‹ Le Bouddha et le BouddhismeChapitre 17 sur 85 · Le bôdhisattva ou interprète de la loi est exempt · texte numérisé non relu

Le bôdhisattva ou interprète de la loi est exempt

de toute pensée de colère, et ne conçoit pas la pensée de nuire ; il renverse le démon par la force de la mansuétude.

17. » Si l’on vous propose des doutes ou des difficultés sur la loi, ou sur tel ou tel point de ma doctrine, résolvez-les habilement suivant la science, comme il convient au bôdhisattva, à un homme qui sera bouddha.

18. » La patience et la bienveillance ferment la bouche qui s’est ouverte pour nous dire des injures, et elles la rendent muette.

19. » Toutefois évitez la foule et les lieux où on la rencontre ; le vent de la fureur est prompt à s’y déchaîner, et la loi de vérité aime le calme et le recueillement.

20. » Le recueillement la rend efficace par la méditation en conduisant à l’indifférence des sens, et l'indifférence des sens ravit le contemplateur dans la sphère du Nirvana.

21 . » Le Nirvâna est vide de lois, car les lois sont des choses contradictoires-, il est vide d’idées, car les idées sont individuelles ; il est vide de perception, parce qu’il n’y a pas d’objets -, il est vide de connaissance, parce qu’il n’y a ni formes ni changements.

22. » Le nirvâna , n’est pas un produit ; il est asanskrita , c’est-à-dire simple; c’est la non-substance, anâtma.

23. » Ma loi est difficile à entendre pour ceux qui se passionnent pour des objets misérables ; si on la méprisait, il vaudrait mieux pour moi ne jamais parler. »

24. Ayant dit cela, le Vénérable cessa de faire le geste de l’enseignement et prit l’attitude de la méditation, qui est appelée padmâsanam , le trône de lotus.

2o. Dans cette altitude, Bhagavat tenait ses yeux fixés sur un seul point, et sa main gauche reposait ouverte devant lui sur la plante du pied gauche tournée en dehors, tandis que le bras droit, dont la main était également ouverte, pendait sur la jambe droite, qui, avec la plante du pied en dehors, était ployée sur la jambe gauche.

26. Ainsi il parut à ses auditeurs reposer dans l’Être qui brille de son propre éclat ( svdrâdjya ), et jouir de cette ignorance bien heureuse ( avidijâ ), qui échappe à la conception et fait le nirvâna.

27. Mais après un moment, le meilleur des hommes revint à lui comme une lumière qui se ranime, et fixant le regard sur les yeux de l’assemblée qui le contemplait, il vit qu’il s’élevait de bonnes pensées dans l’esprit de ses auditeurs.

28. Alors il étendit la main droite sur l’assemblée, et reprit : « Bien, ô Çrùvcikcis , bien. Heureux les êtres qui profitent du moment où ils voient et entendent un bouddha, car ce moment est difficile à rencontrer.

29. » Je vous ai expliqué ce qui dissipera les ténèbres de milliers d’êtres. Gravez-le bien dansvotre esprit et répandez -le au loin.

30. » Allez enseigner et prêcher à toutes les créatures la loi que votre esprit a saisie, car votre perfection ne doit pas être un bonheur solitaire.

31. » C’est par le dévouement qu’on gagne les hommes, et c’est par le dévouement qu’il faut rechercher leur société.

32. » Acquittez la dette que vous venez de contracter envers votre maître en répandant parmi les êtres le désir d’entendre l’exposition de ma bonne loi, comme vous l’avez entendue.

33. » Ce sera l’honneur et le mérite de votre foi. Tous les mérites ensemble valent moins que la foi.

34. » Celui qui possède la foi connaît ma doctrine, et n’éprouve de l’hésitation sur aucun sujet.

3o. » Et celui qui expose la loi comme il l’a entendue, selon ses forces, s’établit dans la vertu et acquiert la science.

36. » Et celui qui écoute exposer cette règle excellente avec un esprit favorable, n’éprouvera plus d’autre désir que de la pratiquer ; il sera bienveillant, chaste et patient.

37. » Et ainsi l’univers qui est créé par l’effet des œuvres de ses habitants, ne renfermera plus de séjour de malheur. »

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