L'ACCLAMATION DES ARMÉES
Pendant trois jours entiers et trois nuits, sans repos, Défilèrent toujours les lugubres troupeaux :
Et cet amas de boue et de souffrance vive S'engouffra sous les arcs de la grande Ninivc,
Et Shin-Akhé-Irib resta droit sur son char.
La quatrième aurore éclaira le Shinar :
Le Conquérant, toujours splendide et taciturne En son manteau roidi par la fraîcheur nocturne, Eut un geste. La Terre à genoux salua Le disque de Shamas montant sur Ninoua, Et les tours de Nimroud de nuit enveloppées, Ainsi que du fourreau s'échappent les épées, Flambèrent, comme si le Dieu gardien d'Asshour Se levait, dans la gloire implacable du jour.
Alors, du sombre amas des hordes aguerries.
De ces blocs bigarrés, faits de cavaleries, D'archers et de soldats, de fauves combattants, De ce tumulte enflé-d'une rumeur d'autans.
De ces rangs en sueur, lourds de meurtre et de proie, Sur qui Râman, l'esprit des batailles, flamboie, De cette immense armée étagée en croissant, Une acclamation au ciel éblouissant Jaillit, et des chevaux soulevant la crinière, S'éploya comme l'aile immense du tonnerre.
Le Roi d'Asshour semblait, droit sur son char de fer, Un lion écoutant la clameur de la mer.