‹ Le Bosphore et Constantinople avec perspectives des pays limitrophesChapitre 88 sur 179 · Carpinus belulus · texte numérisé non relu

Carpinus belulus

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giste, c'est l'absence, non-seulement de tout enclos, mais encore de tout alignement, de toute ordonnance artificielle destinée à contrôler ou à embellir les œuvres de la nature, en détruisant le désordre apparent de leur poétique spontanéité. Après tout, bien que la forêt de Belgrade ne doive rien à l'art qui, au contraire, a tout fait pour nos forêts de luxe, elle offre la plus grande commodité aux piétons et aux cavaliers; elle peut même, dans la majorité de ces parties, être traversée par des voitures. 11 est vrai que ce dernier genre de transport, dont usent seulement quelques membres du corps diplomatique ou quelques riches propriétaires, est plutôt un objet de curiosité ou de luxe que de jouissance réelle, puisque ceux qui veulent se donner la satisfaction d'aller en voiture, de Péra ou de Constantinople, pour se promener dans la forêt de Belgrade ou dans un lieu quelconque des environs de la capitale, n'obtiennent ce trompeur avantage qu'au prix de mille cahots et de casse-cou qu'il faut subir, d'abord pour traverser les ruelles tortueuses et mal pavées de la ville, ensuite pour franchir plus d'une fois des ravins, des fondrières, des ponts en ruine ou des pentes escarpées.

Après la forêt de Belgrade, il n'est point d'autre groupe forestier un peu considérable à mentionner sur

la côte européenne du Bosphore. D'ailleurs, à Texceplion de quelques bouquets isolés de pins pignons, de cyprès, de plaUines, etc., la partie continentale de la région comprise entre Buyukderé et Constantinoplc est parfaitement déboisée et revêtue seulement de fougères, de pimprenelles épineuses* et de quelques buissons de bruyère. Du côté de l'ouest, cette espèce de solitude est localement interrompue par la longue vallée du Kiahat-hané-sou , qui, quoique peu boisée dans ses parties inférieures, se détache cependant d'une manière tranchée du steppe dont elle est entourée par son frais tapis végétal; dès le commencement du printemps (à la vérité comparativement assez tardif), elle se trouvé émaillée de renoncules 2, de narcisses^, de perce- neige ^, de pâquerettes^, de cardamines^, etc. Au reste, les parties inférieures de la vallée de Klahat-hané {eaux douces d'Europe)^ ainsi que celles de FAlibey, sont à peu près les seuls parages verdoyants et gracieux qui interrompent la monotonie et la tristesse imprimées à la contrée qui sert d'enceinte continentale à Constantinoplc et à ses faubourgs, si pittoresques et si attrayants lorsqu'on les contemple de la Proponlide ou de l'intérieur du Bosphore. Partout ailleurs, de quelque côté qu'on aborde la capitale, on ne traverse que des plaines ou dos plateaux arides, sem-

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