‹ Le Bouddha et le BouddhismeChapitre 21 sur 85 · C’est ce qui fait que la conscience du genre humain a · texte numérisé non relu

C’est ce qui fait que la conscience du genre humain a

toujours connu cette promesse, et qu’ainsi elle a pu toujours pressentir ce grand événement d'une manière plus ou moins directe, et le faire entrer dans les diverses religions qu’elle a élaborées.

16. Si donc les gentils n’étaientpas absolument sans Dieu, le sauveur Jésus-Christ n’était pas non plus entièrement absent de leurs œuvres : il y était comme dans une énigme.

17. Cette présence, toute voilée et indirecte qu’elle fût, opérait avec assez de vertu pour que le Bouddha connût l’idée du bien et celle du devoir.

18. Qu’il ne connût pas ces idéesdans la plénitude que l’avénement du Christ en notre chair a seul pu leur donner icibas, cela n’a pas besoin d’être remarqué.

19. Aucun homme, quelque élevée que fût son âme, quelque pénétrante que fût sa raison, quelque lumineuse que fût son intelligence, n’a pu, en dehors du peuple choisi, pleinement connaître le bien et le devoir avant la venue de notre Seigneur Jésus-Christ.

20. Et c'est une bien grande exagération, que de venir nous dire : « Socrate et Platon se sont fait la gloire impé- « rissable d’avoir donné à l’idée du bien sa véritable place » dans l’âme de l’homme, dans le monde et en Dieu. »

21. Cela est bien plus faux encore que cette autre assertion, à savoir, que « dans le bouddhisme, pas une lueur de cette » flamme divine (l’idée du bien) ne s’est montrée. »

22. Cependant tout précepte moral doit s’appuyer sur une croyance religieuse définie, sur un dogme; car la science du bien et du mal est essentiellement dogmatique.

23. Si cette condition n’est pas remplie, la morale aura beau être admirable et même sublime, elle ne le sera jamais qu’à la manière d’un mirage, et son œuvre ne se soutiendra pas.

24. C’est pour avoir oublié ou négligé cette vérité, pour nous si simple et si évidente, que l’œuvre de Çàkyamouni, si belle d’abord et si sévère, et après avoir traversé des phases diverses, s’est réduite peu à peu où nous la voyons aujourd’hui, c’est-à-dire à une religion de pratiques faciles et de formules magiques.

Page 1