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CHAPITRE II

La triple science. — Les quatre contemplations. — Les quatre lieux du inonde

sans formes. — Dans quel sens il faut entendre la terminologie négative du

bouddhisme.

1. Pour arriver à cet état définitif et immuable, il faut avoir la connaissance de la destinée humaine, de la douleur et de l’extinction de la douleur.

2. Cette connaissance embrasse toute science, c’est la trividyà. la triple science ; la méditation en est la clef.

3. La méditation ou contemplation ( dliyâna ) est de quatre degrés :

4. Le 1er degré est franchi. par ceux qui se dépouillent de tout ce qui naît du désir ou de la passion ; ils quittent la région où règne le désir ou la passion, et qui pour cette raison est nommé kâmadhàtou.

o. Le 2e degré est franchi par ceux qui renoncent au raisonnement et au jugement , et ne conservent que la mémoire et la connaissance.

G. Le 3e degré est franchi par ceux qui, tout en conservant la mémoire et la connaissance, restent indifférents au sein du bonheur.

7 Le Ie degré est franchi par ceux qui ne conservent plus aucune impression de joie et de tristesse, et en lesquels l’indifférence ( oupêkchâ ) même est détruite.

8. Alors le contemplateur est arrivé à cet état où rien ne trouble plus son intelligence . où il est dans l’extase et, par

TRADITIONS PRIMITIVES

conséquent, doué d’une vue illimitée et par suite d’une science surnaturelle (abhidjnâ).

9. Cette science consiste à pouvoir prendre toutes les formes, connaître toutes les pensées et toutes les existences passées de tous les êtres, entendre tous les sons et voir tous les objets.

10. Aussi le contemplateur ne reste-t-il pas stationnaire, il continue son vol, et, laissant derrière lui les contemplations qui se sont accomplies dans la région des formes (roûpadhâtou ), il s’élance, pour atteindre le non-être ou l’ignorance ( avidyâ ) dans la région sans formes ( aroûpadhàtou ).

1 1 . Cette région consiste en quaire lieux , et leur acquisition constitue le bouddha parfait Samyaksambouddha .

12. Dans la Indivision s’élèvent ceux qui, ayant perdu l’idée de forme et ne concevant plus l'idée de diversité ni celle de résistance, ont ajouté aux perfections acquises par les quatre contemplations la science de l’infinité de l’espace.

13. C’est pourquoi cette division se nomme le lieu de l’infinité de l’espace ( àkâçânanlyâijatanam ).

14. Celui < jui a acquis la science de l’infinité de l’espace parvient à celle de l’infinité en intelligence, qui est le caractère de la 2e région.

15. C’est pourquoi cette région est nommée le lieu de l’infinité de l’intelligence ( 'ridjnânânanh/àyatauam ).

16. De l’infinité en intelligence, l’ascète parvient à la conviction qu’il n’existe quoi que ce soit ( akintcliil ), et c’est cette non- existence qui fait le caractère de la 3e région.

17. C’est pourquoi celte région est nommée le lieu où il n’existe quoi que ce soit (akinlchamjùyalanam).

18. De la science qu’il n’existe absolument rien, l’ascète parvient à celle de la négation des idées et de la négation de l’absence des idées, qui constitue la 4e région.

19. C’ est pourquoi celte région est nommée le lieu où il n’y a ni idées, ni absence d’idées (naivasaiiijnànàsandjnâyatanam).

20. De cette région, l’ascète passe dans le nirvâna , dans le lieu de la cessation ( nirôdha ) de l’idée et de la perception.

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