llypericum origamfolium
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raison, sous co rnpporl, avec l'Asio Miiioure si ('éminemment riche on espèces locales; mais ce qui, en f(rande partie, conslilue le caraclhe de tvamilion, (*'est une tendance à imprimer aux formes europc^ennes les plus répandues certaines modifications suffisamment appréciables et constantes pour les élever au ranp de caractères spécifiques. Ainsi, le platane des rives du Bosphore se distingue de celui des côtes de la Méditerranée en ce qu'il a les feuilles découpées d'une manière particulière, qui a permis aux botanistes d'établir une distinction entre le platane oriental et le platane occidental. De même, notre charme a sur le littoral du Bosphore et dans les contrées voisines tous les traits essentiels du charme commun {carpinus betulus); mais toutefois, à mesure que l'on s'éloigne à l'est de la côte d'Asie, cet arbre fait place h une espèce ornée de feuilles plus petites et plus élégamment dentelées, signes caractéristiques du charme oriental (carpinus orientalis), qui, dans les régions centrales de l'Asie Mineure, est le seul que Ton rencontre. Enfin, les chênes des contrées du Bosphore présentent égalem(*nt des caractères particuliers, môme dans celles des espèces qui se rapprochent le plus des espèces européennes; et parmi les conifères, le mélèze (lari.r europœa) manque complètement, pour ne se reproduire, h l'extrémité orientale de l'Asie Mineure, que sous la forme toute spéciale (mais cependant analogue) du cèdre.
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Maintenant si nous examinons la manière dont les végétations arborescente et frutescente sont réparties sur la surface de la contrée comprise dans les limites de notre carte, nous verrons qu'elles se trouvent très-inégalement groupées; mais que, sous ce rapport encore, la partie asiatique de la contrée possède un avantage marqué sur la partie européenne. En effet, la région septentrionale de la Tlirace n'offre que quelques rangées de buissons qui longent la côte depuis l'embouchure du Bosphore jusqu'au cap de Karabouroun et égayent un peu l'espace compris entre les bords méridionaux du lac Derkos et les parages de Tchanaktchî ; tandis que les régions comprises entre ce dernier village et Bogazkoï, comme entre Makrikoï et la ville de Silivri, ne présentent qu'une succession de steppes ondulés presque entièrement dénudés. Au contraire, la partie asiatique correspondant aux régions de la Thrace dont il est question est très-souvent ornée de beaux taillis, soit s'isolant en bouquets, soit formant des rideaux de verdure. On distingue entre autres le grand massif qui s'étend à travers la péninsule bithynienne depuis la côte asiatique du Bosphore jusqu'au delà de l'embouchure du Sangarius, et qui couvre une surface d'environ quatre-vingt-dix mille hecUires. re-
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présentant presque cinq fois la surface de la forêt de Compiègne. Cest ce que les Turcs désignent sous le nom aussi pittoresque qu'hyperbolique de mer ou d'océan d'arbres (Agatch denizi).
La contrée que recouvre VAgatch denizi (orme n dans sa partie centrale, un plateau très-ondulé qui se termine au nord et au sud, c'est-à-dire vers le Pont-Euxin et vers la Propontide, par des lignes de hauteurs souvent considérables. Ce sont les terrains les mieux garnis du littoral; tandis que les parties centrales présentent souvent des surfaces assez déboisées.
D'ailleurs, il ne faut pas se figurer que VAgatch denizi ait l'aspect d'une de nos forêts du nord, composées de fûts élancés comme des colonnes, étendant de toutes parts leurs vigoureux rameaux : au contraire, les troncs robustes y sont rares; une bonne partie même des essences qui composent ce massif, et parmi lesquelles dominent de nombreuses espèces de chênes, se présentent plutôt à l'état frutescent, et sont réunies en épais fourrés; pour tout dire, VAgatch denizi a nfioins la physionomie imposante d'une région forestière, que l'aspect gracieux d'un frais bocage. 11 n'en est pas moins vrai que le botaniste y trouverait matière à d'intéressantes études, car, comme dans la forêt de Belgrade, ici encore les chênes sont peu con- 1US et renferment peut-être quelques espèces ou variétés nouvelles.
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Le contraste qui se produit, sous le rapport de la végétation arborescente, entre les deux presqu'îles opposées de la Thrace et de la Bithynie, est beaucoup moins prononcé sur les deux rives du détroit même, quoique en général le bord asiatique n'ait pas autant de terrains nus et improductifs que le bord européen. Au reste, le caractère éminemment pittoresque du détroit consiste beaucoup moins dans la végétation que dans les innombrables et gracieuses anfractuosités de la cAte; ce serait toutefois prendre une idée fausse des contrées voisines que de les juger, soiis le rapport végétal, d'après la lisière maritime. En effet, les plus grandes ricbesses de la végétation se trouvent concentrées dans les vallées, dont plusieurs n'atteignent point le littoral, ou bien n'y laissent apercevoir que de rares extrémités de leurs verdoyantes ramifications. On dirait que sur ce sol de l'Orient, plein d'instincts mystérieux et jaloux, la nature elle-même a voulu se conformer aux allures traditionnelles de l'bomme, dont les demeures affectent de cacher sous un extérieur modeste et grave le luxe et les joies du foyer domestique.
Parmi les localités les plus boisées de la cAte asiatique du Bosphore figure d'abord la portion supérieure de la vallée, dont l'ouverture forme la belle plaine con-
nue sous le nom de V Echelle du Grand Seigneur {//ounkiar iskelessi ) .
La riche végéUUion (en partie frutescente) qui se multiplie à mesure que l'on remonte cette vallée recouvre d'un massif presque continu non -seulement les hauteurs qui la séparent de la dépression profonde où se trouve Arnaoutkoï, mais encore toute la contrée placée au sud de ce village jusqu'aux chaînes de l'Aïdosdagh; cette succession de taillis et de bocages, où ne dominent pas les arbres à feuilles persistantes, forme, en quelque sorte un rideau non interrompu qui longe le Bosphore (à une distance à la vérité assez considérable), et qui descend jusqu'au littoral de la Propontide, où il se rattache à ÏAgalch denizi. Plus à l'ouest de cette longue série de verdure se présentent, dans la proximité même du littoral, plusieurs groupes disséminés, parmi lescjuels on remarque surtout les charmants taillis situés entre Skutari et Ermenikoï, qui peut-être avaient jadis beaucoup plus d'extension.
Quant à la côte européenne du Bosphore, le seul massif forestier un peu considérable qu'elle possède est la forêt de Belgrade. Véritable bois sacré de Gonstantinople, puisqu'on y trouve les sources qui alimentent cette capitale, et qui, à l(?ur tour, sont nourries par l'humidité atmosphérique si intimement liée à l'action de la végétation arborescente, la forêt de Belgrade occupe une surface à contours fort irréguliers; il serait donc difficile d'en préciser rigoureusement les limites, d'autant que plusieurs de ses nombreuses saillies et échancrures sont vix et là interrompues par
des espaces peu boist^s ou même complètement nus. Ainsi, pour ne citer que quelques exemples, cette forêt offre plusieurs éclaircies dans les parages méridionaux de Skombrekoï, de même qu'entre Belgrade et Domouzderé , tandis qu'entre Demiidjikoï et Yerlukoï elle couvre sans interruption la contrée de son aspect verdoyant.
En négligeant les lacunes partielles, on pourrait déterminer approximativement l'extension de la forêt dans le sens de sa plus grande longueur (du nord au sud) par une ligne tracée entre Ayas-Aga et Domouzderé, tandis que son développement transversal (de l'ouest à l'est) se trouverait compris entre le village Petinokhorio et le revers septentrional du mont Kabatach. En conséquence, elle rappellerait la forme d'un croissant irrégulier, à contours diversement frangés et dont la concavité serait tournée du côté du Bosphore, vers la plaine de Buyukderé. La plus longue des deux branches de ce croissant serait la branche méridionale qui s'avance en une bande ramifiée et tortueuse jusqu'au fond de la vallée de Kiahat-hané, en dépassant le village Ayas-Aga. La branche septentrionale longerait le versant nord du Kabatach. L'enceinte ainsi délimitée, et dont le relief est çà et là fortement accidenté, comprendrait un aréage de plus de 13,000 hectares, et une circonférence d'environ 31 kilomètres. La forêt de Belgrade occupe par conséquent une surface inférieure à celle de la forêt de Fontainebleau (19,796 hectares) de près de 7,000 hectares, et de 1,500 à celle de Compiègne (14,500 hectares); mais elle serait presque huit
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fois plus vaste que la forôt de Saint-Germain (1,800 hectares). Au reste, l'observation déjà faite relativement aux forôts de la côte d'Asie, comparées à nos forêts du nord, s'applique, dans une certaine mesure, également à la forêt de Belgrade. Ainsi, sous le rapport de la vigueur et de la taille des individus, elle ne saurait soutenir (du moins dans son ensemble) la comparaison avec les belles futaies des environs de Paris. En revanche, la forêt de Belgrade a, sur celles qui ornent les environs de plusieurs capitales du nord et du centre de l'Europe, d'incontestables avantages, non-seulement par le relief plus accidenté de son sol et par la présence de ces nombreux et pittoresques réservoirs ou bend qui figurent autant de petits lacs, mais encore par la variété des essences forestières qui la composent. Parmi les formes qui y dominent, on voit des espèces nombreuses (mais encore imparfaitement étudiées) de chênes *, le chûtaignier, l'orme, le hêtre, plusieurs espèces de noisetiers 2, le charme ^^ l'aune glutineux, le saule blanc, le peuplier blanc ou tremble, l'aubépine commune, etc. A ces arbres sont associés çà et là quelques conifères, comme le pin maritime et celui d'Alep, et le sapin commun ou epicea.
Un autre avantage que la forêt de Belgrade peut revendiquer sur ses rivales, surtout aux yeux du paysa-
1. Quercus cerris L., y. austriaca Willd., Q. pedtmculala Willd., avec plusieurs variétés; Q. coccifera L., Q. infccloria Oliv., Q. esculus L., Ç. toza Bosc, Q. brutia Ton., etc.