DEUXIÈME LOT BOUCLIER DIOUDONNAT (CIRCULAIRE
Dans le deuxième lot, un seul bouclier fut mis en service par Tentrepreneur M. Dioudonnat; il était destiné à la construction du collecteur suivant le type B et par suite demi-circulaire ; il avait été construit dans les ateliers de MM. Baudet, Donon et compagnie pour la partie métallique, de M. Moranne jeune pour les vérins et pour la machinerie.
Bouclier métallique. — L'armature (fig. 105 et 106) se composait essentiellement d'une tôle de 14 mm. d'épaisseur et de 4,070 m. de
fpê/êê^$^.
fXàt Ëêônti
Fig. 105. — Coupe transversale du bouclier Dioudonnat.
longueur enroulée suivant la forme de l'extrados du collecteur et descendant à 10 cm. au-dessus des naissances ; elle était supportée par deux poutres maîtresses distantes de 1,445 m. d'axe en axe. La poutre d'avant était formée d'une traverse circulaire supé-
ricure haute de 1,20 m. de deux montants inclinés de 800 mm. de largeur et d'une traverse inférieure horizontale de 400 mm. de
Fig. 106. — Coupe longitudinale du bouclier circulaire.
hauteur. Le vide central avait 1 m. de largeur environ et 1,60 m. de hauteur sous clef.
La poutre arri^re avait même forme mais la traverse circulaire supérieure n'avait que 500 mm. de hauteur, tandis que la traverse inférieure horizontale avait 350 mm; Tespace libre central était ainsi de 2,15 m. de hauteur, et de 2 m. de largeur.
La largeur de ces poutres étant inférieure à celle de la section Tenveloppe restait en porte à faux de 1,150 m. de chaque côté soutenue par des consoles et raidie par des cornières.
Le plancher inférieur descendait à 78,6 cm. au-dessous des naissances.
Onze entretoises réunissaient les deux poutres sur toute leur hauteur.
L'armature se trouvait donc partagée en trois parties :
Fig. 107. — Forme primitive du bouclier.
COLLECTEUR DE BIÈVRE
. L'avant-bec de 1,300 m. de longueur ;
Le corps de 1,445 m. ;
La queue de 1 ,323 m. ;
La tôle d'avant-bec était soutenue jusqu^à son extrémité par cinq consoles de 1,20 m. de hauteur; celle de la queue doublée sur toute sa longueur et libre sur 1,15 m.
était renforcée par cinq consoles de 0,27 m. de longueur.
Lp hauteur totale de l'appareil était de 3,200 m., sa largeur de 4,960 m.
L'armature avait d'abord été construite avec une enveloppe extérieure limitée à la largeur des poutres principales (fig. 107) ; mais avant la mise en service on ajouta les tôles latérales descendant à 10 cm.
au-dessus du niveau des naissances ; soit à 0,89 au-dessus du plancher inférieur de glis-
Fig. 108. — Détails des supports des tôles ajoutées.
sèment. Dans ces parties latérales les deux consoles d'appui (fig. 108), prolongeant les poutres maîtresses étaient entretoisées par des cornières de r — disposées en croix.
Vérins. — Les vérins (fig. 109) étaient au nombre de cinq, dont deux au niveau du plancher inférieur ; ils étaient fixés à la poutre
Fig. 109. — Élévation longitudinale et vue en bout d'un vérin.
d'avant et traversaient celle d'arrière, sauf le vérin de clef qui seul était suspendu par une cornière.
iïS
Leur longueur totale était de 1 ,595 m. , les pistons avaient 160 mm. de diamètre et l m. de course ; les vérins de rappel avaient 78 mm. de diamètre extérieur et leurs axes étaient distants de 270 mm. de ceux des vérins principaux. Enfin le diamètre des têtes d'appui était de 250 mm.
Sous la pression de 160 kg. par centimètre carré les vérins exerçaient un efTort de 40 t. chacun, soit 200 t. pour l'ensemble.
Appui. — Les vérins prenaient appui sur une charpente composée de quinze fermes en bois de chêne enlretoisées ; chaque
Fig. ilO. — Elévation d'une ferme de la charpente d'appui.
ferme (fig. 110) était formée d'une pièce inférieure de 30/30 cm.
d'équarrissage de 2,60 m. de longueur portant à ses deux extrémités deux montants verticaux de 1,60 m. de hauteur; un fer en U transversal réunissait les extrémités de ces deux pièces et portait en son milieu un buton vertical de 0,60 m. de hauteur.
Les fermes étaient entretoi-
Fig. ill. — Détail d'assemblage. . . . , .
sées par cinq longrines longitudinales placées au droit des axes des cinq presses : deux fixées par des armatures de fer aux traverses inférieures, deux en haut des montants latéraux, une à l'extrémité du buton central.
COLLECTEUR DE BIÈVRE li9
La dernière ferme était solidement ancrée dans la maçonnerie
Fig. 112. — Vue arrière de la dernière ferme d'appui.
par les traverses horizontales supérieure et inférieure et les deux montants verticaux ; en outre elle était contreventée par deux
Fig. 113. — Charpente d^appui. Plan.
longues pièces A, A et deux plus petites DD (fig. 112, 113).
Les cintres (fig. 114) étaient en fer ils descendaient jusqu'à 0,50 m., en dessous des naissances et étaient formés d'un fer à T rivé dans un fer en U de ^^^^ ^^ . In-
lU
tercalés entre les fermes de la charpente et sans aucune relation avec elles, ils n'étaient soutenus que par leurs calages.
Çm^
Fig. 114. — Coupe d'un cintre métallique.
Machinerie. — La dynamo et le chariot des pompes n'étaient
pas logés dans Tarmature ; ils étaient placés au delà de la charpente d appui à 20 m. en arrière ; un tube de cuivre de cette longueur réunissait les pompes (à trois corps) aux vérins. Quand le bouclier avançait, il fallait que ce tube s'allongeât d'autant, on avait fixé son extrémité non pas directement au chariot des pompes mais à un piston mobile dans un cylindre de I m. de longueur.
Après chaque course on reportait la machinerie en avant.
Pi'.'
Montage et essais. — Le montage s'effectua devant la statue de Danton, sur le boulevard Saint-Germain ; on avait recouvert la chambre d'un platelage pour ne pas interrompre la circulation ; le terrassement fut commencé le 5 juillet 1898, à midi ; le 26, on approvisionnait les pièces de 1 armature mais c'est seulement le 15 septembre qu'eut lieu la première course à blanc.
Une grève générale s'étant déclarée, les chantiers abandonnés ne furent repris que le 12 octobre.
Bottltvard S* Q trm ain
SI
yy/x/yyyy/z/yyyyxxxxyyyy/y/A ^î^^^i^^5iî^i^^5î^;^^^5^iiii5i^5i<^<î^5^5^ vy///yyy/yx/jyyAYyy,y.
Pêntê
À/(fnmMt
Vj y/////////////////////////////// v////////////////////////////////////^//////m w/////////////////////-^j y////A
de
-fiâlL.
£29fPf(rf
Fig. 115. •- Profil en long du 2* lot du collecteur sur le parcours du bouclier.
tracé en plan et profil en long. — En profil en long (fig. 115)
COLLECTEUR DE BÎÈVRE
le tracé de Touvrage présentait une pente uniforme de 0,â73 mm. par mètre.
En plan (fig. H6) une seule courbe de oO m. de rayon sur 15,88 m. de longueur interrompait Talignement droit général.
Fig. 116. — Plan du 2* lot sur le parcours du bouclier.
Fonctionnement. — Le bouclier reposait sur un plancher formé de madriers transversaux de 8/22 cm. X 4 m. de longueur liés par des fers recourbés à leurs extrémités et embrassant trois madriers à la fois ; la pression se trouvait ainsi répartie sur une largeur de 4 m. ; en raison de la mauvaise qualité des terrains rencontrés, c'était encore insuffisant, mais la faible longueur de Tavant-bec 1,30 m. ne permettait pas la pose de longrines longitudinales pour former grillage.
La charpente d*appui ne comprenait que 15 fermes ; comme on ne pouvait ancrer les longrines horizontales dans de la maçonnerie fraîche ; dès qu'on avait parcouru 7 m. on démontait lancrago pour l'avancer d'autant, il y avait ainsi toujours 7 m. entre le point d'appui et la tôle d'arrière, mais tous les cinq jours on arrêtait le chantier pour effectuer ce changement de butée.
Les vérins avaient 1 m. de course, mais on ne progressait guère que de 0,90 m. à chaque fois, en raison de la compression éprouvée par tous les bois ; il fallait donc effectuer chaque course en deux fois ; puisque les cintres étaient indépendants de la charpente, ceci n'avait d'autre inconvénient que de perdre du temps.
On laissait un vide de quelques centimètres entre la tôle de la
queue et Textrados du revêtement pour éviter Tarrachement du dernier anneau construit ; on bourrait ce vide en mortier fin avec des battes en bois ; plus tard d'ailleurs on fit des injections de :S ciment sous pression.
Personnel. — Le chantier comprenait :
3 mineurs pour Tavancement et la pose des butées ;
6 terrassiers pour le chargement, le roulage et le montage des déblais;
4 maçons pour l'exécution de la voûte ;
7 garçons pour le service des maçons et la descente des matériaux ;
2 mécaniciens et 2 électriciens dirigeant la marche du bouclier et les engins de montage.