‹ Le Bouclier et les méthodes nouvelles de percement des souterrainsChapitre 30 sur 67 · QUATRIÈME LOT · texte numérisé non relu

QUATRIÈME LOT

Boucliers. — Il y eut deux boucliers mis en service dans le quatrième lot : celui de Saint-Paul et celui du Châtelet. Ils étaient du même modèle dit type Wéber du nom de Tentrepreneur; ils

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Demi-élévation de la poutre avant. Demi-élévation de la poutre arrière.

Fig. 166. — Coupe transversale du bouclier Wéber.

avaient été disposés pour Temploi du béton comme revêtement et pour Tappui sur les piédroits construits à l'avance.

Chaque bouclier (fig. 166 et 167) se composait de deux tôles de 12 mm. d'épaisseur et 4,000 m. de longueur épousant la forme de

l'extrados et descendant jusqu'à 750 cm. au-dessous des naissances ; à Tavant ces tôles étaient découpées en visière, à Tarrière elles se terminaient normalement à Taxe ; elles étaient supportées par deux poutres maîtresses de forme identique, en tôle de il mm., distantes de 1,500 m. d'axe en axe, ces poutres descendaient à 1,150 m. au-dessous des naissances; elles étaient évidées au centre par une ouverture de 1,720 m. de hauteur sur

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I 'corn, â^ Fig. 167. — Bouclier Wéber : coupe longitudinale.

l'axe et 4,20 m. de largeur de telle sorte que la partie elliptique supérieure eût 1,400 m. de hauteur en clef et 1^ traverse horizontale inférieure 630 mm. seulement; celle-ci d'ailleurs n'avait pas toute la longueur de la section pour laisser la place des piédroits : une tôle continue de 2,125 m. de longueur était rivée sous les deux poutres et fermait l'intervalle.

Douze entretoises de H mm. d'épaisseur dont six entre les deux traverses inférieures reliaient les deux poutres maîtresses sur toute la hauteur de leur partie pleine ; six entre toises intermédiaires de hauteur moitié moindre pour laisser passer les grands vérins et deux autres verticales presque au droit du

parement intérieur des piédroits concouraient au même but. Les trois parties de l'armature avaient pour longueurs : L'avant-bec i ,800 m. ; Le corps 1,500 m. ; L'arrière-bec 1,60 m. ; En tout 4,900 m.

La tôle de Tavant-bec était renforcée par douze goussets tous

de môme hauteur faisant suite aux entretoises, formés d'une âme

90 x 90 de 11 mm., raidie et fixée par des cornières de 5 . La tôle

d'arrière on porte à faux sur 0,90 m. était soutenue sur le reste de sa longueur par six grandes consoles et six petites placées au-dessus des vérins.

La longueur totale de l'armature était de 4,900 m. ; sa hauteur de 3,770 m., sa largeur intérieure de 8,600 m.

Vérins. — L'appareil portait deux systèmes de presses. Dix vérins de 40 t. répartis sur le périmètre extérieur devaient servir à la compression du béton employé comme revêtement (fig. 168).

Fig. 168. — Coupe longitudinale et vue en bout d'un vérin de 40 tonnes.

Ils étaient logée entre les entretoises, et fixés à des supports spéciaux (fig. 169) formés de tôles de 11 mm. d'épaisseur et de

cornières de ^ . Leur longueur totale était de 1,680 m. ;

la tête d'appui avait 240 mm. de diamètre, le piston plongeur 143 mm. et une course de 1 m. On faisait rentrer les presses avec de petits vérins de rappel ayant 78 mm. de diamètre extérieur ; la distance des deux axes était de 203 mm.

Huit gros vérins de 100 t. (fig. 170) placés au-dessous des petites cntretoiscs servaient à la progression. La longueur totale

de ces vérins était de l 095 mm.; le piston plongeur avait un diamètre de 226 mm., une course de 50 cm. ; les vérins de

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Fig. 169. — Détails d'un support de compresseur.

rappel distants d'axe en axe de 250 mm. des premiers avaient 92 mm. de diamètre.

Fig. 170. — Coupe longitudinale et vue en bout d*un vérin de 100 tonnes.

Fonctionnement. — On construisait en trois périodes les piédroits sur lesquels le bouclier devait s'appuyer.

Dans la première phase (fig. 171) on ouvrait une galerie boisée de 1,50 m. de largeur au sommet; dans la deuxième par abatage

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latéral, et en remplaçant successivement les chapeaux dos cadres par d'autres de longueur plus grande on portait la largeur de la galerie à 2,80 m. environ, suivant le gabarit voulu; dans la troisième phase enfin on maçonnait le revêtement. Entre les piédroits et le plancher inférieur de Tarmature on

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Fig. 171. — Construction des piédroits. — Trois phases.

interposait des semelles en sapin recouvertes d'un fer méplat de 10 cm. de largeur.

Le revêtement devait être en béton serré entre les couchis et la lôle de la queue; au moment de l'avancement de l'armature les vérins de 40 t. devaient prendre appui sur ce béton ; quand la compression limite admissible était atteinte grâce à un dispositif particulier (et breveté) les valves d'admission se refermaient automatiquement, Teau cessait de pénétrer sous les pistons plon- «^curs et revenait au réservoir, les petites presses ne servaient plus, les gros vérins de 100 t. entraient à leur tour en jeu et butant contre une charpente que nous allons décrire, poussaient l'engin en avant.

Le radier était maçonné plus tard après abatage du grand stress.

Charpente d*appui. — De mètre en mètre on encastrait dans les piédroits à 85 cm. au-dessous des naissances, des pièces de bois transversales de 30/30 cm. d*équarrissage formées de deux morceaux assemblés par des éclisses en fer; à chacune de leurs extrémités ces pièces horizontales portaient un montant vertical

Fig. 172. — Charpente d'appui. Enlèvement du grand stross.

de 2S/23 cm.^ appuyé par une pièce en écharpe et placé juste au droit des deux gros vérins latéraux (fig. 172). En plus de leur ancrage dans la maçonnerie les différentes fermes étaient cntretoisées par six butons de 25/23 cm. placés deux entre les traverses horizontales et quatre entre les traverses verticales au droit des axes des presses ; elles reposaient en outre sur les montants des cadres des galeries.

Avec un pareil dispositif, des huit vérins du bouclier, quatre seulement pouvaient servir à la propulsion.

Tous les assemblages étant exécutés à mi-bois avec des équerres et des éclisses en fer, le démontage était facile ; après chaque course on enlevait le dernier élément pour le reporter en tête.

Cintres. — Les cintres étaient métalliques (fig. 173) et formés

de deux fers en U de ~ — et de ^ rivés à Tiniérieur

Tun de l'autre, ils étaient placés au droit de chaque ferme et soutenus par des calages et par trois madriers de 8/23 cm., Tun

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Fig. 173. — Coupe d'un cintre métallique.

vertical sur Taxe, les deux autres obliques butant au-dessus des montants des cadres des galeries.

Organisation générale des chantiers. — Les déblais jetés en arrière étaient repris par des terrassiers et chargés dans les wagons qui ne pouvaient pénétrer dans le bouclier. Au début les wagons étaient traînés par des hommes, plus tard ils le furent par des chevaux.

Pour le bouclier de l'Hôtel de Ville, l'évacuation s'effectuait par une galerie débouchant sur les quais de la Seine ; une estacade en bois permettait le déversement direct dans des bateaux.

Pour le bouclier du Châtelet, un monte-charge Dernier était établi à côté du square Saint-Jacques; un deuxième montecharge s'élevait près de l'église Saint-Paul et desservait la partie du souterrain construite sur bois.

L*installation mécanique était concentrée sur le quai de l'Hôtel-de-Ville. Elle comprenait deux machines horizontales tubulaires à flamme directe, de la maison Hermann-Lachapelle ; l'une de 50 chx, l'autre de 40, actionnant à tour de rôle une dynamo Hillairet-Huguet ; celle-ci tournait à 400 tours par minute et sous une différence de potentiel de 220 volts.

L'énergie produite était utilisée pour la marche du bouclier, de l'éclairage, des monte-charges et d'une bétonnière.

La bétonnière du type Dupuits, à fonctionnement intermittent, pouvait fabriquer 30 m' de béton par jour. Elle se

composait essentiellement d'une auge circulaire horizontale où. des couteaux eflfectuaient le mélange ; un wagonnet à deux compartiments montait le sable et le cailloux tout dosés ; on ajoutait directement le ciment; en ouvrîint le registre de fermeture on faisait tomber le béton dans les wagons qu'on plaçait au-dessous.

Equipes. — Le personnel employé au percement des galeries était assez nombreux en raison des maçonneries rencontrées ; il comprenait par équipe et par galerie :

1 mineurs et 5 terrassiers ; on posait un cadre par poste, soit un avancement de 3 m. par jour.

Le revêtement était exécuté par 6 maçons servis par 9 garçons.

Sous Tarmature on comptait par poste :

5 mineurs à Tabatage ;

13 terrassiers pour le chargement et le roulage.

La maçonnerie occupait 2 maçons et 4 garçons.

Terrains rencontrés. — Les terrains traversés se composaient, sur une forte épaisseur, de remblais et de gravois, puis de sable fin si pur qu'on put l'utiliser pour les maçonneries. Sur tout le parcours on se heurta à des hauteurs différentes, à Tancien collecteur Rivoli, ce qui ralentit considérablement la marche.

Insuccès du bétonnage. Marche à ciel ouvert. — Dès le début on renonça à bétonner le revêtement ; les deux fois, en effet, où Texpérience fut tentée, elle échoua complètement, serré sous la tôle, le béton s'opposait à la marche de Tengin, jusqu'au moment où il partait avec lui, entraîné dans la course.

Or, l'appareil avait une queue trop courte pour qu'il fût possible de maçonner à son abri, commodément; on éprouvait d'autre part une très grande difficulté à cheminer au travers du collecteur ; on se décida donc à ouvrir une tranchée dans la chaussée, jusqu'à 2 m. de part et d'autre de l'axe du tracé; le bouclier i\e servait plus qu'à soutenir les flancs, il cheminait pour ainsi dire à blanc, sous Teffort de quatre de ses vérins seulement; on plaçait à mesure les fermes d'appui, on boisait, et, en arrière, à une distance variable, on bétonnait.

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