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CHAPITRE II

Seconde tradition bouddhique qui indique l’origine étrangère à l’Inde du bouddhisme : Y arbre de l'intelligence.

1. Une autre tradition qui nous met sur la voie du lieu où le Bouddha puisa les principes de la doctrine qui, par son caractère purement moral et entièrement dépouillé de l’idée du sacrifice matériel, s’accorde si bien avec le Magisme, est celle qui lui fait trouver sa doctrine sous un arbre que les bouddhistes appellent bôdhidrouma , « l’arbre de l’intelli- » gence. »

2. De leur côté, les Chinois disent que Çâkya obtint la joie de l’extrême béatitude éternelle après être resté sept jours à contempler l’arbre peï-to-

3. Cela nous rappelle tout d’abord l’arbre de vie ( hets daim) et l’arbre de la connaissance (Jicts aclaat) de la Genèse.

4. Il n’y a rien dansles traditions hindoues et dans le Rig- Vfda qui indique que les Arxjas de l’Inde eussent conservé un souvenir quelconque de l’un ou de l’autre de ces arbres, car le mythe de l’arbre Djambou ne remonte pas à une haute antiquité, maison en rencontre de nombreuses traces dans le Magisme.

o. L’arbre de \ie, le Hôma, y joue un grand rôle, et, parla description qu’on en donne, on voit que c’est, je ne dis pas le même arbre que le bôdhidrouma du Bouddha , et que les botanistes appellent ficus religiosa, mais cependant un arbre qui offre des caractères analogues.

6. Les branches de l’un et de l’autre de ces arbres descendent à terre, y prennent racine et poussent de nouveaux arbres qui font de même, de sorte qu’un seul de ces végétaux subi L pour couvrir une vaste étendue de terrain.

7. 11 y a des traditions dans l’Orient qui dépeignent ainsi Y arbre de la vie qu’elles ne distinguent plus d’avec Yarbrede la connaissance du bien et du mal , et cette confusion en un sujet qui se rattache, non-seulement à l’histoire la plus reculée qui existe, mais aussi à l’origine de l’altération de la raison humaine, n’a rien qui doive étonner.

8. D’autant plus que cette confusion serait presque possible même avec le texte de l’écrivain sacré, puisqu’on voit, au chapitre n, jh 9 de la Genèse . « que l’arbre de vie est placé au » milieu d’Eden, » et que le même endroit est assigné, au chapitre ni, 3, à Yarbre de la connaissance du bien et du mal.

9. Quoi qu’il en soit, le fait est que le Huma était regardé comme le roi des arbres qui, croissait dans la source primitive des eaux venant du trône d ’Ormouzd, et que, ne mourant jamais, il donnait la vie à quiconque goûtait de son jus.

10. il s’était reproduit en 2o autres arbres identiques qui s’élevaient comme lui au bord de grandes eaux courantes et fertilisantes.

11. Et si l’on veut que l’arbre sacré des Orientaux soit le palmier, que les Chinois appellent peï-to, « le roi de la féli- » cité originelle, » la chose ne change pas essentiellement , puisque le palmier qui renaît perpétuellement sur sa racine, est, lui aussi, tout à fait propre à représenter l’arbre de vie.

12 Puisque donc c’est sous l’arbre de l’intelligence que Çâkya est censé avoir trouvé sa doctrine, et que les Hindous n’ont pas pu prendre la chose dans leurs propres traditions, entièrement muettes à ce sujet, le fils du roi Çouddhôdana est allé recueillir l’écho de la morale véritable, là où les traditions en existaient, là où un peuple actif et intelligent ne cessait de lutter contre « l’ancien serpent infernal qui a deux pieds, » contre « le serpent homicide » ( ajîm dahâkem) aux mille forces-, il est allé dans la Baçtriane, dans la haute Perse , Y Airyana.

13. Et en vertu de la science recueillie , il est devenu comme un autre Adam « connaissant le bien et le mal, » sous Yarbre de l'intelligence.

1 4. Mais, connaissant mieux aussi le mal que le bien, et de cette intempérance recevant dans son esprit une atteinte funeste, comme Noé en reçut dans son corps après qu’il eut bu le jus de la vigne, qui est comme un autre arbre de la connaissance du bien et du mal.

1 5. En effet , dans les traditions rapportées par les rabbins,

TRADITIONS PRIMITIVES

et qu’a recueillies Basnage, Y arbre de vie a tantôt le caractère du figuier , tantôt celui d’un épi de blé , et d’autres fois celui de la vigne. Toujours cependant c’est un végétal immense, comme le Sidrat-el-Mountéha de Mahomet, et l’ Ygdracil de YEdda, aux racines duquel l’univers est suspendu.

16. Ce qui vient encore à l’appui de notre opinion que l’arbre bùdhi indique l’origine étrangère de la doctrine du Bouddha et par suite le voyage de Çâkya dans le berceau du Magisme,c’estlatradilion du trône de diamant (yadjràsanam) , que les bouddhistes placent près de l’arbre de l’intelligence et sur lequel le Bouddha, disent-ils, s’est assis.

17. Ce siège, dont l’histoire se lie chez eux à l’histoire de la création même, qui s’éleva au commencement de la période du monde actuel, le bhadrakalpa , ou kalpa fortuné, passait dans leur esprit pour donner la plénitude de la consécration bouddhique au bodhisattva , qui devait s’y asseoir pour parvenir à l’état de bouddha.

18. Ils le placent au point central delà terre, de telle sorte que la terre perdrait son équilibre, si le bodhisattva s’asseyait ailleurs.

19. Ce trône de diamant ne serait-ce pas le trône du bien dans le séjour qui appartient à l’homme pur du Magisme, le trône des dieux, As-sérir , des Orientaux, le siège d’Odin, As-gard , des Scandinaves, Y Hôçadâstâra, la demeure de l’intelligence, des Perses, le Kauk-asos primitif, la terrasse du monde, Bâm-i-dounjâ, dont le sommet brillant et majestueux s’élève à 18,000 pieds et fait éclater au loin la grandeur des traditions, dont il semble être le gardien ?

20. Le fils du roi Çouddhôdana est monté sur ce trône du monde primitif, « le trône primitif de tousles saints, » comme l’appellent les bouddhistes de la haute Asie, et il a recueilli de la bouche des Mages, qui habitaient la plaine qu’il domine et qui, maintenant triste et froide solitude, était alors sans doute encore fertile et agréable, les enseignements de morale, que la culture de l’arbre de la science et la contemplation en espérance de l’astre promis, y conservaient dans leur pureté, et il s’est senti renaître à une autre vie.

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