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PREMIÈRE PARTIE

LES ANCÊTRES DES GHAMPIONONS SUPÉRIEUES.

La marche générale de révolution à la surface du globe qui noue montre un perfectionnement continu de l'orga* nisation des êtres et de leurs fonctions, semble indiquer tout d'abord comme « ancêtres des Champignons supé* rieurs » les Champignons de structure plus simple, de développement plus réduit que nous désignons habituellement sous le nom de Champignons inférieurs ; si, partant de ces derniers, nous arrivons par des transitions ménagées et nombreuses aux précédents, notre conviction s^affermira davantage ; si, de plus, nous réussissons à retrouver les causes qui ont modifié progressivement ces êtres et leurs fonctions, le doute aura disparu de notre esprit, et nous essaierons de communiquer aux autres notre impression.

Depuis la publication de nos premières recherches sur les organismes inférieurs où nous rattachions déyà les Champignons inférieurs aux Monadinées zoosporées, en montrant qu'une simple différence dans le mode de nutrition les séparait, nous n'avons cessé de nous intéresser aux diverses causes qui ont présidé à la constitution de tel ou tel groupe d'Algues ou de Champignons. Dans ces essais de reconstitution, nous n'avons jamais eu jusqu'ici — et nous en son^mes surpris — à renverser ce que nous avions construit la veille, à renier nos idées anciennes pour en émettre de nouvelles; les déductions semblent s'enchaîner et se compléter. Pour ne citer qu'un

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exemple, celui de la reproduction sexuelle des Champignons supérieurs, nous verrons qu'il corrobore jusqu'à l'évidence l'opinion que nous avons toujours professée sur l'origine monophylétique de la série incolore des Mycètes et son indépendance â Tégard de la série verte des Algues et des Ohlorophytes. .

Nous n'ignorons pas qu'il existe une tendance opposée d'après laquelle l'antique distinction entre Algues et Champignons ne répondrait plus à aucun objet ; cette distinction serait contraire aux affinités réelles de ces êtres : par suite, les diverses familles qui les réunissent pourraient être sans inconvénient mélangées et dispersées suivant un ordre qui indiquerait mieux leur parenté réelle ; cette nouvelle classification invoque aussi les phénomènes de reproduction sexuelle et plus particulièrement l'œuf de la plante.

Entre ces deux conceptions si opposées, il en existe d'autres moins intransigeantes, et, comme toutes se réclament de savants autorisés, nous avons le devoir de n'en négliger aucune. ,

^ Nous allons essayer de marquer nettament les différences qui caractérisent ces diverses théories sur les affinités réciproques des Champignons et des Algues.

La théorie qui semble avoir recueilli jusqu'ici le plus de suffrages est celle qui consiste à admettre tout au moins pour les Champignons inférieurs une descendance directe dos Algues filamenteuses.

De Bary est un de ceux qui ont le plus contribué à répandre cette notion: ainsi, il considère la série principale des Champignons ou série des Ascomycètes, composée des Phycomycètes, des Ascomycètes et des Urédinées, coiame issue directement des Algues ; chez ces mycètes, les stades du développement sont homologues avec ceux des Algues, dont ils descendent phylogénétiquement. Les autres groupes de Champignons, spécialement les Ustila-

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ginées et les Basîdiomycètes ne peuvent prendre place jusqu'ici dans cette série principale^ bien qu'ils se relient à certains de ses membres par plusieurs lignes qui di^ vergent ensuite latéralement (1).

Dand son <c Essai de classification », daté de 1881, de Bary plaçait le point d'attache de la série dès Champignons sur celle des Chlorosporées, près des Œdogonium et des Cylindrocapsa. D'après lui, «chacune des quatre séries des Chlorosporées, des Phéosporées, des Floridées et des Champignons est une série fermée ; aucune d'elles ne peut être intercalée dans une des autres sans en détruire violemment l'ensemble. Il y a parfois une certaine ressemblance entre les termes les plus inférieurs de deux séries, mais il n'y a aucun rapport entre les termes les plus élevés. Les Phycomycètes les plus simples, tels que les Py/Ziium, pourraient très bien, si on les considérait seuls, être rangés parmi lejs Chlorosporées, et cela avec autant de raison que les Monotropa parmi les Ericacées. Mais les ErysiphOy les Eurotium^ les AscoboluSy qui continuent la série des Champignons commençant au Pythiurriy n'ont plus avec les Chlorosporées le moindre caractère commun. En un mot, les quatre séi*ies ci-dessus sont séparées les unes des autres ; elles marchent côte à côte avec une divergence variable, mais, si rapprochées qu'elles paraissent, elles ne peuvent être intercalées Vane dans Vautre (2). »

De Bary est donc un partisan de l'origine monophylétique des Champignons ; mais^ comme il admet que l'ancêtre mycète est une algue qui a perdu sa chlorophylle, il se place dans des conditions assez défavorables pour la discussion ; car on ne va pas manquer de lui objecter que cette transformation a pu se produire à divers niveaux

(1) De Bary : Morphologie und Physiologie der Pilze, 2« édition, p. 430,

(2) De Bary iZur Syat. der Thallophyten (Bot. Zeit. 1881).

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