BOUCLIER DE LA RUB DE LYON
{Troisième lot.)
Deux boucliers du type Dioudonnat fonctionnèrent dans le troisième lot.
Le premier * partit non loin de la place de la Bastille, après la portion couverte d'un tablier métallique et chemina sous la
rue de Lyon jusqu'à la station de raccordement à la gare du P.-L.-M., sur une longueur de près de 800 m.
Du tracé. — Dans cette partie le tracé présente une pente de 6,40 mm. par mètre sur 217,16 m. de longueur puis une pente de40 mm. sur 136,81 m., un palier de 30 m., une rampe de 40 mm. sur 56,07 m. et une rampe de 12 mm. sur 170,35 m. (fig. 157). En plan après un alignement droit de 281,02 m., on rencontre
• Chronologiquement ce bouclier ne fut pas le premier, car il ne fut mis en service qu'un mois après celui de la rue Saint-Antoine ; mais nous suivons le tracé du Métropolitain toujours dans le même sens, d'une extrémité à Tautre.
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Fig. 157. — Profil en long du 3* lot.
une courbe de 1000 m. de rayon sur 24,87 m. de longueur, un nouvel alignement droit de 220,86 m., une courbe de 150 m. de rayon sur 18,54 m., un alignement droit de 51,20 m. et une courbe de 75 m. de rayon sur 62,18 m. suivie d'une autre de 50 m. de rayon sur 54,11 m.
Montage et essais. — Le bouclier fut monté au droit de la rue Biscornet du 17 mars au 6 avril 1899 ; les essais furent faits le 7 avril.
Fonctionnement, maçonnerie. — Le fonctionnement était analogue à celui du bouclier précédent. Deux madriers posés dans Tavant-bec sur des barres de fer accrochées aux poutres maîtresses formaient un plancher volant supportant les terrassiers ; on avait d'abord installé un plancher fixe avançant jusqu'à Taplomb de la tôle supérieure ; mais en raison de la grande hauteur des poutres de soutien, les hommes se trouvaient comme enfermés dans la chambre de travail, en cas d'éboulemcnt leur position était très critique ; on commençait Tabatage par le haut, on le continuait par le bas ; les déblais étaient évacués comme dans le deuxième lot.
L'avancement correspondant à la distance de 1,80 m. qui séparait deux fermes consécutives s'effectuait en deux fois ; dans Tune on parcourait 0,60m., dans l'autre 1,20 m. ; comme la course des vérins n'était que de 0,90 m. il fallait dans la deuxième opération faire rentrer les pistons, interposer des butons, et remettre les pompes en marché.
On construisait la maçonnerie du revêtement par anneaux complets, jusqu'à la console de la poutre arrière ; les piédroits étaient exécutés d'abord jusqu'à 1,50 m. au-dessous des naissances; ils étaient ensuite repris en sous-œuvre partiellement dans des fouilles blindées de 2,30 m. de longueur espacées de 2 à 3 m., puis totalement plus tard après l'enlèvement du grand stross.
Le radier ne fut construit que longtemps après.
Equipes. — Le personnel employé au travail comprenait en moyenne :
Trois mineurs, quatre terrassiers, deux boiseurs pour la pose des fermes ; quatre maçons et cinq aides.
Le transport des déblais s'effectuait avec un charretier, un garde-frein et deux chevaux. Un tracteur électrique du même modèle que celui du deuxième lot n'avait pas davantage marché et restait inutilisé.
Les wagonnets de 600 1. étaient au nombre de 90 environ ; quatre trains à Theure suffisaient à l'enlèvement des terres provenant de l'avancement; par une galerie boisée construite à l'avance ils les conduisaient sur une estacade longeantle canal Saint-Martin, de là on les jetait en bateau.
Installation mécanique du 3^ lot. — Une locomobile tubulaire à flamme directe de 30 chx était installée quai Bourdon, près de l'origine du chantier de la rue Saint- Antoine. Elle actionnait une dynamo Gramme qui fournissait 100 ampères sous 220 volts (soit 22 kilowatts), énergie nécessaire à la marche des deux boucliers et à l'éclairage des deux souterrains du lot : les dynamos des boucliers consommaient 35 ampères sous 220 volts (8,4 kilowatts).
Hue
de
Lyon
Fig. 458. — Coupe géologique des terrains rencontrés par le bouclier de la rue de Lyon.
Terrains rencontrés. — Les deux boucliers travaillèrent dans des terrains de remblais ou des sables coupés de vieilles maçonneries ; ils ne rencontrèrent pas la nappe d'eau (fig. 158).
Vitesse. — Mis en marche le 12 avril 1899, le bouclier de la rue de Lyon fonctionna jusqu'au 28 juin de la même année; pendant ces quatre-vingts jours il parcourut 164 m. ; son avancement journalier moyen fut donc de 1,95 m.
(fig. 159). Si Ton met à part la première semaine ou par suite de tâtonnements et do réparations d'avaries il n'avança que de 3,60 m., on voit que sa plus petite vitesse fut de 1,73 m. par jour pendant la semaine du 7 au 13 juin et sa plus grande de 2,75 m. du 3 au 9 mai.
Il était encore en bon état quand on l'arrêta le 28 juin mais la charpente d'appui était très abîmée.
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Jum
Fi«r. MilL — hîn^Tttïiuije de uian'ht* û\i bouclier de la rite de Lyon.
Direction. — Pour assurer la direction de Tappareil en hauteur, il suffisait de disposer la surface de glissemi ni suivant un plan parallèle au plan des rails, ce qu'on faisait avec un niveau à bulle d'nii' h vis do rt^glnge ; on i^révision des tassements on main tenait iTaillenTs toujours ce planclier à 0,06 ni. au-dessus de sa position défini livo.
On vérifiait ralignement en plan par des sondages à travers la chaussée, au moyen de deux lampt'S plomb dans le Ijouclier et deux autres sur ralignement f fig, 160), En courbe, les lampes plomb du bouclier étaient attachf*es k des réglettes mobiles sur lesquelles on avait Jélerminé très exaetenicnl la partie de rayon prolongé comprise entre la eourbe et la tan-
L etl! LampcB plomb
Fig. 160. — Direction du bouclier en plan.
i82 LE BOUCLIER
gente. On amenait le bouclier dans la bonne direction en arrêtant les vérins du côté intérieur de la courbe, sur le plus petit rayon.
Incidents. — Ce bouclier présentait tous les défauts que nous avons déjà signalés, il avait un mouvement de galop continuel ; une parallèle aux génératrices avait été tracée sur les joues des poutres maîtresses; de temps en temps on relevait sa position; on constata souvent que par rapport à la direction suivie Tavant et Tarrière de Tappareil présentaient une dénivellation totale de 0,40 m., ce qui correspondait, vu sa longueur, à une pente de près de 6 cm. par mètre.
On ne réussissait à marcher convenablement qu'en arrêtant les deux vérins inférieurs immédiatement après le départ et en s'opposant au mouvement de bascule par des étais inclinés sous la queue (comme dans le deuxième lot).
Il n'y avait guère au-dessus de l'enveloppe qu'une hauteur de terre de 1,20 m., 1,00 m. et même 0,80 m.; des tassements importants se produisaient ; la chaussée s'affaissait sur les 2/3 environ de la largeur du souterrain et prenait une flèche variable entre 0,05 m. et 0,35 m. ; le passage des voitures ne pouvait s'effectuer qu'à droite et à gauche du bouclier mais pas sur lui.
A l'arrière on refaisait le pavage à mesure. Pour remédier aux tassements on s'efforçait de bourrer, mais le plus souvent cette opération était impossible à réaliser, le terrain tombant sur la tôle aussitôt qu'elle avançait.
Sur les flancs, Tenveloppe descendait jusqu'au-dessous des naissances ; on ne pouvait donc pas serrer la maçonnerie des retombées contre le sol; au décintrement, la voûte insuffisamment chargée aux reins se fissurait à la clef; le bourrage au sable qu'on effectuait sur les flancs ne réussissait pas toujours à éviter ce grave inconvénient : il aurait fallu couper les tôles à leur partie inférieure.
A l'arrière, au contraire, le biseau de la visière était trop aigu pour la longueur de 1,20 m. qu'on donnait aux courses; après chaque course une portion du sol était mise à nu entre la voûte
déjà faite, le piédroit et la tôle (fig. 161); on remédia à ce *Iéfaut en ajoutant une tôle descendue verticalement jusqu'à hauteur des naissances (fig. 162).
Fig. 461. — A B C, partie du sol mise Fig. 162. — D E F, tôle ajoutée au limi-
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à nu par le bouclier
clier de la rue de Lyon.
On contrebutait la première ferme de la charpente (fig. 16^) par quatre forts étais inclinés de 7,30 m. de longueur et 3û/:in cm.
Fig. 163. — Coupe longitudinale du chantier montrant les étais.
d'équarrissage ; mais on ne plaça jamais ici d'écharpes dans \c<^ panneaux longitudinaux.