‹ Le Bouddha et le BouddhismeChapitre 6 sur 85 · Alors il rencontra sur sa route un mort · texte numérisé non relu

Alors il rencontra sur sa route un mort

10. Cet aspect frappa son esprit, et la réflexion lui vint, que la jeunesse, la santé et la vie ne sont pas de vrais biens.

1 1 . Cette pensée lui fit songer que les plaisirs ne conviennent pas au sage, et il ordonna à son cocher de le ramener chez lui.

12. Dès lors il réfléchit aux moyens qui pourraient affranchir l'homme de l’état d’imperfection où le tiennent la vieillesse, la maladie et la mort.

13. Cependant il sortit encore, un autre jour, par la porte du nord de la ville pour se rendre dans ses jardins.

14. Alors il vit sur sa route un mendiant qui portait le manteau de religieux avec le vase aux aumônes.

lo. La vue de ce saint homme frappa son esprit et vint dissiper ses perplexités.

16. Il lui sembla qu’il avait trouvé le secours avec lequel il pourrait obtenir la délivrance de la douleur pour lui-même et la faire obtenir aux autres.

17. Il résolut de se faire religieux. Il avait alors 28 ans révolus.

18. Incontinent il se présenta devant son père et lui découvrit son dessein.

19. Le roi Çouddhôdana lui refusa son consentement, et comme Siddhârtha insista, il le fit surveiller.

20. Mais le lion des Çâkvas trompa cette surveillance, quitta furtivement ses femmes et ses palais, et sortit de la ville.

21. Puis, il se dépouilla de ses vêtements somptueux, se coupa les cheveux, se revêtit de la robe de religieux et prit le nom de Çàkyamouni (solitaire de la race de Çâkyas), ou

encore celui de Çramana-Gàutama, ascète de la famille de Gôtama.

22. Pour rappeler la parenté spirituelle qui existait entre lui et ce richi ou sage des temps védiques. Car les descendants de Gôtama paraissent avoir été les pourôhitas ou prêtres domestiques de la maison des Çàkyas.

23. C’était en outre une mesure de prudence pour se faire pardonner par les bràhmanes son entrée dans un état qui, d’après la loi, ne pouvait être accessible qu’aux membres de la première caste.

24. Après avoir opéré ces changements, Çàkyamouni, vivant d’aumônes, dirigea ses pas vers la ville de Ràdjagriha, la capitale du Magadha.

25. Mais n’y trouvant pas les maîtres capables de lui enseigner à se dépouiller du vieil homme, il s’en alla vers l’ouest et vint à la montagne de Gaijâçircha.

26. Cette montagne était un lieu de retraite qu’habitaient plusieurs bràhmanes fort savants, tels que Arâda-Kàlàma et Roudraka.

27. Çàkyamouni ne tarda pas à acquérir toute la science dont ils pouvaient disposer. Cependant il vit que cela ne l’avait pas approché du but qu’il voulait atteindre.

28. Alors il résolut de laisser là les disciples brahmaniques et ceux qui les enseignaient, et il quitta Gayàçircha avec cinq de ses condisciples qui voulurent le suivre.

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