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Le Rdmâyana, par exemple, raconte toutes les tribula

TRADITIONS PRIMITIVES

tions qu’eut à endurer de leur part le prince Viçvâmilra pour avoir voulu franchir la barrière de sa caste, la caste des guerriers, et se rendre accessible la dignité brahmanique.

44. 11 parvint cependant à son but, ainsi que quelques autres Kchattriyas ; on sait au prix de quels labeurs.

45. Mais l’entreprise de Çâkyamouni, qui ne visait à rien moins qu’à transformer la religion existante par la pratique des vertus morales, par l’idéalisme humain, dut échouer, du moins dans le sens qu’il l’avait faite.

40. En effet, sa doctrine, toute d’application pratique, ne pouvant ni s’adapter aux dogmes brahmaniques, ni s’enraciner dans l’esprit des Hindous, auxquels ces dogmes avaient donné une toute autre direction, il fallait, pour la faire durer, lui appliquer une base à laquelle Çâkya, certes, n’avait pas songé.

47. C’est par la mort de cet homme extraordinaire que sa doctrine devint peu à peu cette religion que professent aujourd’hui près de 400 millions d’individus,

48. Résultat qui confond lorsqu’on songe à ce qu’est le bouddhisme actuel, et que le christianisme ne possède que 474 millions d’âmes.

49. Mais cet étonnement cesse quand on réfléchit que l’homme, depuis sa chute, a toujours eu une propension presque invincible à s'adorer lui-même, et que cette adoration s’accomplit dans le Bouddha.

50. Le Bouddha devint donc Dieu, du moins le Dieu de l’univers actuel, puisque ses disciples s’adressent à lui pour éprouver les effets de sa grâce, et partant de sa puissance.

51. 11 devint Dieu, autant du moins que cette dignité a pu cadrer avec le Nirvana, tel que la spéculation en établit enfin la théorie, qu’on lira dans le livre suivant.

52. Quelles que furent les aberrations du bouddhisme, il a cependant toujours compris que pour sauver l’homme, l’homme seul ne suffit pas.

53. Quant à la transition du mépris du corps, qu'avait enseigné Çâkya, au culte du corps, elle n’est point contradictoire comme il paraît au premier aspect. Entre l’idéalisme moral, l’adoration de l’homme idéal, le matérialisme mystique et le

culte de la matière humaine, tel que le pratique, dans sa dernière abjection, la grande majorité des bouddhistes d’aujourd’hui, le passage est tout naturel.

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