LES CHEFS DU PEUPLE
Fille du Souverain des Hommes et des Dieux, Immortelle conçue au fond de sa pensée, Qui jadis, aux éclats de la foudre lancée, Naquis au jour du front du Père radieux;
Telle, aux feux de l'éclair, dans la nue enflammée, I-^nce en main, sous Tarmure et le casque aux clous d'or. Tu surgis, ô Pallas Athèna! telle cncor, vierge pacifique en ta splendeur armée,
Sur le rocher des Rois Erekhthidcs, levant
Dans la clarté Tégide horrible et chevelue
De serpents, tu nous es, ô Déesse! apparue,
A Taube où nos vaisseaux s'éveillaient dans le vent.
Et quand l'hymne éclata, vengeur, enflant nos voiles, Au faîte de ces murs massifs, où, tant de jours. Ta présence a veillé sur nos antiques tours.
Nous vîmes, effaçant les lointaines étoiles,
Ta pique, formidable et droite dans l'azur, Ktinceler de feux sanglants et, comme un astre, Près d'échapper au sol où ton socle l'encastre, S'animer et grandir ton simulacre pur.
Ainsi tu te dressas dans Taurore éblouie, Seule debout parmi le vaste écroulement De ta cité votive, au seuil encor fumant Des temples désertés à ta voix obéie.
Car ta Prudence, à l'heure obscure du conseil, Quand stratèges et chefs assemblés sur la grève. Tous, Anciens porte-sceptre, Ephèbes porte-glaive. Invoquant ta sagesse, oubliaient le sommeil,
Ta Prudence a plané sur nos desseins, et l'ombre
De ton égide était visible sur nos fronts.
Quand les chevaux divins d'ilélios, aux pieds prompts,
Gravissaient les sommets du Kithérôn moins sombre.
Ce soir, blême et troublé, le Roi des Rois a fui, Et, courbé sur le char qui Temporte, il devine. Dans rhorreur qui descend de ta haute colline. D'invisibles terreurs qui frappent dans la nuit.
Demain se lèvera sur la libre Patrie, Sauvée, et qui se voue à ton culte immortel; Et les Vierges d'Iôn, ô Vierge, à ton autel Gravement s'en viendront, en blanche théorie.
Et sur les siècles vains quand tu resplendiras. Dans les temples nouveaux dont la Cité se pare. L'homme apprendra les noms du conquérant barbare. Que ta sainte sagesse a vaincu par nos bras.