‹ Le Bouddha et le BouddhismeChapitre 11 sur 85 · Ce fut sous cette voûte respectée que la méditation de · texte numérisé non relu

Ce fut sous cette voûte respectée que la méditation de

Çramam-Gaûtama atteignit à la sol ution du problème qu'il s’était posé, et que du même coup il trouva une religion nouvelle.

2o. Si toutefois ce qu'il trouva mérite véritablement le nom de religion, car la doctrine de Çâkyamouni ne s’appuie sur la définition d’aucun de ces points fondamentaux d’essence religieuse qu’on appelle dogmes. Elle évite de se prononcer sur Dieu et quoiqu’elle connaisse la prière, sa constitution ne comporte pas de culte proprement dit. C’est une doctrine de philosophie morale du caractère de celles à peu près que les contemporains du Boudha, Lao-Tseu et Pythagore, établirent un peu plus tard en Chine et dans la Grande-Grèce.

26. En effet, la doctrine de Çâkya est dans Vidée du bien moral et dans la pratique de ce bien. L’une et l’autre avaient été obscurcies et perverties par les institutions du brahmanisme; elles étaient dans le naturalisme védique ; Çàkyamouni les y retrouva et les rétablit.

27. Suivant cette doctrine, tous les hommes sont égaux en principe ; tous ils sont appelés, selon leur mérite moral, à participer de la faveur ( prasàda ) des êtres qui par leurs vertus sont parvenus à la perfection morale et intellectuelle.

28. D’ou il résulte pour eux le devoir de se traiter en frères avec une mutuelle bienveillance (maîtri), de ne commettre aucune action répréhensible, de pratiquer la vertu, de maitriserentièrement leurs pensées, — d’employer, en un mot, tous leurs efforts pour arriver à la perfection morale et intellectuelle que résume le terme de bôdhi.

29. Ceux qui mènent une vie en tout conforme à cette doctrine deviennent bouddha, et jouissent enfin d’un bonheur complet et absolu (nirvana).

30. Quand Çâkyamouni eut obtenu ce résultat de ses longues études et méditations, il lui parut qu’il était arrivé à cet état de perfection morale et intellectuelle dont le bouddha possède la plénitude et que la loi nouvelle devait rendre accessible aux plus misérables.

31 . Il se leva satisfait et content, et se mit aussitôt en devoir d’exercer les trois qualités qui font connaître le Bouddha ci-bas, à savoir, la fo'v ( çraddhâ ), la grâce (prasàda),

LE BOUDDHA ET LE BOUDDHiSîlE.

ia science (bôdhi), et il alla à la recherche des cinq disciples qui l’avaient quitté.

32. Il les trouva dans la ville sainte du brahmanisme, à Yârànasi ou Bènarès.

33. Ils refusèrent d’abord de lui rendre leur vénération ; ils lui trouvaient trop bonne mine pour ne pas le croire coupable d'avoir soigné son corps aux dépens de ses vœux.

34. Mais Çâkyamouni leur parla, et à cette parole simple et puissante qui ne disait rien qui ne fût vraisemblable et digne de croyance, leurs doutes se dissipèrent : ils crurent en lui et le saluèrent Bouddha.

Page 1