En le tirant de son état inférieur, et en l’élevant au
LE BOUDÎMA ET TE BOEDDIHSME.
rang suprême, ils en firent une divinité toute politique, un Dieu-roi.
22. Cette entreprise ne leur présenta aucune difficulté sérieuse, parce qu’ils trouvèrent dans les habitudes religieuses et politiques des Hindous une base merveilleusement préparée.
23. En effet, le Vêda nous présente déjà les Aryas sous l’influence directrice des dieux de la nature, et la recevant de leurs chantres-pontifes ou prêtres avec une foi et une soumission entière. « Lancez l’ennemi comme une flèche « contre ceux qui osent haïr les richis, » dit un hymne védique aux Maroutas ou vents.
24. Aussi, après avoir réussi à assurer la hase de leur œuvre par l’établissement d’une autorité suprême et immuable, les prêtres, en vertu de leur prééminence sociale hautement reconnue, trouvèrent-ils toute facilité à se dire des êtres privilégiés, et à faire accroire à ce peuple si simple de croyance, que l’Être suprême les avait produits de sa bouche, l’organe le plus noble, parce qu’il est celui de la parole.
25. La tribu de Lévi de 'la société mosaïque s’étant ainsi traduite dans la société hindoue par la caste des Brdhmanes, les prêtres, qui étaient aussi des chefs de guerre, et qui le furent encore souvent dans les âges à venir, déléguèrent peu à peu, et toujours sous leur surveillance, une partie de leur pouvoir, la défense et l’administration des peuples, aux guerriers qui leur parurent mériter cet honneur.
26. Et leur imprimant enfin, comme ils l’avaient fait pour eux-mêmes, le sceau de l’origine divine, mais à un degré moindre, ils enseignèrent que les guerriers étaient sortis des bras du Dieu-roi, et voilà la caste des Kchaltryas.
27. Tout le reste des croyants fut compris dans une troisième classe, longtemps la dernière, la caste des Vaîçyas, artisans ou laboureurs ; ils sortaient du ventre de Brahma.
28. La quatrième caste, celle des Çoûdras, riverains ou pêcheurs, que Brahma produisit de ses pieds, ne fut constituée que beaucoup plus tard, car le premier livre de la loi de Manou, qui contient la définition dogmatique des quatre cas-
tes. n appartient pas à la rédaction primitive de ce code.
29. Mais cela ne change rien au fait de l’établissement de la théocratie hindoue, au fait de son institution sur les principes généraux de la théocratie juive, qui sont : le Dieu-roi; la caste sacerdotale et sa prééminence politique. L’analogie est frappante et ne se présente au même degré chez nul autre peuple.
30. Les Egyptiens, en effet, ne connurent jamais la théocratie proprement dite : chez eux les prêtres n’étaient point en possession absolue du pouvoir politique. Il en fut de même de l’Assyrie, de la Perse, de la Chine, du Japon et du Mexique. Chez tous ces peuples, la forme du gouvernement était la royauté despotique ou le despotisme patriarcal.