Lcmôkcha est le corollaire de Yémanation, et tous
deux constituent le naturalisme dans sa phase philosophique, c’est-à-dire la doctrine du panthéisme, qui ne fait que matérialiser plus subtilement.
1 3. Ainsi aucune consolation ne fut donnée aux aspirations de l’homme du brahmanisme-, il restait accablé sous la triple chaîne du naturalisme, de la théocratie et du panthéisme.
i 4. Cette tyrannie faisait surgir une multitude d’écoles philosophiques qui, à condition de respecter la religion publique, avaient toute licence pour chercher le salut ailleurs que dans la politique religieuse constituée.
13. Pour le peuple, on le façonnait dès le berceau à porter son sort de fer avec résignation, et, pour qu’il se consolât, on l’abandonnait aux grossières pratiques de l’idolâtrie.
16. Tel était l’état du monde hindou lorsque parut ÇâJajamouni, et tous les enseignements de ses maîtres ne le lui firent pas trouver meilleur.
17. 11 les quitta donc pour rêver dans quelque solitude à une doctrine qui pût délivrer l’humanité des entraves dont la chargeait le brahmanisme.
18. L’endroit où il se retira avec ses cinq condiciples était le village à’ Ourouvilva, sur la rivière Nîladjan.
19. Là, il se livra aux pratiques du plus rude ascétisme, et s’adonna à une méditation continuelle.
20. Ayant ainsi passé six ans sans trouver ce qu’il cherchait, le Mahâmouni ou grand solitaire reconnut que les jeûnes poussés à l’excès lui affaiblissaient l’esprit.
21 . Alors il prit une nourriture un peu plus abondante. Ce que voyant, ses compagnons le quittèrent, en l’accusant d’avoir rompu ses vœux.
22. Çâkyamouni ne fit rien pour les retenir ; et quand il les vit partis, il s’assit sous un figuier et se plongea dans la méditation la plus profonde.
23. Le figuier sous lequel il s’assit se nomme Açvatlha ; il semble enfoncer ses branches dans l’abîme et lancer ses racines vers le ciel : c’est un arbre sacré. Les brahmanes l’ont identifié à Brahma, et les bouddhistes l’appelèrent bôdhi (intelligence).