‹ Le Bosphore et Constantinople avec perspectives des pays limitrophesChapitre 77 sur 179 · Ibid., 1. 1 , 6-2à · texte numérisé non relu

Ibid., 1. 1 , 6-2à

3. Le climat rigoureux de la Thrace 41e constitue point un argument contre la présence du lion dans cette contrée, car M. Aucher- Éloy ( Relat. d'un voyage en Asie, ii» partie , p. 632 ) a rencontré des lions en Perse, sur le mont Zardaku, tout près des limites des neiges éternelles, et M. de Hammer (Gesch, der Ilkhane, v. I, p. 90) rapporte que lorsque Hulaghu, fondateur de la dynastie mongole en Perse, organisa le 10 janvier (de Tannée 1256) une grande chasse sur le plateau qui s'élève entre TOxus et la ville de Balk, il n'y tua pas moins de .dix lions; or, la température y était tellement basse que bientôt, après cette chasse, un tourbillon de neige, accompagné d'un froid intense, ravagea pendant sept jours le même territoire qui avait fourni au prince mongol un si riche butin. Enfin, dans une lettre adressée à M. de Humboldt par M. Gérard , et publiée dans le Zeitschr. fur aUg. Erdkunde, vol. II, p. û2, le célèbre tueur de lions en Algérie dit que les montagnes ilure5 se trouvent constamment habitées par les lions et que ces animaux supportent parfaitement une température de dix degrés au-dessous de zéro, et il ajoute qu'en général le lion endure bien mieux l'excès du froid que l'excès de la chaleur^ pourvu seulement qu'il trouve des troupeaux et des forêts. Cette dernière observation d'un juge si compétent en pareille matière est peut-être la seule capable d'expli-

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Quelles qu'aient été les causes qui ont pu faire disparaître des contrées du Bosphore les grands carnassiers, il^n'en est pas moins vrai qu'aujourd'hui ils y sont presque inconnus, et il en résulte que dans les parages plus ou moins limitrophes du détroit la chasse ne peut guère revêtir ce caractère de luttes périlleuses qui en fait souvent l'attrait; toutefois, si dans ces pays la chasse se trouve réduite à des proportions plus modestes, elle n'en possède pas moins une sphère d'activité assez étendue, car plusieurs localités (surtout sur la cAte asiatique) sont riches en gibier. C'est d'abord

quer le phénomène curieux du mouvement rétrograde que depuis tant de siècles le lion n'a cessé d'effectuer, en évacuant successivement les péninsules hellénique et anatolique ainsi que la Syrie, et en devenant de plus eu plus rare, même dans les pays traversés par le Tigre et TEuphrate, où, du temps d'Ammien Marccllin (1. xviii, 7), il était trèsabondant. En effet, ce phénomène serait d'autant plus inexplicable que ces mêmes contrées subissaient un immense décroissement dans leur population, et que l'homme, dont la présence est incompatible avec celle des bétes fauves, loin d'avoir ramené ces dernières vers le terrain qu'il semblait leur abandonner, paraît au contraire par sa disparition les avoir déterminées à la retraite. L'énigme recevrait une solution toute naturelle , si l'on admettait que les faits combinés de la destruction des forêts et du décroissement de la population, et par conséquent des animaux domestiques, sont les causes principales qui ont déterminé le lion à quitter successivement plusieurs contrées qu'il habitait do temps des anciens.

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la caille; c'est ensuite la perdrix, la bécasse, le faisan, le chevreuil, le sanglier et enfin le lièvre.

La caille fréquente, comme oiseau de passage, particulièrement les parties du littoral qui encadrent Tembouchure septentrionale du Bosphore, où elle s'abat par bandes innombrables aussitôt après les premières pluies de l'équinoxe d'automne; mais ce gallinacé n'y reste qu'une quarantaine de jours, quoique très-souvent, même au cœur de l'hiver, on rencontre des individus isolés que la maladie ou quelque autre cause ont empêché de se joindre à la colonne émigrante. En venant de la Crimée et de la côte voisine, elles ne font à la vérité qu'une étape sur le littoral méridional du Pont-Euxin, avant de continuer leur route vers l'Afrique à travers le Bosphore et les Dardanelles; néanmoins cette halte suffit pour leur donner un embonpoint qui contraste singulièrement avec la maigreur et l'épuisement qu'elles présentent au moment de leur arrivée. Aussi, dans le courant d'octobre, voit-on fréquemment à Fanaraki , Kilia , Domouzderé. etc., des milliers de ces oiseaux tellement surchargés de graisse, qu'ils ont de la peine à s'élever à une certaine hauteur. C'est ce que l'on constate également presque partout sur la côte septentrionale de l'Asie Mineure, où, à cause du nombre bien moins considérable de chasseurs, les cailles se multiplient au point d'être offertes à des prix incroyables de modicité. A Unia, ainsi que dans les villages situés entre Samsoun et Trébisonde, j'en ai souvent acheté pour une piastre (environ 22 centimes) la paire, y compris la forte taxe

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que les indigènes n* oublient jamais de prélever sur un beïzadé étranger*. Rien n égale la saveur et la délicatesse de ces friands morceaux, dont le goût se trouve relevé par le remarquable talent de rôtisseur qui distingue le Turc. Bien que, aux époques qui viennent d'être indiquées, les cailles soient très-abondantes le long du Bosphore ainsi qu'à Samsoun, néanmoins les points du littoral septentrional de la mer Noire où elles s'abattent en plus grand nombre paraissent être les parages de Sinope et de Trébizonde. Les indigènes les chassent plutôt à l'appât et au filet, qu'au fusil. Malgré la régularité de leur migration, la direction et 'intensité du vent exercent une certaine influence qui précipite ou ralentit leur marche. Ce fait se trouve déjà constaté dans le passage du livre de Moïse ^ quand il dit que, pour diminuer les privations auxquelles les Israélites étaient exposés dans le désert, où ils cherchaient vainement à se procurer de la viande fraîche, le Seigneur fit souffler un vent du sud qui couvrit le sol d'une immense quantité de cailles. C'est probablement du golfe Persique que ces innombrables volatiles se trouvèrent entraînés vers l'Arabie.

i. Beïzadé signifie fiU de prince; c'est une épithète de courtoisie que les Turcs donnent aux étrangers qu'ils croient distingués par leur position sociale et surtout par leur fortune, exactement comme les Italiens qualifient d^Eccellenza tous ceux qu'ils supposent être sensibles aux titres, et disposés à rémunérer des égards de cette nature.

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