Le vaillant roi de la dynastie des Sinhas, SvâmiRou
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drasinha, fils et successeur de Iloudradâman, s’opposa, vers 68 avant Jésus-Christ, aux progrès de l’invasion des Saces conduits parleur chef\-l.sès, et il réussit à les arrêter, sa vie durant.
15. Ses successeurs n'eurent pas le même pouvoir. Toutefois ce qu’ilsjie surent faire fut accompli par un de leurs vassaux, Vikramâditya, roi du Mdlva, roi célèbre entre tous les rois de l’Inde, et de qui cependant l’histoire n’a conservé de positif, que cette immense défaite qu’il fit subir aux Saces, en l’an 56 avant notre ère.
16. Mais à défaut de l’histoire, c'est la tradition populaire qui a conservé des faits et gestes de ce héros un souvenir reconnaissant, et elle nous montre dans ses légendes ce restaurateur de l’indépendance hindoue, comme un roi qui régna avec éclat et douceu. sur la presque totalité de la terre aryenne et qui protégea les arts et les sciences.
17. S’il ne professa pas lui-même la doctrine du Bouddha, du moins n’en persécuta-t-il en aucune manière les sectateurs. La tradition attribue à Vikramâdütja une origine bâhmanique et le culte de Çiva dont les rites, du reste, avaient déjà commencé à se mêler avec le bouddhisme. 11 paraît que Vikramâditya régna 14 ans.
1S. On ne sait rien de bien certain sur son successeur Vridji. Les événements graves qui se préparaient: l'approche menaçant des Youë-Nd, leur invasion dans l’Inde, an 24 av. J.-C., et la conquête qu’ils firent de tout VHindoustan et d’une grande partie du Deldian, paraissent avoir éclipsé tout autre intérêt historique de celle époque.
19. A mesure que les Youë-chi prirent possession de la terre aryenne, ils en dépossédèrent les rois indigènes, et mirent à leur place des princes scythes. Cette politique était nouvelle dans l’Inde; Alexandre même, et les rois bactriens avaient laissé aux Hindous leurs rois indigènes, sous le titre de gouverneurs ou satrapes.
20. Avec les Youë-chi commença réellement pour l’Inde la domination étrangère, et l’empire dont leur roi Koticichouang ou Kadphises avait jeté les fondements, subsista avec des vicissitudes diverses jusqu’au commencement du 3e siècle après J.-C.
LE liOL'ÜÜH.V ET LE BULDDlilS.VE.
21. Toutefois cette domination ne fut pas une calamité pour le pays. Les Scythes, mis en contact perpétuel avec la civilisation indienne, se dépouillèrent bien vite de la rudesse desbarbareset entretinrent dans leur empire une très-grande prospérité.
22. Us furent bientôt bouddhistes, et bouddhistes si zélés que plusieurs de leurs rois se constituèrent les propagateurs de la doctrine du Nirvdna à l’étranger et surtout en Chine.
23. Ils avaient eu anciennement, étant encore dans la haute Asie, des relations avec les Chinois, et ce souvenir très flatteur pour eux, puisque les Chinois avaient recherché leur alliance, les porta à rétablir ce commerce d’une manière suivie, ce qui eut pour conséquence l’établissement définitif et officiel du bouddhisme dans l’empire du milieu.
24. Car il n’y était pas nouveau. La doctrine du Bouddha avait fait sa première apparition en Chine en 217 av. J.-C., et s’y était répandue ensuite, depuis 122 av. notre ère, avec d’autant plus de facilité que la voie lui avait été préparée par la doctrine de Lao-tseu, la doctrine du Tao-te-king ou la Raison suprême et la vertu.
25. En effet, il est établi en Chine, par une tradition fort accréditée et que les historiens ont consignée, que Lao-tseu, savant de la cour des Tchèou et auteur de la doctrine du Tao, qui s’accorde singulièrement avec la doctrine bouddhique, il est établi, disons-nous, que Lao-tseu est venu dans l’Inde et même dans la Bactriane, tandis que Pythagore, de 20 ans plus jeune que lui, alla visiter les pays limitrophes de l’Inde.
26. Or, ce n’est pas Lao-tseu, assurément, qui a communiqué sa doctrine au Bouddha, puisque, étant né en 604, il n’avait que 18 ans, quand Çàkya commença à enseigner en 586, à l’àge de 36 ans.
27. Le voyage de Lao-tseu dans l’Inde, l’étonnante ressemblance de sa doctrine avec celle du Bouddha, et plusieurs circonstances dont on entoure la naissance et la vie de ce philosophe, comme par exemple celle qui le fait venir au monde sous un arbre (on se rappelle que Çâkya conçut sa doctrine sous un figuier), — tout cela .autorise à penser que le chin ou génie chinois fut le disciple du Djina ou vainqueur hindou,
TRADITIONS PRIMITIVES
et ainsi s’explique l’extrême facilité avec laquelle le bouddhisme se répandit en Chine, bien longtemps avant que son existence y fût consacrée officiellement.
27. La prise de possession de la Chine par le bouddhisme, rappelle assez cet héritier qui entre en pleine propriété d’une terre qui lui revient de droit, et d’autant plus qu’il l’a cultivée depuis qu’elle est dans la famille.
28. L’introduction officielle du bouddhisme en Chine fut l’œuvre de l’empereur Ming-ti et ne date que de l’an 61 de notre ère. Quelques années plus tard, en 66, il fit sa première apparition au Japon, en la personne d’un chef bouddhique hindou, que les Japonais appellent Boupo (Bouddha). Cependant ce ne fut qu’en 548 de notre ère qu’il fut établi officiellement dans ce pays, et cela par l’empereur Kin-mei.
29. De la Chine, la doctrine du Bouddha pénétra dans le Tibet, en même temps qu’elle y parvint du Népal, en 639 de J.-C. Cela arriva par les soins du roi Srongdsan Gambo, fondateur du royaume de Tibet et de sa capitale Lassa. Le mariage de ce roi avec une princesse népalaise et une princesse chinoise servit ensuite à raffermir rétablissement de la nouvelle religion.